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mardi 15 mai 2012

ISRAËL EST-IL À LA VEILLE DE LA GUERRE ?


ISRAËL EST-IL À LA VEILLE DE LA GUERRE ?

Par Jacques BENILLOUCHE

Netanyahou-Mofaz

        L’établissement d’un gouvernement d’union nationale en Israël réactualise la question. Quand aura lieu la guerre et contre qui ? Cette interrogation lancinante attise la curiosité de tous les juifs mais les israéliens, plus philosophes, ont cessé de se poser une question qui risque de perturber leur esprit. Ils déposent leur avenir entre les mains de l’armée à laquelle ils ont une confiance totale. L’ancien chef d’État-Major, Gabi Ashkénazi avait eu sa formule: «Une armée à deux raisons d'être : faire la guerre ou la préparer».
Bienheureux celui qui serait en position d’avancer une quelconque prévision dans ce domaine et encore moins un journaliste dont la seule capacité est d’analyser et d’interpréter des faits et non de les anticiper. La décision finale appartient, de toutes les façons, aux politiques qui jamais dans l’Histoire n’ont été en mesure de prévoir une quelconque guerre. Si l’on se réfère aux exemples antérieurs, on pourrait classer les conflits en trois catégories.


 

Exploiter la faiblesse
Maréchal Bazaine

            Certaines guerres sont déclenchées lorsqu’un pays sent une certaine faiblesse chez son adversaire. Ce fut le cas de la guerre franco-allemande de 1870 quand l’Allemagne pensait pouvoir dominer la France sur le plan numérique, technique et stratégique. Elle avait jugé l’incompétence des militaires français avec, à leur tête, le maréchal Bazaine qui d’ailleurs n’a rien trouvé de mieux que de s’enfermer à Sedan. Cette même inspiration a persuadé les arabes en 1948 qu’ils ne feraient qu’une bouchée de l’État juif naissant parce qu’ils comptaient sur leur force numérique.
        D’autres guerres deviennent inévitables lorsque des rivalités économiques ou coloniales prennent une telle importance qu’une simple étincelle suffit à les déclencher. La Première Guerre Mondiale a été déclenchée sous un prétexte complètement étranger à la cause puisque l’assassinat de l’Archiduc François Ferdinand, par le nationaliste serbe Gavrilo Princip, fut le détonateur. La guerre d’Irak n’avait pas pour objectif d’éliminer les armes de destruction massive mais de contrôler les champs pétrolifères stratégiques.
L'égyptien Gamal Abdel Nasser

      Les guerres revanchardes, les plus facilement prévisibles, sont  déclenchées parce qu’elles sont souvent traitées avec légèreté. L’Allemagne vaincue, contrainte de payer de lourdes réparations qui ont sérieusement affaibli son économie, a naturellement favorisé l’instauration d’une dictature chez elle. La seule volonté d’Hitler de se venger de la défaite de 1918 l’a amené à envisager la guerre pour résoudre ses problèmes économiques intérieurs. De même, la volonté du dictateur égyptien Nasser de laver l’affront de 1948 a entrainé la revanche ratée de 1967. Par une gesticulation doublée d’une fanfaronnade, la fermeture du détroit de Tiran a conduit à une guerre que personne n’avait pu prévoir. La guerre de 1973, tout aussi imprévisible, est entrée dans l’Histoire comme l’exemple même de  l’aveuglement des militaires et des politiques israéliens.
            Quelle sera la prochaine guerre et quand aura t-elle lieu ? Quatre situations chaudes contiennent en elles le germe d’une possible déflagration mettant en jeu Israël. L’Iran, le Liban avec le Hezbollah, la Syrie et Gaza constituent les éléments constitutifs d’une guerre dont on ne sait pas, à ce jour, dans quelle catégorie la classer. Mais il y aura toujours l’exception qui confirmera la règle.
        Mais contrairement aux prévisions, la guerre, si elle a lieu, risque de se déclencher non pas avec l’Iran, lointain et sous contrôle international et américain, mais plus près de nous, au nord car la situation en Syrie commence à contaminer le Liban, ou au sud parce que l’impossibilité de l’armée égyptienne de contrôler le Sinaï peut entrainer des débordements  sur Gaza.  

