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mercredi 14 mars 2012

GAZA : CESSEZ-LE-FEU PRECAIRE



GAZA : CESSEZ-LE-FEU PRECAIRE

Par Jacques BENILLOUCHE
            
Benny-Gantz en explications

       L’élimination du chef d’un groupe radical palestinien, en représailles à de nombreux tirs de roquettes sur le sud du pays, a déclenché un nouveau cycle de violence qui s’est traduit par la mort de 25 palestiniens à Gaza. Le bilan n’est pas encore définitif. Le front de Gaza avait pourtant bénéficié d’une trêve de plusieurs mois. Or sur plus de 200 missiles ou roquettes tirés depuis Gaza, la plupart ont atterri en territoire israélien tandis que ceux qui étaient destinés aux villes ont été interceptées à 90% par le système antimissile Dôme de fer. En riposte, Tsahal a ciblé des cellules et des infrastructures islamiques à Gaza.  Chaque quart d’heure, des missiles sont tombés sur plusieurs villes du sud du pays. Et comme d’habitude, les représailles succèdent aussitôt aux attaques, permettant à Tsahal de tester en grandeur nature l'efficacité du système antimissile Dôme de fer. Cela explique, pour l’instant, la faiblesse des pertes humaines israéliennes. Le système sait en effet reconnaître, dès le tir, la trajectoire du missile et si ce dernier est en route vers une agglomération, il est immédiatement anéanti.

Cliquer sur le triangle noir pour voir les servants du Dôme de fer
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Chefs ciblés

Les israéliens prennent la situation très au sérieux. C’est pourquoi ils ont décidé de frapper fort, au sommet, pour enrayer le cycle infernal. Zoheir Al-Qayassi, chef des Comités de résistance populaire et commandant politique, a été ciblé à Gaza alors qu’il était recherché depuis août 2011 pour la planification de l’attentat réalisé à la frontière israélo-égyptienne qui avait fait 8 morts.  Dans sa voiture figurait aussi Mohammed Ahmad Al-Hanani qui avait été libéré à l’occasion de l’échange du soldat Guilad Shalit.  Israël faisait ainsi comprendre que les anciens prisonniers, qui reprenaient du service actif, resteraient dans sa ligne de mire. D'ailleurs le rapatriement du corps d’Al-Hanani vers son village natal de Beit-Fourik, près de Naplouse, a été refusé par le premier ministre israélien.
Cependant les activistes qui ont décidé de reprendre cette offensive de missiles ne font pas partie du Hamas mais appartiennent au Djihad islamique soutenu par l’Iran, confirmant ainsi la volonté de Téhéran de réchauffer la frontière de Gaza pour lancer un message à l’opinion internationale. N’acceptant pas les sanctions imposées par l’Union Européenne, l’Iran veut montrer sa capacité à générer des troubles, par alliés interposés. Le Hamas a été mis devant le fait accompli mais il s’est trouvé dans l’obligation de cautionner ces actions terroristes selon les propos de son porte-parole, Ismaël Radwan : «Le peuple palestinien a le droit à la légitime défense. »

Pas de surprise pour Tsahal

L’armée israélienne ne s’est pas étonnée de cette flambée de violence puisqu’elle avait informé le gouvernement que de nombreuses armes, en particulier des lanceurs et des fusées Grad montés sur véhicules, avaient été convoyés en novembre 2011 en provenance de Libye jusqu’aux tunnels de contrebande de Gaza. Ces armes avaient été déjà vues sur le champ de bataille libyen lors des combats contre les troupes de Kadhafi. Cinquante mercenaires libyens étaient venus renforcer les troupes du Djihad  à Gaza avec l’objectif de les former  au maniement de ces nouvelles armes.
           Les dirigeants militaires israéliens, qui constatent un tir continu de missiles, s’attendent à une extension des attaques. Ils ont imposé à la population du sud du pays de se protéger dans les abris, après avoir interdit tous les évènements publics et les défilés de carnaval liés à la célébration de la fête de Pourim. Quelques francophones d’Ashdod nous ont exprimé leurs angoisses d’entendre, dans leurs abris, les déflagrations des missiles qui explosent après avoir été interceptés en faisant un bruit impressionnant qui donne à penser que la guerre s’installe. Un vétéran des guerres d’Israël, résigné et étonné de la passivité de son gouvernement, espère qu’un « missile détruira Kirov », l’immeuble du centre bourgeois de Tel-Aviv où loge le ministre de la défense Ehoud Barak. « C’est peut-être le seul moyen de les sensibiliser à notre situation car à la guerre au moins, je savais que j’avais à subir ces risques».

