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jeudi 9 février 2012

LE DÎNER DU CRIF : DERNIERE CARTOUCHE DE NICOLAS SARKOZY


LE DÎNER DU CRIF : DERNIERE CARTOUCHE DE NICOLAS SARKOZY

Par Jacques BENILLOUCHE

         Le dîner du CRIF est devenu une institution démodée de la vie communautaire mais l’une des rares réunions médiatiques juives françaises. Il s’insère dans les soirées « people » où il est bien d’être vu et où l’objectif final reste la photographie aux côtés d’un grand de notre République. Il n’est pas sûr que le résultat soit probant car il est souvent interprété comme une soumission officielle au gouvernement. On n’attend rien de ces discours dans la pure tradition de la langue de bois, avec ses qualificatifs dithyrambiques et ses promesses politiques. 

          Mais le dîner reste la manifestation où les dirigeants français caressent dans le sens du poil la communauté juive,  à la recherche d’honneurs plutôt que d’un dialogue efficace et non stérile. L’histoire n’a jamais prouvé qu’un résultat concret découlât de la rencontre entre les dizaines de présidents de communautés juives  et les représentants des corps constitués. En revanche, il met en lumière le déchirement entre la nécessaire appartenance à la nation française et l’attachement viscéral à l’État juif. Il est vrai que, de toute façon, un dernier sondage vient de prouver que la communauté juive votait en majorité à droite mais il est bon d’enfoncer le clou.

Gratin juif

          Cette année encore, Nicolas Sarkozy a prononcé un discours devant un millier de personnes, le gratin politico-artistico-religieux de France. Mais cette soirée est considérée comme la dernière cartouche du président, non encore candidat, qui surfe au bas des sondages et qui exploite politiquement l’épisode dramatique de l’enfermement, pendant cinq années, du soldat israélien Guilad Shalit. Le père Shalit s’était lui-même déconsidéré le jour où il avait annoncé son entrée en politique concomitante avec la libération de son fils.  Et pourtant la France n’a pas été formellement partie prenante dans les négociations pour sa libération due à l’efficacité de la diplomatie secrète de l’Allemagne et de l’Égypte. 

          La volonté du CRIF d’éviter les problèmes qui fâchent, l'affaire Zeitouni par exemple, et de lisser les risques de conflit donne l’impression que tout est parfait pour la communauté juive en France et pour Israël en particulier. Le CRIF, qui veut imiter l’AIPAC américain dans sa fonction de lobby juif, n’est qu’une pâle copie dans son acte d'allégeance au pouvoir et à l’UMP. Le catalogue des bonnes intentions du président ne masque pas la réalité du contentieux franco-israélien sur l’action du Quartet au Proche-Orient et sur les relations avec l’Iran soumis à des sanctions pour l’instant inefficaces. 
          En excluant de la soirée une partie des dirigeants politiques français, à juste titre pour certains, le CRIF se marque politiquement alors qu’il est censé représenter toute la communauté juive dans sa diversité. Cette sélection peut conduire l’institution à être attaquée  sur sa représentativité. Nombreux sont ceux qui souhaitent la réforme du CRIF et l’implication plus visible de la jeunesse parmi ses membres dirigeants. Ce dernier dîner démontre l'urgence d'une nouvelle réflexion.

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