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jeudi 8 mars 2012

PRÉSIDENTIELLES : AFFAIRES …TRES ÉTRANGÈRES



PRÉSIDENTIELLES : AFFAIRES …TRES ÉTRANGÈRES

 par Jacques BENILLOUCHE
             
        Les audiences des émissions télévisées politiques démontrent l’intérêt de plus en plus croissant des électeurs pour la campagne présidentielle française. Les politiques se plaignaient jusqu’alors des taux d’abstention élevés et ils glosaient sur l’absence de culture politique des français. Ils constataient un désintérêt pour les affaires politiques sans chercher les origines d’une désaffection qui ne s’expliquait que dans l’absence d’enjeu. Les débats sur la deuxième chaine de télévision, mettant les candidats face à leur programme, ont attiré des millions de téléspectateurs. Cela relève du record pour une émission politique.

Thèmes ignorés
Quai d'Orsay

            Toutefois ces débats paraissent tronqués ce qui risque de leur donner une image faussée. Les questions des affaires étrangères ont été totalement ignorées tout comme elles l’ont été dans les meetings et dans les interviews. Il est impossible de croire qu’aucun journaliste n’avait la fibre politique pour montrer sa curiosité sur ce qui se passe en dehors de l’hexagone. Pourtant, selon la Constitution, le président de la République est le grand ordonnateur de la politique étrangère de la France ; le premier ministre et celui des affaires étrangères étant, en la matière, ses substituts sans réel pouvoir de décision. De Gaulle et Mitterrand gardaient la haute main sur les choix  internationaux et passaient le plus clair de leur temps à parcourir le monde pour diffuser, ou faire connaître, la voix de la France. Ils avaient su imprégner leur septennat de leur marque personnelle.
            Nous assistons, par candidats interposés, à une bataille fiscale alors que les sujets internationaux conditionnent le quotidien de la France. Les citoyens français doivent connaitre par avance l’action qui sera menée par celui qui prendra en main les destinées du cinquième grand pays du monde. Le conflit israélo-palestinien est en panne. Le Liban, sous pression syrienne, n’a pas évacué le risque d’une guerre civile latente. La Syrie continue à assassiner son peuple. L’islamisme conquérant et rampant au sein du Maghreb est à une encablure des frontières françaises. Les révolutions arabes défaillantes ont ouvert la porte du pouvoir à l’intolérance des barbus. La détention de l’arme nucléaire par les iraniens relève du droit des français à savoir comment elle sera traitée par le futur président. Les troubles au Moyen-Orient influencent le problème crucial des approvisionnements pétroliers. La France, ancienne puissance coloniale, contrôle encore ses anciens Etats vassaux par le biais de troupes installées dans plusieurs pays tandis que les guerres sanguinaires d’Afrique persistent.

Conflits étrangers

Et pourtant, devant plusieurs millions de téléspectateurs, personne n’a cru devoir soulever le problème du positionnement de la France dans les conflits étrangers. Les candidats ont participé à un concours fiscal, ont traité certains sujets dignes d’une élection municipale à l’exception certes du sujet de l’immigration cher à Marine Le Pen. Ils laissent d’ailleurs planer un doute sur leur compétence à préciser la stratégie qui sera mise en place vis à vis du monde extérieur.
      Les débats comportaient d’ordinaire les quatre quarts traditionnels : intérieur, économie, société et international. Le dernier sujet semble aujourd’hui mystérieusement occulté de manière programmée alors qu’aux précédents scrutins les présidentiables cherchaient, avant tout, à se donner une stature internationale pour prouver qu’ils étaient en position de défendre les causes françaises à l’étranger. Nul n’ignore que la place de la France dans le monde fait partie du puzzle de la mondialisation dont le mécanisme conditionne constamment les problèmes politiques et économiques internes.
            Certes les candidats donnent l’impression d’éviter les sujets qui les priveraient de certaines voix. Ainsi le positionnement vis à vis du Proche-Orient pourrait inciter les musulmans de France à choisir le candidat le moins atlantiste ou le moins pro-américain. Par dogmatisme, la présence « impérialiste » française en Afrique gène les candidats qui préfèrent éviter d’aborder le problème des dictateurs africains et musulmans. Alors le silence est de mise et les média ne suscitent aucun commentaire sur les massacres ou sur la détention du nucléaire par les Mollahs. Il est vrai que les candidats ont les yeux fixés sur l’horizon de la balance commerciale et qu’il peut être bon d’adopter une position ambiguë pour ne pas contrarier l’implantation française à l’étranger.

Politique de l’autruche

            Il semble bien que la politique de l’autruche face aux engagements internationaux soit volontaire et qu’elle relève d’un choix délibéré pour ne pas dire prémédité. Il n’est absolument pas question bien sûr de focaliser la campagne présidentielle sur les problèmes qui touchent le conflit israélo-palestinien. Mais c’est François Hollande qui a envoyé Laurent Fabius en éclaireur en Israël tandis que Nicolas Sarkozy a annoncé son intention de faire une visite dans la région en cas de réélection. Que n’a-t-il pas effectué ce voyage avant la campagne électorale ? 
          Mais comment choisir le candidat qui saura côtoyer les Grands en imposant une image digne de la France, qui saura mettre les intérêts de l’occident avant les intérêts bassement matérialistes, qui se prononcera sur les problèmes du monde avec capacité et qui ne se comportera pas devant ses électeurs comme un sous-secrétaire d’Etat chargé des bonnes œuvres ? A vouloir négliger cet aspect, on semble accréditer l’idée que les grandes décisions sont traitées et décidées en dehors de la France. Les affaires étrangères seront de la responsabilité du président élu et elles ne doivent pas être rangées au musée des dossiers à ouvrir après les promesses.   
               

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