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samedi 11 février 2012

PALESTINE : PAS D’ETAT DU TOUT



PALESTINE : PAS D’ETAT DU TOUT

Par Jacques BENILLOUCHE
Abbas, Mechaal et Haniyeh

         Les palestiniens manquent d’un homme visionnaire qui leur ferait prendre la voie de la realpolitik plutôt que celle des rêves inatteignables. Il leur manque un Ben Gourion qui savait modérer ses exigences au début de chaque négociation. Les pionniers sionistes estimaient, contrairement aujourd'hui à l'Autorité palestinienne, qu’il fallait accepter toute proposition concrète, quitte ensuite à l’étendre par la négociation.

          Lorsque la commission Peel, instituée par le mandataire anglais, avait recommandé en 1937 la création d’un État juif dont la taille représentait 15% de l’espace bordé par les frontières de 1947, 3.200 kilomètres carrées au lieu de 20.770 kilomètres carrés, Ben Gourion était prêt à accepter la proposition contre l’avis de ses collaborateurs. Il estimait que : «un petit État vaut mieux que pas d’État du tout», contre l’avis d’une partie du Mapaï, en particulier Berl Kaznelson et Itzhak Tabenkin. Il n’avait eu alors que le soutien de Haïm Weizmann. La réaction de Ben Gourion était cependant révélatrice de son pragmatisme. 

          Devant l’hostilité des nationalistes arabes, qui estimaient selon eux que les frontières étaient trop étroites, les britanniques ont abandonné le plan Peel. Les palestiniens refusèrent ensuite le plan de l’ONU de 1947 pour garder le statut permanent de refugiés.

          Le mouvement islamiste palestinien Hamas persiste dans sa doctrine fondée sur la disparition de l’État Juif puisqu’il vient encore d’annoncer qu’il «ne reconnaîtra jamais Israël». Le chef du gouvernement de Gaza, Ismaël Haniyeh, a martelé ces mots le 11 février 2012, dans un discours à Téhéran devant la foule commémorant le 33e anniversaire de la révolution islamique de 1979 en Iran. Il a ajouté face à la télévision iranienne que «la lutte des palestiniens continuera jusqu'à la libération de la totalité de la terre de Palestine et de Jérusalem, et le retour de tous les réfugiés palestiniens  chez eux». Il ne pouvait certes pas faire moins en présence des dirigeants iraniens qui ont juré l'éradication de l’État juif. D'ailleurs sa présence dans un pays qui fait l'objet des craintes du monde civilisé en dit long sur son état d'esprit. La paix ne figure nullement dans les intentions des islamistes.
Haniyeh avec Ahmadinejad

         Cette intransigeance ne conduira à aucune création d’un État palestinien, sauf d’une entité croupion dans la bande de Gaza. C’est probablement l’objectif du Hamas qui s’oppose aux négociations et qui refuse à Mahmoud Abbas le droit de parler en son nom. Il sait qu’il n’aura plus de majorité à l’occasion de nouvelles élections et il préfère camper dans son petit bout de terre où il impose progressivement les lois de la Charia : «On veut que nous reconnaissions l'occupation israélienne et que nous abandonnions la résistance, mais en tant que représentant du peuple palestinien et au nom de ceux qui sont épris de liberté dans le monde, je réaffirme comme nous l'avons toujours dit auparavant que nous ne reconnaîtrons jamais Israël»

          Cette fin de non-recevoir entérine la position intransigeante des islamistes palestiniens. L’État de Palestine ne verra jamais le jour alors qu’«un petit État vaut mieux que pas d’État du tout»

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