Gouvernement israélien prudent

Les dirigeants israéliens tentent en fait de ne pas jeter de l’huile sur le feu car ils sont persuadés du rôle sournois de l’Iran qui agit via le Djihad islamique, son bras armé à Gaza. Ils sont convaincus que le Hamas a été volontairement laissé à l’écart de ces décisions qui viennent directement du haut commandement iranien. D'ailleurs, le Hamas tente de mettre fin à cette nouvelle spirale de violence à Gaza dans laquelle il a tout à perdre. En effet il est en pleine restructuration de la ville et il craint que ces troubles n'entrainent de nouvelles destructions. Les palestiniens ont annoncé qu'une délégation du Hamas, dirigée par Mahmoud A-Zahar, est partie, ce samedi 10 mars, pour le Caire via le terminal frontalier de Rafah, afin d'évoquer avec le gouvernement égyptien l'escalade face à Israël, mais également la pénurie d'électricité à Gaza. D'autres cadres du mouvement, Mahmoud al-A'a, et Khaled Abou Sayid, l'accompagnent. Le Djihad islamique déplore de son côté le manque de coopération du Hamas. Dans une interview accordée à une chaîne de télévision palestinienne, un haut responsable du Djihad islamique, Ahmad Almoudlal, a déploré que «son organisme et les Comités de résistance  sont les seuls à combattre contre l’ennemi sioniste» et a critiqué le Hamas pour son «immobilisme» dans le présent conflit.
            Les services de renseignements israéliens avaient mis plusieurs fois en garde les autorités politiques sur le danger que faisait courir le Djihad islamique avec les 10.000 missiles qu’il avait reçus à travers la contrebande des tunnels. La reprise des tirs de missiles a pour but de s’opposer à toute velléité du président Mahmoud Abbas de reprendre langue avec les occidentaux et de saper son projet de réunification du peuple palestinien. Par ailleurs l’Iran ne serait pas opposé à semer les graines d’une déflagration militaire dans la région pour soulager la pression occidentale qui commence à porter ses effets négatifs sur le régime iranien ainsi que celle qui s’exerce contre son allié syrien.

Tsahal prêt à l’action

            Les problèmes ont été mis sur la table du gouvernement israélien et du cabinet restreint qui doivent statuer sur la fin de cette guerre des missiles. Ils envisagent tous les moyens, par la même occasion, pour éradiquer l’action des groupes d’Al-Qaeda et des groupes islamiques radicaux dans le Sinaï qui prêtent main forte aux militants de Gaza.  Le ralentissement de l’activité économique du fait de la situation sécuritaire commence à les inquiéter. Un dirigeant de supermarchés confirme que l’activité est ralentie dans toute la région sud. Les écoles sont fermées et les étudiants sont privés d’enseignement. C’est une situation qui risque de dégénérer si l’opinion israélienne fait pression sur ses dirigeants.  

Cliquer sur le triangle noir pour la vidéo commentée par Maxime Pérez
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Mais il ne semble pas qu’une action d’envergure, terrestre, soit d’actualité alors que Tsahal s’y prépare depuis longtemps. L’armée a modifié sa stratégie du tout-aviation. Elle entraine ses fantassins à détruire les tunnels et les bases souterraines bétonnées inaccessibles par l’aviation. Un nouveau robot téléguidé par vidéo est capable de s’introduire dans les souterrains pour précéder les soldats chargés de détruire les bunkers bétonnés. Elle a tiré les enseignements de la guerre du Liban de 2006 et de Gaza de 2009 et elle a décidé de mener des guerres souterraines dans les nombreux tunnels de combats  érigés par le Hamas et le Hezbollah. Certains dirigeants clament ouvertement l’option de  la réoccupation de territoires si cela devenait nécessaire. Le ministre des affaires étrangères, le nationaliste Avigdor Lieberman, estime qu’il : « il n'y a aucun intérêt à intervenir à Gaza si ce n'est pas pour faire tomber le régime du Hamas et éliminer le terrorisme de ce territoire ». La menace est claire. Le ministre de la science, Daniel Herschkovtiz, s’est prononcé «pour une frappe chirurgicale sur Gaza. Il faut décapiter chaque serpent qui constitue une bombe à retardement».
Le gouvernement israélien semble hésiter car il est conscient qu’une action de grande envergure pourrait entrainer une guerre régionale mais, pour certains de ses amis, il paie le prix de sa passivité devant le danger du réarmement de Gaza où sont stockés  des milliers d’armes sophistiquées à la frontière d’Israël. Il n’ignore pas non plus le risque planifié du réchauffement de la frontière nord avec le Hezbollah, qui n’attend que les ordres de Téhéran pour lancer ses troupes ultra équipées contre Tsahal.
L’Egypte ne tient pas à ce que la situation empire et a mis tout son poids pour faire accepter un cessez-le-feu précaire par le Djihad islamique. La France s'inquiète de l'évolution de la situation puisque l'ambassadeur de France, Christophe Bigot, a demandé au Consul général de Tel-Aviv, Patrice Matton, de se rendre à Ashdod et à Ashkelon pour exprimer sa solidarité avec la population francophone nombreuse. 
Un officiel palestinien proche des négociations a déclaré que «les factions se sont engagées» à un cessez-le-feu, faisant allusion au Jihad islamique et aux Comités populaires de résistance qui furent les plus actifs dans les combats, mais ces groupes restent en attente de voir comment Israël va réagir.  « Il y a eu un arrangement » a dit le ministre de la Défense civile israélien, Matan Vilnai, à Radio Israël. « Pour le moment, on se dirige vers le calme et il semble, sauf développement contraire de dernière minute, que la période des combats est maintenant derrière nous ».
Parce que la situation est télécommandée à distance par l’Iran, nul n’est capable aujourd’hui de prédire la tournure que prendra la situation, si elle devait se dramatiser. Comme d'habitude, la pause pourrait durer quelques jours puis reprendre si l'ordre est donné depuis Téhéran.  
Comment dit-on cessez-le-feu en arabe..... Recharge!

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