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mercredi 18 avril 2012

ISTANBUL : ISRAËL LE GRAND PERDANT


ISTANBUL : ISRAËL LE GRAND PERDANT

Par Jacques BENILLOUCHE

Saeed Jalili à istambul

Le président Obama tenait à cette conférence à Istanbul entre les Grands, les cinq membres du Conseil de Sécurité : France, États-Unis, Grande-Bretagne, Chine et Russie auxquels l’Allemagne s’est jointe. L’ordre du jour concernait le nucléaire iranien. Les américains voulaient tenter la démarche de la dernière chance, avant les élections présidentielles de novembre, pour donner un contenu diplomatique au conflit entre l’Iran et les occidentaux. Il s’agissait selon Peter Crail, analyste à Washington, «d'aborder les questions hautement techniques, et c'est ce que nous pouvions espérer de mieux. Mais il reste encore beaucoup à faire ».

 

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Aucune percée

Les débats ont été écourtés puisqu’ils ont duré dix heures ; mais compte tenu que le délégué iranien, Saeed Jalili, ne parlait pas anglais, les temps de traduction ont réduit la durée des discussions à la moitié. C’était nettement insuffisant pour aborder avec sérieux les «questions techniques». Le maitre d’œuvre, Tayyip Erdogan, l’homme aux multicartes mandaté par les États-Unis, pouvait seulement être satisfait par la tenue chez lui de cette conférence dont l’unique résultat a consisté à relancer le dialogue interrompu avec les occidentaux et à convenir d’une nouvelle réunion à Bagdad, le 23 mai. Ali Khamenei, le Guide Suprême iranien, n’avait pas apprécié que le premier ministre turc ait tourné casaque pour se ranger dans le camp occidental. Il a donc imposé sa sanction immédiate en refusant que les négociations définitives sur le nucléaire se déroulent ou aboutissent en Turquie.
Catherine Ashton et Saeed Jalili
Le résultat, que les occidentaux interprèteraient comme une percée, serait l’acceptation par l’Iran de contrôles libres effectués sur son programme nucléaire. Pour l’instant, «les pas concrets» espérés par Catherine Ashton, chef de la diplomatie de l’U.E, relèvent  de vœux pieux. Les occidentaux veulent s’assurer que l’Iran n’enrichit pas son uranium à 90% dans le site de Fordo pour fabriquer l’arme atomique.

Sanctions

La bonne volonté de l’Iran reste à démontrer puisqu’il n’a pas accepté de dialoguer avec les représentants américains en marge de cette conférence. Pourtant les mesures qui s’appliqueront en juillet risquent de frapper durement l’économie iranienne. L’embargo pétrolier se met en place. Le système bancaire international exclu les banques iraniennes et Israël maintient ouverte son option militaire contre les installations nucléaires. 
Moshe Yaalon
Interrogé à la radio militaire, le vice-premier ministre israélien et ministre des affaires stratégiques, Moshé Yaalon, a estimé que «le développement nucléaire iranien poursuit des fins clairement militaires». Mais il n’a pas voulu préciser de date limite pour une action militaire israélienne plutôt «d’une ligne limite» au-delà de laquelle Israël sera forcé à agir.
L’Iran est comptable de la situation et il semble vouloir donner l’impression d’aborder les négociations du 23 mai avec sérieux et pragmatisme. Le négociateur iranien Ali Bagheri a prévu plusieurs entretiens préparatifs avec Helga Schmid, secrétaire générale adjoint du Service européen d'action extérieure (SEAE) pour tenter de trouver ensemble des compromis. Des diplomates de haut niveau seront mandatés par les iraniens aux discussions : Abbas Araghchi, ancien élève de l’université anglaise, et Mustapha Doulatyar, chef de l’institut du ministère des affaires étrangères.

Les israéliens à l’écart

Les israéliens sentent qu’ils ont été mis à l’écart et qu’ils sont les perdants de cette négociation d’Istanbul parce que les iraniens ont encore gagné plusieurs semaines. Le ministre Yaalon a réitéré qu’Israël n’a pas perdu sa liberté d’action bien qu’il ait intégré l’idée que rien ne pourrait être envisagé avant la réunion du 23 mai à Bagdad sans qu’il soit accusé de torpiller les négociations diplomatiques. Pour lui, il n’y a pas de calendrier qui puisse compter et seule l’assurance que l’Iran disposerait du stock de 190kg d’uranium enrichi, estimé aujourd’hui à 120kg, pour fabriquer sa bombe, pourrait faire entrainer une décision.
Alors que les États-Unis prétendent qu’ils ne disposent pas des moyens pour détruire les sites nucléaires situés au sous-sol, à une grande profondeur, il précise que : «Tout ouvrage en Iran peut être attaqué, mon expérience de chef d'état-major général me permet de le dire. L’occident et Israël disposent des moyens d’attaquer ces sites». Mais il n’exclut pas la voie diplomatique : «Nous devons persuader la Chine, la Russie et la Turquie qui aident les iraniens à détourner les sanctions».
Israël s’inquiète de ces palabres qui convaincraient les occidentaux à croire en la bonne volonté iranienne et qui les pousseraient à surseoir à l’application des sanctions. Les iraniens veulent gagner du temps, pour dépasser la date de l’élection américaine qui aurait pour avantage de geler le processus militaire. Les israéliens ne croient pas Barack Obama lorsqu’il affirme qu’il «n’a fait aucune concession à l’Iran». Benjamin Netanyahou estime en revanche que l'Iran a reçu une «prime de cinq semaines pour poursuivre son programme nucléaire». Il s’oppose à ce que ces pourparlers s’éternisent alors que les diplomates discutent depuis 2009, sans résultat probant. Il est convaincu que l’Iran utilise ce temps pour faire tourner ses centrifugeuses jusqu’au point de non-retour. Il veut rester maitre de son calendrier.

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