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mercredi 8 février 2012

BILLET D’HUMEUR : NAZI


BILLET D’HUMEUR : NAZI

Par Jacques BENILLOUCHE



Crématoire nazi

         Nazi ! Le mot a été lancé à la tribune de l’Assemblée nationale française. Serge Letchimy, député apparenté PS de la Martinique, voulait frapper un grand coup pour dénoncer les propos du ministre de l'Intérieur, Claude Guéant, qui avait soutenu que «toutes les civilisations ne se valent pas». L’élu, qui voulait profiter des caméras présentes dans l’hémicycle pendant la séance des questions au gouvernement,  a donc interpellé directement le ministre en l'accusant de «privilégier l'ombre et de nous ramener jour après jour à ces idéologies européennes qui ont donné naissance aux camps de concentration». Ce parallèle avec le «régime nazi», a soulevé la colère justifiée des députés de la majorité.

        Nous faisons à nouveau face à un problème de sémantique mais cette fois il prend de grandes proportions parce qu’il est clamé devant la représentation nationale. Nous sommes, nous-mêmes en Israël coupables de l’utilisation à tort et à travers d’un mot qui ne doit s’appliquer qu’aux assassins de la Shoah, à ceux qui ont planifié l’éradication du peuple juif et réalisé l’indicible. L’utiliser en dehors de son contexte revient à le banaliser, à banaliser les crimes commis au nom d’une idéologie destructrice, à banaliser la mort de six millions de juifs.

        Il y a quelques semaines, je m’étais déjà élevé publiquement à l’occasion d’une conférence à Tel-Aviv contre l’utilisation abusive de ce terme par un membre éminent de la classe politique franco-israélienne. Le qualificatif de «nazislamiste» est souvent et toujours utilisé par ses amis pour qualifier des ennemis islamistes qui, quelque soit l’horreur des crimes qu’ils commettent, ne peuvent pas prétendre à "l’honneur" d’être associés aux criminels nazis.

         Nous devons surveiller notre langage et nos textes pour éviter  l’usage intempestif et inadéquat du vocabulaire de la Shoah pour chercher à marquer les esprits.  Si les hommes politiques manquent de mots pour défendre leurs thèses et s’attirer les faveurs de ceux qui les écoutent alors,  ils démontrent qu’ils manquent d’arguments tangibles. Ils devraient changer de métier.  

        Nous ne rendons pas service à la mémoire de ceux qui sont tombés  dans l’horreur des camps nazis en galvaudant un qualificatif  qui est un et unique. 

video

Cliquer sur le triangle noir pour voir la vidéo de l'assemblée nationale


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