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mercredi 11 janvier 2012

APARTHEID : UNE FAUTE DE SEMANTIQUE


APARTHEID : UNE FAUTE DE SEMANTIQUE

Par Jacques BENILLOUCHE

Jean Glavany

                La sémantique joue un rôle important dans l’appréhension des problèmes juifs et israéliens. Je me suis souvent élevé contre l’utilisation, à tort et à travers, du terme de nazi pour identifier ce qui ne l’est pas. La qualification de nazis s’applique uniquement aux maîtres d’œuvre de la solution finale durant la deuxième guerre mondiale et, l’utiliser à mauvais escient pour des actes même barbares, revient à banaliser l’expression et les crimes commis. Quelque soit l’horreur des assassinats à l’arme blanche contre des enfants et des bébés, cela n’autorise nullement l’utilisation de «nazislamiste» dévoyée par quelques écrivains, en mal d’inspiration et d’arguments, qui pensent attirer ainsi l’attention de leurs lecteurs.

 Interconnexion des races

                Israël n’est pas l’Afrique du sud d’hier. Aujourd’hui, dans le même ordre d’idée, on parle d’apartheid sans en mesurer le vrai sens. Ce terme devient galvaudé et il n’y pas de commentaires de lecteurs  sans qu’ils l’utilisent pour justifier la tension existant entre israéliens et palestiniens. L’apartheid n’existe pas en Israël puisque les arabes travaillent dans les mêmes entreprises que les israéliens, utilisent les mêmes bus, sont soignés dans les mêmes dispensaires, fréquentent les mêmes hôpitaux, boivent le café dans les mêmes lieux de plaisir, fréquentent les mêmes centres commerciaux ou «canyon» , s’éduquent dans les mêmes universités avec le droit de porter le foulard, cohabitent dans les mêmes quartiers et parfois, pour ceux qui sont volontaires, combattent dans les mêmes rangs de Tsahal.

Les races cohabitent puisque les noirs éthiopiens vivent aux côtés des russes blancs et que l’ancien chef de la marine israélienne était d’origine asiatique. Les vietnamiens recueillis dans les boat-people à la dérive n’ont pas souhaité rejoindre leur pays d’origine au lendemain de l’ouverture de relations diplomatiques entre Israël et le Vietnam parce qu'ils se sentaient bien dans leur nouvelle patrie. Il est vrai que l’exemple venait d’en haut puisque Jimmy Carter, ancien président des Etats-Unis, qui ne portait pas beaucoup Israël dans son cœur car il l’accusait d’avoir saboté sa réélection, avait utilisé l’expression dans un livre choc en faisant le même amalgame : «Palestine: Peace, not Apartheid».

 Terminologie engagée

         Utiliser volontairement cette terminologie comme l’a fait Jean Glavany, pourtant ancienne plume du président François Mitterrand, dans son rapport sur la géopolitique de l’eau prouve qu’il a besoin d’une bonne formation sémantique. Dans l’encadré n°3 intitulé «l’eau révélatrice d’un nouvel apartheid au Moyen-Orient», le rapporteur qualifie la politique d’Israël de nouvel apartheid à l’égard des palestiniens. Je ne rentrerai pas dans le fond du rapport car la démocratie exige que chaque homme politique soit libre d’écrire ce qu’il veut. Il appartient ensuite aux politiques d’apporter les arguments pour contrer les déviations des textes. Mais il est indispensable d’utiliser un vocabulaire adéquat qui ne soit pas engagé.


Les murs du Monde

            La barrière de sécurité, bâtie entre la Cisjordanie et Israël, avait pour seul but d’empêcher le passage de terroristes amenant avec eux la haine et la désolation pour faire couler le sang et les larmes israéliens. De la même façon que le français moyen érige une clôture autour de son pavillon pour palier l’intrusion d’indésirables, Israël protège ses citoyens. Il est indéniable que le résultat a été probant puisque le nombre d’attentats a été réduit à sa plus simple expression. Il y a des dizaines de clôtures de sécurité sans qu’il soit raisonnable d’accuser les promoteurs d’apartheid.
          Jean Glavany a commis une faute en accusant Israël d’apartheid et c’est la même faute qui s’applique à ceux qui galvaudent le terme de nazis. Le problème de l’eau au Proche-Orient est un problème sérieux, qui doit être traité avec expertise, sans qu’il soit besoin d’attiser les esprits et de vouer aux gémonies un pays sous des prétextes fallacieux. Les abus linguistiques peuvent conduire à la discrimination et même à l'annihilation. Les grands mensonges de Adolf Hitler dans Mein Kampf illustrent la déviation sémantique car plus ils ont été répétés et plus ils ont été adoptés parce que ceux qui ont le contrôle du langage finissent souvent par avoir le contrôle de la pensée. La rédaction de tels rapports ne favorisera certainement pas l’émergence d’un dialogue menant à la paix. Une faute de sémantique peut parfois conduire à la guerre.


Notre ami Haggay SOBOL nous transmet un lien concernant la réaction de plusieurs hommes politiques français au rapport de Jean Glavany :


http://www.avec13.info/article-a-v-e-c-l-actu-la-geopolitique-de-l-eau-vives-reactions-suite-aux-propos-de-jean-glavany-a-l-as-96907974.html


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