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mercredi 21 mars 2012

DRAME DE TOULOUSE COMMENT EN EST-ON ARRIVÉ LÀ? Par Pr Hagay SOBOL



DRAME DE TOULOUSE

COMMENT EN EST-ON ARRIVÉ LÀ ?

Par Pr Hagay SOBOL


       Ils s’appelaient Gavriel 4 ans, Arieh 5ans, Myriam 7 ans et Jonathan 30 ans. Ils nous ont quittés ce lundi 19 mars qui restera comme un drame imprescriptible dans nos mémoires. Aaron, un jeune homme de 17 ans, est quant à lui gravement blessé, et nos prières l’accompagnent. Ce jour là, un individu a commis un acte horrible et irréparable que rien ne peut excuser en tirant avec des armes à feu sur un groupe de personnes devant l’établissement scolaire juif de Toulouse « Ozar Hatorah ». Il a touché à ce qu’il y a de plus sacré, il a tué des enfants. Il les a privés d’avenir, et a ravi à leurs proches ce qui leur était le plus cher.


Réprobation unanime

Il n’y a pas de qualificatif assez fort pour condamner ce drame monstrueux et dire ce que l’on peut ressentir. La réprobation a été unanime, et la France s’est montrée une et indivisible dans la douleur. Le jour même, des cérémonies de recueillement ont été organisées dans de nombreux lieux, comme à la Grande Synagogue Breteuil à Marseille, où les représentants de la République, les élus, les membres des institutions et des associations, ainsi qu’une foule nombreuse sous le choc, ont tenu a témoigner par leur présence leur solidarité avec les victimes et leurs familles.

Une minute de silence a été respectée le lendemain dans toutes les écoles de la République, et la campagne électorale a été suspendue. Des mesures de protection sans précédent ont immédiatement été mises en place autour des écoles juives. Car ce n’est pas à la seule communauté juive que l’on a touchée, mais à la communauté nationale toute entière. C’est dans de tels moments que l’on peut mesurer tout ce qui sépare une démocratie, d’une dictature. Dans une démocratie, chaque vie compte et chaque perte est un drame.

Des moyens considérables ont été déployés pour retrouver le ou les coupables. L’enquête a établi un lien avec d’autres assassinats commis sur des militaires français à Montauban et à Toulouse, ayant opéré en Afghanistan notamment. Les indices ont conduit les forces de police à suspecter un homme de 24 ans, se réclamant de la mouvance djihadiste, d’être responsable de la tuerie, et à donner l’assaut à son domicile.

Aujourd’hui, c’est encore le temps des pleurs et de la consolation. Et il est un devoir de nous y consacrer, d’accompagner du mieux possible ceux qui sont dans la détresse. Cependant, même s’il est encore trop tôt pour tirer des conclusions, car nous ne connaissons ni les motivations exactes de ces crimes, ni s’il s’agit d’actes isolés d’un déséquilibré ou d’un réseau organisé, ce drame vient s’inscrire dans un contexte malheureusement très chargé.

Lien de causalité

Ainsi, on ne peut que déplorer une série d’évènements, dont on ne sait s’il y a un lien de causalité direct ou indirect avec les faits mais qui, mis bout à bout, donnent un tout autre éclairage à cet acte barbare. Tout d’abord, la violence qui a émaillé la campagne présidentielle 2012 avec les menaces de mort contre François Hollande, l’agression subie par Audrey Pulvar et Arnaud Montebourg, la prise à partie musclée du président-candidat Nicolas Sarkozy à Bayonne, ont créé un climat inquiétant, laissant augurer le pire. Mais surtout, on ne peut exclure que la couverture déséquilibrée du récent pilonnage de la population civile du sud d’Israël par 200 missiles, roquettes et autres obus de mortiers venant le bande de Gaza, n’ait contribué à échauffer les esprits et à donner une motivation supplémentaire pour un passage à l’acte. Le tueur présumé aurait d’ailleurs affirmé «vouloir venger les enfants palestiniens». Catherine Ashton, la «cheffe de la diplomatie européenne» a malheureusement rajouté à la confusion et au mélange des genres en disant que la mort des enfants de Toulouse lui rappelait celle des enfants de Gaza.

Par effet miroir, la communauté juive, court ainsi le risque d’être désignée par certains comme bouc émissaire, pour son attachement à l’État hébreu. Cela participe à inscrire le conflit moyen-oriental dans notre paysage français. Mais, pour l’heure il est encore trop tôt pour conclure. Laissons donc les services de l’état faire leur travail. Aujourd’hui, c’est le temps de l’union, de la compassion et de la solidarité. Nous nous devons de nous y consacrer. Mais demain, il sera un devoir impérieux et tout aussi nécessaire de comprendre comment les choses sont advenues.

Oui, il le faudra pour que plus jamais cela ne se reproduise.

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