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lundi 9 janvier 2012

YAIR LAPID : UN AIR DE JEUNESSE


YAIR LAPID : UN AIR DE JEUNESSE

Par Jacques BENILLOUCHE
Yaïr Lapid


            Son père avait défrayé la chronique politique en réussissant à élever son parti Shinouï, nouvellement créé, à la troisième place aux élections de 2003, avec 14 sièges. Il avait combattu le pouvoir des ultra-orthodoxes juifs sur la politique israélienne. Sa répugnance presque maladive au parti Shass lui avait fait prendre certaines positions anti- séfarades, et même des dérapages à la limite du racisme.

Tel père tel fils


            Yair Lapid semble engagé dans la même trajectoire de journaliste que son père mais il aborde la politique beaucoup plus jeune et dans une configuration qui lui est favorable. Certes les fils de… n’ont pas toujours réussi en politique si l’on se réfère aux héritiers Begin et Sharon mais, contrairement aux autres, il a beaucoup de charisme et sa profession de foi «je suis sioniste» avait impressionné les juifs quand il expliquait : «je crois au réveil (quelque peu tardif…) du peuple juif en Israël» et avait circulé sur la toile avec un réel succès.
Les conditions de son arrivée en politique lui sont certainement favorables. Le parti travailliste a été laminé depuis que ses dirigeants ont frayé avec la droite jusqu’à perdre leur âme et leurs électeurs. L’appât d’un «maroquin» et la soif de pouvoir leur ont fait oublier les convictions et donnent le sentiment qu’un poste ministériel est une fin en soi. Le parti d’Ehoud Barak, Atsmaout, n’a plus aucune chance de se relever car son chef est discrédité et son seul salut réside dans son intégration pure et simple au Likoud.
          Shelly Yehimovitch, encore nouvelle sur l'échiquier politique,  part avec le handicap d’un parti travaillistes qui a perdu ses ors et ses vedettes charismatiques. Tsipi Livni a décidé depuis longtemps de se mettre aux abonnées absents alors qu’elle avait un boulevard devant elle. Elle a peur du combat alors qu’au départ elle avait démontré qu’elle avait la niaque. Mais le parti Kadima s’est fourvoyé dans un combat de chefs qui se haïssaient parce que Chaoul Mofaz voulait être calife à la place du calife.

Un centre à prendre


          Le centre est donc à prendre à condition qu’il y ait une relève de génération qui mettra à la retraite tous ceux qui s’accrochent à leur fauteuil depuis plus de trente ans. Ces professionnels de la politique, qui héritent de rentes de situation, ont la conviction qu’ils ne peuvent durer que s’ils avancent sans vague, dans un conservatisme prudent et déroutant. Pour eux, rien ne change, rien ne bouge dans l’intérêt du calme de leur mandat.
            Yaïr Lapid, 48 ans, devra secouer les cocotiers et faire rêver à nouveau une jeunesse qui a perdu ses idéaux et qui ne croit plus dans la répartition saine des richesses du pays. S’il est le fils politique de son père, il le rejoindra dans ses mesures phares qui pourront lui drainer de nombreux électeurs laïcs que les manifestations récentes des extrémistes religieux ont poussé leur colère au paroxysme. Tommy voulait instituer quatre mesures phares : l’obligation du service militaire pour les jeunes orthodoxes, la suppression des subventions publiques aux religieux, la création d’un mariage civil, autorisé entre juif et non-juif et sans accord préalable du rabbinat et enfin l’autorisation de l’importation de produits non casher.
Tommy Lapid

            Yair Lapid n’a pas encore dévoilé son programme mais il devra amener à lui un ou deux généraux disponibles, Meir Dagan ou Gaby Ashkenazi, si le délai imparti par la loi pour entrer en politique est écoulé, afin de donner une crédibilité sécuritaire à son parti. L’arrivée de ce «jeune» journaliste sonnera le glas du parti Atsmaout et réduira à sa portion congrue le parti Kadima. Les sondages lui donnent déjà entre 15 à 20 sièges à la Knesset faisant déjà trembler Benjamin Netanyahou au point que le premier ministre envisage de faire voter une loi identique à celle des militaires, adéquate pour bloquer les velléités de son concurrent, imposant un délai de carence entre sa fonction de journaliste et son entrée en politique. La politique ne recule devant rien quand il s’agit de sauvegarder ses privilèges. Mais les jeunes sont prêts à prendre la relève en politique pour envoyer les professionnels à la retraite. L’ambiance politique en période préélectorale risque d’être chaude en Israël.         

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