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samedi 26 mai 2012

LA NÉCESSAIRE REFONDATION DE L’UMP



LA NÉCESSAIRE REFONDATION DE L’UMP

Par Jacques BENILLOUCHE

François Fillon

L’UMP dispose d’une ultime chance pour revenir au devant de la scène politique ; cette chance passe par la refondation du parti en modifiant son positionnement et en choisissant la posture gaulliste qu’elle a quittée avec l’avènement de Nicolas Sarkozy.



Valeurs de droite


Sarkozy et Chirac

Les traumatismes des défaites de 1981 et de 1995 ont pu être surmontés par une remise en cause des doctrines. L’UMP a évolué à compter de 2007 et, pour la première fois, elle n’a eu aucun complexe à s’affirmer comme un parti de droite. Nicolas Sarkozy, adepte du volontarisme, a insufflé des valeurs de droite dans une droite décomplexée et assumée. Mais ce positionnement est à l’opposé du gaullisme qui ignore la droite et la gauche pour ratisser large. Jacques Chirac avait choisi la doctrine gaulliste qui lui a permis de s’installer aux commandes du pays durant deux mandatures.  L’UMP s’affirmera à nouveau aujourd’hui si elle revient aux fondamentaux du général de Gaulle, dévoyés par les opposants à Jacques Chirac qui n’ont cessé de se débarrasser de ceux qui revendiquaient l’héritage de l’ancien président.
L’UMP a deux choix : le sarkozyme avec François Copé ou le gaullisme de gauche avec François Fillon. Elle tiendrait son salut en soutenant François Fillon, élève de Philippe Seguin et condisciple de Henri Guaino,  qui a toujours estimé que les gaullistes n’étaient ni de droite et ni de gauche. François Copé et son entourage sont trop sectaires pour redresser la barre et ils partagent l’échec de Sarkozy en n’ayant pas condamné la dérive extrême-droitière du parti pour laquelle de nombreux adhérents ne se sont plus reconnus.

Deux hommes d’État
Philippe Seguin à la cour des comptes

         François Fillon pourrait partager le destin de deux hommes d’État maltraités par leurs pairs au moment où la France avait le plus besoin de repères parce que la politique politicienne avait pris le pas sur la réflexion. Philippe Seguin et le radical socialiste Pierre Mendès-France ont peu gouverné mais leurs idées les ont transcendés parce qu’elles ont survécu à la mort de l’un et seront une référence après le décès de l’autre. Tous deux ont fait de la politique pour servir leur pays et non pour se servir. Ils n’ont pas couru après la carrière ni après les honneurs des postes ministériels et ils ont tout laissé tomber, en pleine gloire, lorsqu’ils ont constaté que la politique, qui leur était proposée, n’était plus en adéquation avec leurs convictions. Les hommes politiques sont avides de pouvoir mais eux, ont accepté de le quitter volontairement en démontrant ainsi la grandeur de leur personnage.

Pierre Mendes-France
                Mendès-France était juif. Seguin avait fréquenté les juifs durant son enfance et il continuait à les côtoyer, en toute simplicité, une fois par semaine au restaurant la Boule Rouge de Montmartre. Il aimait en effet la bonne chère et surtout les plats roboratifs tunisiens qui ont sculpté sa carrure et fatigué son cœur. Sa proximité avec les juifs était telle que certains lui ont cherché une ascendance juive comme s'ils voulait l’honorer. Les deux hommes d’État ont eu en commun la Tunisie, l’un parce qu’il y était né et  l’autre, parce qu’il lui avait offert la liberté sous forme d’indépendance au moment où les colonialistes s’acharnaient à se couvrir le visage pour ne pas voir la réalité nouvelle qui se propageait dans les esprits et se concrétisait sur le terrain.

Quelques mois aux commandes

Mendès-France n’a gouverné que pendant sept mois et il s’en est allé sur la pointe des pieds quand il a découvert que la politique devenait synonyme de haine, d’intérêt, de bassesse et de mauvaise foi. Et pourtant il a laissé des traces indélébiles alors que d’autres, qui ont occupé des ministères pendant des années, n’ont jamais marqué la République. Mais malgré cette durée limitée, il a semé ses idées que ses adeptes ont ensuite portées comme un étendard, avec fierté, sans jamais oublier d’en rappeler l’origine : Michel Rocard, premier ministre, Jacques Delors grand de l’Europe, et Dominique Strauss-Kahn qui a malheureusement mal tourné.
Jacques Delors
        Philippe Seguin était lui aussi entier et il a préféré claquer la porte quand il a senti que les options choisies n’étaient plus en conformité avec ses idées. Comme son prédécesseur, il a constitué un vivier de futurs hommes d’État qui se reconnaissent aujourd’hui dans sa lignée. Son poulain François Fillon est devenu premier ministre tandis que son élève Henri Guaino,  conseiller spécial de Nicolas Sarkozy, a inspiré par sa plume le président mais il a été supplanté, pour le malheur de Sarkozy, par l’extrémiste Buisson. D’autres encore n’hésiteront pas à se recommander de lui quand l’Histoire aura rendu ses lettres de noblesse à leur maitre. Sa culture n’avait d’égal que son humour percutant. Il le manifesta lorsque Jacques Delors s’avisa de se présenter à l’élection présidentielle : «En 1974, les Français voulaient un jeune : ils ont eu Giscard. En 1995, ils voudront un vieux : ils auront Giscard. Mais avec Delors, les socialistes passent de Léon Blum à Léon XIII.»

