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dimanche 1 avril 2012

JOURNEE DE LA TERRE : PROFIL BAS DU HAMAS



JOURNEE DE LA TERRE : PROFIL BAS DU HAMAS

Par Jacques BENILLOUCHE


Vendredi 30 mars 2012 s’est tenue en Israël, en Cisjordanie et à Jérusalem-Est la «Journée de la terre», Youm Al-Ard, qui commémore chaque année la mort en 1976 de six arabes israéliens lors de manifestations contre la confiscation de terrains. Des appels ont été lancés à manifester pacifiquement mais Israël avait pris des mesures pour éviter les débordements qu’il avait connus le jour de la Nakba, commémorant l'indépendance de l'Etat d'Israël.


Manifestations en Israël

A Kfar Kana, près de Nazareth en Galilée, quelques deux cents arabes israéliens ont manifesté en brandissant des drapeaux palestiniens pour s’élever contre la confiscation de terres et la destruction de maisons bâties illégalement. Des milliers d’autres, accompagnés par des députés arabes israéliens, ont participé à la marche de la Journée de la Terre dans le village de Deir Hanna en Galilée, en scandant des slogans anti-israéliens. Les nationalistes israéliens se sont élevés contre cette «cinquième colonne» qui s’affiche ouvertement contre les forces de l’ordre.
A Jaffa, des centaines de manifestants ont défilé avec le slogan «Yaffo en danger» pour dénoncer la confiscation de terres et la pénurie de logements dans la ville. Brandissant des drapeaux palestiniens, ils étaient accompagnés de la députée arabe Hanin Zoabi qui a déclaré que «l'expulsion pour la deuxième fois des arabes de leurs villes historiques, et en tête Yaffo, n'est pas moins qu'une deuxième déclaration de guerre contre notre existence»
Cette journée, qui concernait à l’origine les arabes israéliens, tend à se développer à l’étranger pour servir de prétexte pour une mobilisation des palestiniens. En effet, des organisations jordaniennes ont réussi à réunir 8.000 personnes pour prendre part à la marche en direction de la frontière israélienne. Près de Beaufort au Liban, le cheikh Nabil Kauk, responsable du Hezbollah, a harangué la foule : « Le droit de la nation sur l'ensemble de la Palestine. Il ne faut pas attendre le sommet arabe ou les décisions internationales. La nation palestinienne s'appuie sur les canons des combattants à Gaza, à Ramallah et à Bint Jbeil ».
D'importantes forces de police et de gardes-frontières ont donc été déployées à la frontière nord d'Israël et jordanienne après avoir reçu l'ordre de faire preuve de retenue et d'éviter des violations de la frontière par les manifestants de la Journée de la terre. Des dizaines de manifestants de Gaza se sont approchés du point  de passage d'Erez, mais les forces de Tsahal ont répondu avec des coups de semonce. Le député égyptien, Mohammed Idris, qui a participé à la marche dans la bande de Gaza, a déclaré que le peuple égyptien doit appeler à la libération de la mosquée Al-Aqsa à Jérusalem. Mohammed Idris, à la tête d'une délégation parlementaire égyptienne en visite à Gaza, venait de rencontrer le premier ministre du Hamas Ismaïl Haniyeh.

Le Hamas veille au calme
Manifestations à Gaza

Les israéliens craignaient, à cette occasion, un réchauffement de la frontière avec Gaza car le Djihad islamique, soutenu par l’Iran, tenait à exploiter à son profit cette journée en poussant des centaines de palestiniens de Gaza à passer en masse la frontière d’Erez. Des tireurs d’élite islamistes ont été chargés d’ouvrir le feu pour couvrir les manifestants, avec l’espoir que les soldats israéliens n’hésiteraient pas à tirer sur la foule en faisant de nombreuses victimes. Le Djihad islamique cherchait un prétexte pour relancer les tirs de missiles contre les villes israéliennes du sud. Israël a donc dépêché sur place ses propres tireurs d’élite qui s’en sont pris aux snippers plutôt qu’aux manifestants. Seul un palestinien d’une famille en vue de Gaza, Mahmoud Zakhout, a été tué mais l’origine des tirs n’est pas précise.
Le projet du Djihad a été contré grâce à la volonté effective des services de sécurité du Hamas qui se sont efforcés d’une part, de déloger les snippers et d’autre part, de bloquer le cortège qui se dirigeait vers la frontière israélienne. La victime palestinienne pourrait donc avoir été touchée par l’échange de tirs entre Hamas et Djihad.
Il est probable que ni Israël et ni le Hamas n’avaient intérêt à permettre à nouveau le développement de la violence qui pouvait entrainer une réaction en chaine israélienne avec le risque de voir les blindés israéliens enter à Gaza. Une collaboration secrète n’est pas exclue puisque le Hamas a tout fait pour enrayer le développement armé des manifestations. En fait, les palestiniens ont été plus réactifs en Israël qu’à Gaza, avec peu de victimes cependant. Les dirigeants israéliens se sont félicités que les frontières soient restées calmes alors qu’un million de manifestants avaient été encouragés à se soulever, par la Syrie, le Hezbollah et le Djihad islamique. 

L’ombre du Qatar
Benny Gantz sur le terrain

Ils y voient un premier échec de l’Iran et une poussée notable de l’influence du Qatar qui a reçu l’autorisation d’Israël d’investir à Gaza. Mais l’Émir avait bien mis en garde le Hamas qu’il ne comptait pas financer la reconstruction de 5.000 nouveaux logements et la réhabilitation de 50.000 autres s’ils devaient être détruits par l’aviation israélienne en représailles aux tirs de missiles en provenance de Gaza. Le Hamas a donc déployé ses propres forces de sécurité pour éviter l’irréparable. La police palestinienne de Cisjordanie a aussi canalisé les manifestants arabes et n’a pas hésité à faire usage de ses armes. Un membre du Parlement palestinien, Moustafa Barghouti, a d’ailleurs été blessé dans une bagarre qui a éclaté entre les palestiniens et les forces de sécurité de l’Autorité.
 Tsahal reste cependant prudent et a mobilisé des renforts aux frontières avec le Liban, la Syrie et la Jordanie. Le chef d’État-Major a décrété l’annulation de toutes les permissions des militaires à l’occasion des fêtes de Pessah qui commencent le 6 avril. Cette fête familiale est très populaire en Israël et cette annulation de permissions est la première qui a été imposée depuis de longues années. Certains observateurs trouvent les mesures militaires disproportionnées par rapport aux risques réels et se demandent si elles ne masquent pas d’autres objectifs stratégiques et sécuritaires. En effet, les fêtes sont propices à toute action de grande envergure puisque les populations sont disponibles, les écoles fermées et les enfants protégés aux côtés de leurs parents.
video
Cliquer sur le triangle noir pour voir la vidéo de Tsahal

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