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jeudi 29 mars 2012

TEMPS ET TEMPORISATION Par Johann HABIB


TEMPS ET TEMPORISATION

Par Johann HABIB
Avocat

Arrivée des immgrants

Ces derniers jours la phrase d Itzhak Rabin : «Le temps est venu où nous ne nous contentons plus de rêver à un avenir meilleur - nous voulons le réaliser» doit résonner dans de nombreux esprits. Après le massacre de Toulouse, le temps de la peine et de la colère ne passe pas. Il coexiste avec le temps des questions et de l'incompréhension.


Malaise

Les juifs de France peuvent à juste titre se sentir marginalisés par les principales composantes de la société française. L'intervention dimanche à la radio d'Henri Guaino,  conseiller du président de la République : «reconnaissons que Gaza est une prison  à ciel ouvert»  était déplacée sur le fond et sur le moment de sa déclaration. Rappelons uniquement qu'Israël aussi se sent comme une prison à ciel ouvert. Outre par voie aérienne, il est impossible ou presque de quitter le pays.
Dans l'opposition, la candidate écologique a eu l'impétuosité de vouloir participer, en tête de cortège, à la marche du dimanche 25 mars organisée par l'Uejf, comme tentative grossière de récupération, elle dont le parti n'a de cesse de stigmatiser et d'appeler au boycott d'Israël.
Dans le milieu associatif, des mouvements comme le Mrap notamment, qui a toujours laissé et encouragé ses militants crier leur haine des juifs  et brûler des drapeaux israéliens, n'ont pas fait leur autocritique.
Dans la «société civile» on observe  la multiplication brutale des  manifestations les plus abjectes de l'antisémitisme : profanations de cimetières, inscriptions antijuives, violences verbales et physiques. Il semble que le monstre ait libéré la parole et l'acte antijuifs ces derniers jours.
Certes, au lendemain du drame, on a eu droit au politiquement correct «c'est toute la France qui est touchée». Mais  rapidement, dans un réflexe de tenter de circonscrire le phénomène, on a entendu : «la communauté juive française est encore sous le choc». Dès lors, les juifs ne sont plus seulement destinataires de l'acte, ils sont aussi victimes uniques du crime et insidieusement, se retrouvent exclus de la communauté nationale. Car il s'agit d'un drame français qui doit pousser la société française dans son ensemble à se regarder en face.
Dès  lors, le malaise des juifs de France et au-delà, des israéliens francophones est grand  dans ce climat malsain, mais les réactions sont relativement faibles.

Pour combien de temps?

L'opinion publique israélienne,  qui incarne la prise en main de son propre destin par le peuple juif, regarde incrédule cette forme de passivité, voire de placidité à la suite de ces événements. En privé, les israéliens sont convaincus que la communauté juive de France se meurt et ils  laissent «quelques années tout au plus» pour  accueillir une nouvelle alya de France.
Les israéliens vivent leur sionisme comme appartenance à la nation israélienne au quotidien, sans le fard de l'idéal que lui confère la grande majorité des juifs de France.  De la même manière, l'immense majorité des juifs de France n'est pas «persécutée»  au quotidien par des actes antisémites. Les uns comme les autres sont principalement préoccupés par leurs conditions économiques et sociales. A moins d'un événement majeur, les juifs de France ne quitteront pas leur pays en réaction à l'antisémitisme. L'alya continuera à être  une réalité pour ceux qui  pensent pouvoir, en Israël,  réaliser un  avenir meilleur.

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