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dimanche 29 avril 2012

SARKOZY : GARDE MOI DE MES AMIS !


SARKOZY : GARDE MOI DE MES AMIS ! 


Par Jacques BENILLOUCHE
          
        Est-ce la perspective d’une défaite de Nicolas Sarkozy qui pousse ses amis, parfois les plus proches, à prendre leurs distances avec leur candidat ? Ils ne se seraient pas permis de contester, au sein même de leur parti, s’ils ne pensaient pas déjà à la recomposition de la droite, à son éventuelle implosion  et au règlement de comptes après l’élection présidentielle. 


Il semble que les soutiens présidentiels manifestent ouvertement une certaine réserve tandis que certaines prises de position officielles n’auraient été désavouées par aucun socialiste. Nombreux sont ceux qui mettent en cause ces dérapages sur le compte de François Copé qui ne semble plus, selon eux, tenir le parti. François Fillon trace déjà son sillon.

Ministres
Patrick Devedjian

Patrick Devedjian, ancien ministre, était l’ami de «trente ans», le confident et l’inspirateur des premiers actes de Nicolas Sarkozy. Militant historique, il a fait parti du mouvement d’étudiants d’extrême-droite, le groupe Occident, qui a mené la charge contre la gauche et contre les étudiants juifs. Il condamne aujourd’hui la position droitière choisi par Nicolas Sarkozy : «L'extrême-droite n'est forte que quand la droite est faible, quand elle n'a pas sa propre pensée, sa propre vision du monde. Nous savons que la France est forte de la diversité de ses origines. C'est ce qui fait son talent. Gagner pour M. Sarkozy sera difficile mais pas impossible, s'il sait apporter de vraies réponses à la crise. Jusqu'à présent, cette question a été absente des débats ».
Dominique de Villepin

 L'ancien premier ministre Dominique de Villepin, gaulliste et chiraquien, se dit "effrayé" par la campagne pour le second tour et estime que «les lignes rouges républicaines sont franchies une à une dans le débauchage sans vergogne des voix extrémistes. La droite condamne le poison mortel, celui du reniement de ses valeurs, celui du sacrifice de ce qui fait notre identité».
Le député UMP Etienne Pinte, qui fait partie du clan Fillon, estime que «Sarkozy se trompe de stratégie en reprenant les thématiques chères au FN, et que l'aile modérée du parti présidentiel doit avoir le courage de le dire et de lui montrer ce désaccord. La stratégie du premier tour est un échec».
L’ex-ministre de la culture, Renaud Donnedieu de Vabres, pense que «la stratégie choisie par Nicolas Sarkozy consistant à aller vers le Front national va le mener à l'échec. Le malaise est évident au sein de la majorité».
Dominique Paillé, ancien porte-parole de l’UMP, qui a rejoint le parti radical allié de l’UMP, attaque de front : «J'ai toujours dit qu'un président de la République devait être rassembleur, éviter toute division et toute stigmatisation. Et je pense malheureusement que dans un certain nombre de cas, lorsqu'on procède à l'instar de ce que fait le Front national, on légitime ce parti et on libère les électeurs qui vont massivement voter pour lui. La ligne Buisson a eu l'effet contraire de ce que prétendent ceux qui la soutiennent. Nicolas Sarkozy est seul. Personne n'appelle à voter pour lui sur sa gauche, ni sur sa droite».

Sénateurs

Chantal Jouanno

Chantal Jouanno, ancienne ministre des sports de Nicolas Sarkozy et actuelle sénatrice, craint «que la droitisation ne soit qu'un mirage douloureux». Elle vient de s’élever contre la course aux électeurs du Front National : «Je ne pense pas que la réponse soit dans la droitisation de nos propres idées. La droite doit rester elle-même et porter ses propres valeurs qui sont celles de la méritocratie, du travail, de l'autorité - et cela va de pair avec le respect - de la compétitivité, de la croissance écologique ». Elle s’est attirée les critiques de son parti en précisant qu'en cas de duel opposant le PS au FN, aux législatives, elle voterait pour le candidat socialiste.
Jean-René Lecerf

Le sénateur UMP du Nord Jean-René Lecerf, ancien secrétaire national de l'UMP à la Justice et proche de Jean-Pierre Raffarin, a dénoncé la campagne droitière de Nicolas Sarkozy en refusant la stratégie consistant, selon lui, à «faire la course à l'échalote avec le FN. Les valeurs du FN ne sont pas les nôtres. Et toute démarche à l'égard du FN me paraît inutile.  Sur l'immigration, il y a d'autres réponses et je suis sidéré que Patrick Buisson, dont on sait qu’il vient de l’extrême-droite, puisse être un conseiller privilégié du chef de l'État».
François Pinault

En déplacement à Colmar, François Pinault, le milliardaire et ami du président, ne le rate pas quand il moque la dernière formule : «Présomption de légitime défense, c'est comme au Far-West, il faut dégainer le premier ! Il perd les pédales. Les gens proches de lui pensent qu'il pourrait encore gagner. Il est cuit ! C'est comme dans le bunker de 1945.»
La droite parisienne a déjà intégré la défaite de Nicolas Sarkozy. Rachida Dati s'est appuyée sur le mauvais résultat du premier tour pour appeler à se placer déjà après l’échec : «un moment donné il faudra refonder la droite parisienne pour enrayer son déclin depuis dix ans».
Avec des amis et des soutiens pareils, Nicolas Sarkozy ne peut se faire que du souci. Il lui reste certes quelques cartouches pour le débat du 2 mai. Mais il pourrait déjà faire sienne la réplique du roi de Macédoine, Antigone II, qui avait dit : « Seigneur, garde-moi de mes amis, de mes ennemis je m'en charge. »




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