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vendredi 4 mai 2012

FRANÇOIS HOLLANDE : UNE STRATÉGIE BIEN HUILÉE



FRANÇOIS HOLLANDE : UNE STRATÉGIE BIEN HUILÉE

Par Jacques BENILLOUCHE
Hollande le 22 janvier 2012
          L'article du 19 mars était prémonitoire. La stratégie de François Hollande s'avère réalisée dans les moindres détails. A la veille du deuxième tour, qui semble plié selon les sondages et surtout depuis la prise de position de François Bayrou inscrite et prévue dans l'analyse, à moins d'un miracle, les chances de Nicolas Sarkozy s'amenuisent. Israël sera t-il pénalisé par l'arrivée des socialistes ? C'est la question à laquelle nous chercherons à répondre au lendemain du scrutin.

* * *
L'article du 19 mars intégralement reproduit.   

          On veut faire passer François pour un adepte de la «gauche molle», or il s’avère être un stratège qui peut rivaliser avec son père spirituel François Mitterrand dont il a été l’élève et l’adepte le plus sérieux.  Il a été à l’excellente école de l’homme de gauche qui a réussi, en 1981, à mettre un terme à la domination de la droite depuis 1958. Fils d’un candidat d’extrême-droite à Rouen, il a hérité des sympathies de sa mère pour la gauche. Il adhère au Parti socialiste en 1979 et devient, grâce à Jacques Attali et Jacques Delors, ses deux parrains en politique, chargé de mission à l'Élysée pour les questions économiques. Il obtiendra ainsi son expertise dans des questions vitales aujourd’hui aux côtés de deux ténors de l’économie. 


Jacques ATTALI
En 1988, à l’occasion des élections législatives, il est envoyé au casse-pipe sur insistance de Mitterrand dans une circonscription imprenable de Corrèze, détenue depuis plusieurs mandatures par la droite. En se faisant élire contre toute attente, il  prouve ainsi son caractère et sa combativité.  Il a su faire preuve d’élégance en laissant sa place dans les différents gouvernements de gauche au profit de sa compagne, la mère de ses quatre enfants, à l’ambition démesurée.
Élégance politique

Lionel JOSPIN

            Lorsque Lionel Jospin devient premier ministre il sacrifie ses possibilités ministérielles en acceptant, sur son insistance de le remplacer à la tête du Parti Socialiste pour l’aider à contrôler la majorité. Le parti, fait de clans,  de motions et de sensibilités diverses qui s’opposent, comportait alors au siège de Solferino la plus forte densité d’ambitions politiques et de compétences au mètre-carré. Il n’a pas été ministre en titre mais un super ministre, une sorte de vice-premier ministre, selon les dires mêmes de Lionel Jospin. Alors qu’un ministre ne connait qu’un pan de la politique ministérielle liée à ses attributions, il était impliqué dans toutes les affaires d’État.
Il mettait en œuvre son rôle de vice-premier ministre en rencontrant une fois par semaine, Lionel Jospin, à Matignon pour le conseiller et l’informer de la situation du pays et de sa majorité agitée. Parce qu’il était homme de consensus et de compromis, habile dans les négociations et discret sur ses préoccupations personnelles, il a réussi à maintenir l’ordre dans un parti qui avait hérité de l’agitation propre aux hommes de la IVème République, experts en luttes intestines. Le parti est resté soudé grâce à lui et par lui grâce à la synthèse qu’il obtenait à chacun des congrès.
Ségolène ROYAL
            Il a, à nouveau, prouvé son élégance en ne contrant pas sa compagne, Ségolène Royal, qui avait décidé de le doubler en annonçant sa candidature à la présidentielle de 2007. Le parti lui en a d’ailleurs tenu rigueur et il se vengea en lui apportant un service minimum lors de la campagne électorale. Il est fort probable aussi François Hollande n’était pas tout à fait prêt à cette époque.
Flair politique

            Il avait hérité du flair politique de son mentor Mitterrand. Il avait maintenu sa candidature en 2012 alors que les sondages mettaient D.S.K au firmament. Mais il  savait qu’il était l’homme du rassemblement, à gauche en particulier, alors que son concurrent flirtait avec les grands patrons. Dès lors où il a été désigné par son parti, il  mit en place une stratégie qui semble fonctionner. 
Mélenchon aux cotés de Marie Buffet
Il a chargé son supplétif, Jean-Luc Mélenchon de ramener à lui les gens de gauche qui avait fui vers d’autres horizons trotskistes ou anarchistes peu intéressés par le pouvoir effectif. Mais Mélenchon est un républicain, un démocrate qui a déjà fait ses armes au parti socialiste et qui a occupé un poste de ministre de l’enseignement professionnel de 2000 à 2002. C’est un homme d’action qui aime le pouvoir et sa posture consistant à faire croire qu’il n’est candidat à aucun ministère est un leurre pour polir sa stature d’homme d’État. Il sait qu’il ne peut pas rater le coche et attendre encore cinq autres années avant de reprendre les affaires de l’État. Il a déjà 61 ans et le temps politique n’attend pas. Il travaille aujourd’hui pour François Hollande et pour lui-même, pour avoir un grand ministère où il pourra donner la mesure de ses compétences et de ses convictions. Comme tous ceux qui, avant lui, les communistes en particulier, ont touché aux affaires d’État, il saura devenir pragmatique et ranger dans les oubliettes ses mesures coûteuses ou inapplicables.
Marginaliser Sarkozy

Marine LE PEN

            Mais François Hollande l’a chargé d’une autre mission, celle de siphonner les voix des électeurs de gauche qui ont rejoint Marine Le Pen. Il semble réussir puisqu’elle stagne malgré la campagne agressive qu’elle mène. Le but est de limiter les électeurs F.N qui se reporteront sur Nicolas Sarkozy au deuxième tour en le privant d’une réserve de voix. C’est pourquoi il utilise le même langage populiste qu’elle et parfois le même programme. En la singeant, il l’empêche de monter dans les sondages. Mais il a aussi pour fonction de rameuter les déçus du sarkozisme qui pourraient grossir, par défaut, l’électorat de Bayrou en le maintenant à un minimum stable.
François Hollande se chargera alors de grossir son flanc droit avec l’aide des centristes. Il a besoin de contrebalancer la personnalité et les exigences de Jean-Luc Mélenchon. François Bayrou ne peut pas attendre lui non plus. A 61 ans, il refusera, lui aussi, de laisser passer la chance de redevenir ministre et ses prétentions seront d’autant plus modérées que Mélenchon aura capté une partie de l’électorat qui refuse de cautionner à nouveau Nicolas Sarkozy.  Le tribun Mélenchon prépare ainsi l’avènement d’un grand rassemblement qui marginalisera l’UMP. La stratégie du « mollasson » Hollande est en marche, de là à ce qu’on lui trouve des ressemblances avec Talleyrand, il n’y a qu’un pas qui peut être franchi après la prestation de Jean-Luc Mélenchon à la Bastille.    

       

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