Gaullisme social

                Ils véhiculaient des idées foncièrement de gauche et chacun d’eux, dans son registre, a été catalogué de «gaulliste social», un positionnement qui ne s’apparentait ni à la gauche et ni à la droite. Mais les deux personnages ont été des hommes du «non». Mendès-France a dit non au projet de constitution élaboré par Charles de Gaulle en 1958 car il était opposé aux conditions dans lesquelles le général avait décidé de prendre le pouvoir. Philippe Seguin n’avait pas hésité à braver son propre parti pour dire non à Maastricht afin de dénoncer «l'engrenage économique et politique» dans lequel, selon lui, le traité qui devait faire naître l'euro risquait d'entraîner l'Europe. L’expérience montre qu’il était visionnaire dans ce domaine. Tous deux, après avoir été battus dans un combat déséquilibré, ont alors préféré quitter le pouvoir pour s’adonner à la réflexion politique, celle qui manque le plus aux hommes de gouvernement.
              Mendes-France n’a été consacré que longtemps après sa mort, discrète et presque gênante, alors que Mitterrand prenait le pouvoir sans aucun geste de reconnaissance envers celui qui l’avait fait. Seguin aura lui aussi droit à sa gloire posthume lorsque son absence pèsera dans les consciences. Tous deux demeureront une référence dans la classe politique française, et même internationale, comme symbole d’une conception exigeante de la politique. Une conception qui se fait rare de notre temps où la médiatisation à outrance transforme les hommes politiques en marionnettes et où l’avidité les pousse à tous les excès.
Il n’y a pas d’exemple similaire en Israël où des hommes ayant quitté le pouvoir en pleine gloire ont continué à inspirer les pas de ceux qui les ont suivis. Les hommes politiques israéliens devraient prendre exemple sur ces deux hommes qui ont fait ou feront l’Histoire parce qu’ils étaient intègres, entiers et intransigeants dans leur démarche politique. Ils personnifient à eux deux ce qu’on appelle communément : le service de l’État.

Copé ou Fillon
Copé et Fillon

        François Hollande a une filiation certaine avec Jacques Delors et certains reconnaissent en lui les idées gaullistes dont il ne peut se prévaloir. Si l’UMP choisit François Fillon, elle pourrait ramener à elle tous ceux qui ont temporairement quitté ses rangs pour se diriger vers le parti socialiste et ceux, réfugiés vers le centrisme, qui n’étaient adeptes d’aucun extrémisme. Mais la logique épargne les esprits politiques et les combats de personnes, les rivalités et les intérêts partisans primeront sur l’intérêt national. Alors peut-être, une cure d’opposition serait utile pour que les esprits se ressaisissent, pour que l’on sorte des clivages artificiels droite-gauche au moment d'une crise suprême, pour que François Fillon organise son équipe gaulliste qui pourrait permettre à l’UMP de revenir aux affaires. Dans le cas contraire, les socialistes auront un grand boulevard durant au moins les dix prochaines années, le temps qu’une nouvelle génération prenne la relève.   

  

5 commentaires:

Gérard Amsellem a dit…

Les temps ont changés, le Monde n'est plus en adéquation avec les options gaullistes, il ne faut plus voir le présent encore plus l'avenir avec des visions passéistes...immigration, contexte géopolitique, émergence des nouvelles puissances BRIC...déclin de l'Europe...Je militerai plutôt pour une nouvelle gouvernance européenne avec pourquoi pas Nicolas Sarkozy à sa tête.

Max SEMORY a dit…

Gérard Amsellem considère l'option gaulliste dans sa globalité et, étant donné les changements intervenus dans la donne géopolitique, il y voit une vision du passé.
Rien n'est plus vrai.

Mais ce n'est pas le propos de Jacques Benillouche qui lui, et dans un style on ne peut plus brillant, évoque l'héritage humain du gaullisme, c'est à dire des hommes ni de gauche ni de droite, avec une conception unique du service de l'Etat. En ce sens, le général a été poursuivi après sa mort, non pas par une politique gaullienne dont nous Israéliens avons souvent fait les frais, mais par des hommes d'idées et d'action auxquels la politique politicienne était totalement étrangère.

Bravo Jacques!"

Paul REBOH a dit…

"la trajectoire de Nicolas Sarkozy est orientée vers l'Europe".. vous ne semblez pas avoir bien suivi l'entre de tours dei l'élection présidentielle ... »

Gérard Amsellem a dit…

Il y a ceux qui entendent et ceux qui écoutent...j'ai écouté et décrypté ses déclarations de l'entre 2 tours...il ne reviendra pas à la politique par la petite porte .

AMMONRUSQ a dit…

Je suis assez de l'avis d'André, quand à Sarkosy je ne veut plus de guignol pareil la politique c'est sérieux, normalement !