Liban-Hezbollah

Hezbollah au Liban

        Tsahal estime que le Hezbollah a reconstitué son stock d'armes et acquis des missiles plus perfectionnés qu'auparavant. La Syrie, qui régnait en maitre au Liban jusqu’en avril 2005, «y fait ce que bon lui semble. Elle permet à l'Iran d'armer le Hezbollah, l'arme massivement elle-même et le remet militairement sur pied», accuse le général Amos Gilad. Toutefois la situation du Hezbollah a totalement évolué depuis la deuxième guerre du Liban. Ses rodomontades sont a destination de ses partisans pour qu’ils ne se démobilisent pas dans une inactivité forcée. Le calme à la frontière libanaise est significatif à plus d’un titre.
        La Finul, l’œil de l’Europe, autrefois inefficace, reste quand même un barrage de protection pour Israël. Les chars Leclerc avec canons de 155 mm et les missiles sol-air français ont été déployés au Liban-Sud comme jamais une force de l’ONU ne l’avait fait auparavant. Les militaires expérimentés d’infanterie et d’artillerie constituent un signal politique fort.  Les Casques Bleus ne sont pas là pour mettre leurs canons au sol devant les milices et refuseront de se faire humilier par l’une ou l’autre des deux parties. Par ailleurs l’armement sophistiqué, tel le radar Cobra, qui permet de localiser en temps réel la position des éventuelles batteries de tirs du Hezbollah a clairement été mis en place pour dissuader tout tir intempestif des milices.
Radar Cobra de la FINUL

        Par ailleurs, les libanais ont suffisamment souffert de la deuxième guerre du Liban pour être, à présent, en volonté de prendre leur avenir en mains en ne se faisant pas dicter une intervention militaire israélienne coûteuse en infrastructures, en hommes, en désordre et en déstabilisation. La leçon a servi et malgré le réarmement évident du Hezbollah, l’armée libanaise, si faible soit-elle, ne laissera personne l’entrainer dans l’aventure.
Des chrétiens libanais affirment, sous couvert d’anonymat, que le pays a reçu des assurances sérieuses de la part des français et des américains qu’ils recevront des armes et un soutien humain si l’intégrité du pays était mise en cause par le Hezbollah. Israël le sait, a été prévenu et se gardera bien de lancer une quelconque opération qui déstabiliserait en quoi que ce soit les militaires libanais, enfin conscients de leur mission et de leur rôle. Ils l’ont montré au camp de Nahr al-Bared où malgré les nombreuses pertes qu’ils ont subies, ils ont tenu jusqu’à la mise déroute des terroristes.  
        Bien que le réarmement permanent du Hezbollah par la voie syrienne reste préoccupant et constitue une véritable bombe à retardement, une guerre n’est pas envisageable avec le Liban sauf dans le cas où la situation iranienne deviendrait intenable et que l’Iran demanderait à ses vassaux d’alléger la pression qui s’exerce sur lui.

Gaza-Hamas-Égypte
Forces du Hamas à Gaza

            Le danger réel et potentiel viendrait plutôt de Gaza. L’Iran soutient avec force les islamistes palestiniens du Hamas. La passoire que représente la frontière avec l’Egypte constitue le danger le plus brûlant pour Israël. Contrairement au Hezbollah, les islamistes de Gaza ne sont pas bridés par une force d’interposition qui gène leur déplacement. Ils n’ont plus rien à perdre et leur sentiment jusqu’au boutiste est exacerbé par l’étouffement qu’ils ressentent. Le chaos politique règne à Gaza. Le Fatah a été bouté hors de la ville et le seul moyen de montrer son existence serait pour le Hamas de participer à une action militaire contre Israël.
Ce Hamasland est devenu un satellite de l’Iran, une sorte de plateforme d’expérimentation de la création d’une république  islamique au Proche-Orient alors que l’autorité palestinienne ne dispose d’aucun moyen militaire ou économique pour s’imposer à nouveau. Dans la surenchère avec l’autorité palestinienne, l’établissement d'une mini république islamique a pour but essentiel, d’abord de faire plaisir aux mollahs protecteurs mais aussi de discréditer la revendication de Mahmoud Abbas de créer un Etat palestinien démocratique et laïc.
En gaspillant des sommes énormes dans l’achat d’armement au lieu de le consacrer à l’édification d’une ville moderne, à la mise place d’industrie hôtelière, à l’édification de petites industries absorbant une main d’œuvre inactive, les chefs du Hamas cherchent à exacerber le sentiment de restrictions en culpabilisant Israël. Ils poussent instinctivement la population à combattre le responsable de leurs malheurs et accréditent l’idée qu’ils pourront obtenir par les armes et le combat ce qu’ils ne peuvent obtenir par la politique ou la démocratie.
Gaza est à présent une cocotte-minute sans soupape de sécurité et l’explosion est planifiée. La ville se prépare à la guerre, elle est truffée de monticules anti chars et de galeries souterraines bourrées de munitions et d’explosifs. Les missiles passent la frontière en surnombre et quand le Hamas sera prêt, il créera les conditions d’une riposte israélienne qui fera le plaisir de l’Iran. Le problème nouveau des islamistes en Égypte et des troubles dans le Sinaï tendent à accroitre le danger d’une déflagration si la provocation réussit à engager Israël dans des représailles.
La guerre dans la région risque de se déclencher là où on l’attend le moins.

1 commentaire:

David a dit…

Je pensais que la menace venait surtout du Nord.