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dimanche 25 mars 2012

ONU-ISRAËL : DEUX POIDS, DEUX MESURES


ONU-ISRAËL : DEUX POIDS, DEUX MESURES

Par Jacques BENILLOUCHE

Le juge Goldstone

            Les décisions de l’ONU n’étonnent plus Israël. Après avoir appuyé la résolution suscitée par les palestiniens concernant le rapport Goldstone qui dénonçaient  les « crimes de guerre » commis par Israël lors de la dernière guerre de Gaza, le Conseil a pris le risque d’isoler encore plus l’Etat juif et de le radicaliser face au processus de paix moribond. Aucune surprise n’était attendue de ce vote, à l’époque, puisque les 47 Etats composant ce Conseil, élus par l’Assemblée Générale, englobent les pays arabes, ceux de l'Organisation de la conférence islamique (OCI) et certains pays africains, tous en majorité hostiles à l’Etat juif. Le vote non contraignant, représentant une condamnation inacceptable pour Israël, est certes purement symbolique mais il a eu quelques effets négatifs pour l’État juif.

 
Alors que plus de 9.000 morts sont à dénombrer en Syrie, avec 100 dans les dernières 24 heures, dans le silence troublant du Conseil des droits de l’homme de l’ONU, ce dernier vient de donner son feu vert pour la création d’une mission d’enquête internationale sur les conséquences des «colonies israéliennes sur les droits civils, politiques, économiques, sociaux et culturels du peuple palestinien». Le porte-parole du Conseil a précisé que c’est la première fois qu’une telle mission est mise sur pied. Les israéliens pointent le manque d’imagination des 47 États membres du Conseil qui veulent s’intéresser à la Cisjordanie, où l’on n’a pas compté de morts depuis plusieurs mois, alors que des civils tombent tous les jours en Syrie. Les États-Unis ont été les seuls à voter contre le projet de création de commission d’enquête.
Manifestation d'un jeune palestinien contre les implantations
L’Autorité palestinienne, qui s’est tue face au massacre de la population syrienne,  s’est félicitée du vote : «La nouvelle décision internationale est une nouvelle victoire pour la cause palestinienne qui soutient les droits palestiniens face à l’occupation et la colonisation israéliennes», a ainsi estimé Nabil Abou Roudeina, le porte-parole de  Mahmoud Abbas.
Cette création de commission vient juste après les propos tenus par la chef de la diplomatie de l'UE, Catherine Ashton, qui a comparé les enfants juifs assassinés de Toulouse aux enfants de Gaza : «Quand nous pensons à ce qui s'est passé aujourd'hui à Toulouse, quand nous voyons ce qui se passe à Gaza et dans différentes parties du monde, nous pensons aux jeunes et aux enfants qui perdent leur vie». Le ministre des affaires étrangères, Avigdor Lieberman envisage d’ailleurs le rappel de l’ambassadeur israélien et la rupture des liens avec le conseil de l’ONU tandis que le gouvernement israélien envisage des nouvelles sanctions contre l'Autorité palestinienne qui a approuvé le vote de la résolution du Conseil.
Catherine Ashton

Encouragement au terrorisme

            Israël avait espéré, jusqu’au dernier instant, un sursaut du Conseil en mettant en balance la nécessité de ne pas envenimer les rapports de son pays avec les pays arabes et l’urgence d’éviter de donner des arguments au Hamas pour refuser l’union prônée avec le Fatah. Les seuls à se frotter les mains sont les militants nationalistes qui voient s’éloigner avec jubilation les prémices d’une paix impossible. Si l’on cherchait à donner des arguments aux défenseurs des implantations, on n’aurait pas mieux fait puisque le conseil aura pour rôle de rédiger un rapport où l’antisémitisme sera sous-jacent. Israël restera toujours le mal aimé des membres de l’ONU et il confortera sa position de ne rien abandonner de ses convictions.
            «Le machin qu’on appelle l’ONU», expression du Général de Gaulle, a toujours représenté la bête noire pour Israël car l’influence des pays à pétrodollars régissait le comportement de la majorité de ses membres. Le « vilain petit canard juif » ne trouve jamais grâce auprès des Etats du globe qui ont tendance à juger les actes israéliens de manière systématiquement négative. Ils firent une rare exception face aux premiers gestes de désengagement représentant des actes probants de bonne volonté.
Après la signature des accords d’Oslo en 1993, l’Assemblée Générale vota, à une très forte majorité, son soutien sans réserve pour les progrès du processus de paix. De même, le secrétaire général Kofi Annan, controversé en Israël, suggéra après le retrait d’Ehoud Barak du Liban en 2000, «un développement des relations entre Israël et les Nations Unies». Le désengagement de Gaza en 2005 auréolait enfin Ariel Sharon, devenu soudain persona grata parmi les Grands qui acceptaient de se montrer ouvertement à ses côtés à telle enseigne que le New York Times qualifia Israël de « nouveau chouchou des Nations Unis ».

Moment historique
Ariel Sharon en 2005 à l'ONU

            Le Premier Ministre Sharon prononça le 15 septembre 2005, dans une enceinte qui résonnait encore des multiples résolutions condamnant Israël, un discours devant des délégations arabes qui, cette fois, ne s’évaporaient pas dans les couloirs de l’ONU sous prétexte qu’un israélien parlait à la tribune. Cela a d’ailleurs fait dire à l’Ambassadeur Dan Gillerman que «ces événements n'auraient pas pu se produire ne serait-ce que deux ans plus tôt». Cette ambiance euphorique lui permit ainsi d’être élu au poste de Vice-Président de l’Assemblée Générale des Nations unies dans un «moment historique» pour Israël.
L'ambassadeur Dan Gillerman
 
            Mais les bons sentiments à l’égard de l’État juif furent de courte durée puisque, par ses résolutions «unanimes», l’Assemblée Générale a repris ses habitudes de blâmer, de critiquer et d’accuser Israël à chaque occasion qui se présente. Que ce soit pour réclamer le retrait des territoires de 1967 ou pour condamner les dirigeants de Jérusalem, les mots ne sont jamais assez durs pour stigmatiser les méthodes israéliennes. La situation ne s’est pas améliorée.

Effets négatifs

            La nouvelle mise à l’index d’Israël ne peut qu’entrainer des effets négatifs en pourrissant une situation déjà bloquée. Elle conforte ceux qui ne veulent pas entendre parler de restitution même partielle de la Cisjordanie et elle affaiblit les partisans d’une paix négociée. Les palestiniens, euphoriques par ce qu’ils considèrent comme une victoire diplomatique, ne gagneront rien avec ce vote sinon une consolidation des thèses de la droite nationale convaincue que l’animosité à l’égard des juifs ne justifie plus de lâcher du lest. Ce nouveau rapport amènera Israël à s’enfermer dans une posture isolatrice en attendant les jours meilleurs. Le vote pousserait en revanche une frange de l’opposition, encore réticente, à apporter son soutien à une coalition gouvernementale tiraillée par ses contradictions.
            Les diplomates juifs, depuis longtemps résignés par les prises de position contre leur pays, se désolent que les gesticulations pacifiques et une certaine volonté de prôner une politique de paix, ne rencontrent jamais une acceptation réelle de la part du camp adverse. Ils s’étonnent qu’à chaque fois que des avancées sont constatées, l’ONU sape tout espoir de reprise des pourparlers au point où certains pacifistes, déçus par le matraquage diplomatique contre Israël, voient dans ces résolutions à répétition la conviction que la guerre se gagnera avec des victoires militaires plutôt qu’avec des conférences, des retraits ou des concessions.

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