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jeudi 23 février 2012

ISRAËL-IRAN : LE BRAS DE FER Par Gérard AKOUN


ISRAËL-IRAN : LE BRAS DE FER

Par Gérard AKOUN
Judaïques FM
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video

La mission dite de la «dernière chance» de l’AIEA, l’Agence internationale de l’énergie atomique, s’est soldée par un échec. Les iraniens ont refusé l’entrée  de certains sites aux inspecteurs de l’Agence, ceux dans lesquels les iraniens sont fortement soupçonnés d’enrichir l’uranium nécessaire à la fabrication de bombes atomiques. Deux sites en particulier, celui de Parchin, implanté dans un camp militaire, et celui de Fordo, enterré sous une montagne, et donc difficile à attaquer, n’ont pu être visités. Ce refus de la transparence ne peut que confirmer «la possible dimension militaire» du programme nucléaire iranien, évoquée dans son dernier rapport par l’AIEA en novembre 2011. 

Peu d’illusions

Les occidentaux, ne se faisaient pas trop d’illusions  sur les résultats de cette mission et les israéliens, encore moins,  dans la mesure où le danger est à leur porte. Faut-il donc attaquer, et détruire si possible, les sites nucléaires iraniens ou se contenter d’alourdir les sanctions économiques décrétées par les États-Unis et l’Europe, en attendant, en espérant, que leurs effets sur la vie économique en Iran provoqueront  la chute du régime ou du moins l’arrivée à la tête de l’État de dirigeants plus modérés ?
Tel est le dilemme auquel se trouvent confrontés Israël et ses alliés, ou plus exactement Israël et l’allié américain. Tous deux sont persuadés qu’il faut empêcher l’Iran de se doter de l’arme nucléaire : pour les dirigeants politiques israéliens, alors que les responsables  militaires sont plus partagés, il n’est plus temps de tergiverser, le seuil d’alarme maximum est atteint ; il faut, sans plus attendre, attaquer seul s’il le faut, sans le soutien américain. C’est du moins ce qu’ils déclarent. Les américains font une analyse moins pessimiste de la situation ; ils considèrent que l’Iran ne sera pas capable d’avoir sa bombe avant quinze mois au minimum, qu’il faut donc laisser le temps aux sanctions de produire  leur effet, et les appuyer  par des attaques cybernétiques  ou à l’encontre des atomistes iraniens, mais vous pensez bien que cela n’est pas dit officiellement. Barack Obama est d’autant plus opposé à une action militaire qu’il est en pleine campagne électorale, et qu’il ne tient pas à ce que l’Amérique s’engage dans un nouveau conflit alors qu’il est en passe de se retirer de deux bourbiers, l’Irak et l’Afghanistan !!

Option ultime
Centrale de Busheihr

On comprend l’inquiétude d’Israël, mais a-t-il réellement les moyens d’assumer, seul, un bombardement de plusieurs sites nucléaires dans le même laps de temps.  Il y a bien eu des précédents réussis,  Osirak en Irak en 1981, Daïr Alzour en Syrie en 2007 mais il s’agissait à chaque  fois de détruire un seul objectif  et les capacités de réactions conventionnelles de ces deux pays étaient faibles. Il n’en est pas de même pour l’Iran.  La riposte ne se fera  pas attendre, Israël sera soumis à des bombardements de l’Iran et à des attaques du Hamas et du Hezbollah. Il n’est pas impossible que Bachar El Assad utilise la diversion d’une guerre avec Israël pour rassembler le peuple syrien autour de lui.  Il est aussi évident que la Russie, principalement, et la Chine qui soutiennent leurs alliés iraniens et syriens au Conseil de Sécurité,  ne resteront pas inertes. Sans intervenir directement dans le conflit, ils devraient leur apporter un soutien logistique et diplomatique.
On peut raisonnablement supposer que les dirigeants israéliens ont pris en compte tous ces éléments ; on ne peut que leur faire confiance. La guerre  devrait toujours être l’option ultime mais il est vrai qu’un pays peut y être contraint. Il faut espérer que nous n’en sommes pas encore là, que ce ne sont que des bruits de bottes et que, passées les élections législatives du 2 mars, l’Iran ne commettra  pas l’erreur de mettre en doute, comme peut le laisser supposer son refus de collaborer avec l’AIEA, la détermination d’Israël, avec ou sans l’accord des américains, à l’empêcher de disposer d’un armement nucléaire. Il se pourrait que les ayatollahs s’imaginent que le petit Satan, c’est ainsi qu’ils dénomment Israël, ne puisse agir sans l’autorisation des États- Unis, le grand Satan, même lorsque la sécurité du pays est en jeu. Ce serait là une grave erreur aux conséquences catastrophiques pour toute la région et au-delà.

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