ARTICLES LES PLUS LUS SUR LE SITE DEPUIS JUIN 2010 - LE BEST DU BEST OFF - CLIQUER UNE IMAGE POUR LIRE OU ARRÊTER LE DEROULEMENT


ARTICLES LES PLUS LUS SUR LE SITE - Cliquer l'image pour lire ou arrêter le déroulement

 

jeudi 19 janvier 2012

VALEURS DU JUDAÏSME ET FRONT NATIONAL par Gérard AKOUN


VALEURS DU JUDAÏSME ET FRONT NATIONAL

Par Gérard AKOUN
Judaïques FM


Cliqur sur le triangle noir pour écouter l'émission
video


          Interrogé par le journal Sud Ouest sur les tentatives de madame Le Pen de courtiser la communauté juive en vue de l’élection présidentielle, Gilles Bernheim,  le Grand Rabin  de France, a répondu que «les valeurs du judaïsme  sont incompatibles avec celles du Front National et, quel que soit le positionnement de Marine Le Pen aux côtés d’Israël, cela ne changera rien». Il faut  saluer  cette déclaration claire et ferme du Grand rabbin qui rappelle aux juifs  de ce pays, qui seraient tentés d’apporter leurs voix à madame Le Pen, que l’acceptation de l’étranger, - nous répétons chaque année à Pessah, respecte l’étranger car tu as été étranger au pays d’Egypte - la tolérance, le respect des faibles, la justice, le partage, illustrés  dans de nombreux textes bibliques, ne sont pas des valeurs partagées par le Front National. C’est même tout le contraire.

Rejet de l’étranger

          Que défend, que propose Mme Le Pen ? Le rejet de l’étranger, en l’occurrence l’immigré, le rejet de la différence, la préférence nationale, le repli sur les valeurs traditionnelles de la France, il faut lire chrétiennes, dont sont évincés, ceux qui ne sont pas chrétiens. Le Grand rabbin a eu raison de prendre position, dans ce qui  n’est pas seulement un débat politique dans lequel, au nom du respect de la laïcité, il aurait tort de s’immiscer, mais un débat idéologique. Tout ce qui est  synonyme d’exclusion, retentit, devrait retentir, comme une sonnette d’alarme, dans la tête de chacun et de chaque juif en particulier, mais ce ne semble pas être le cas en cette veille d’élection : en 2002, 70% des personnes interrogées dans les sondages estimaient que le parti lepéniste représentait un danger pour la démocratie ; elles ne sont plus, en 2012 que 51%. 


          Marine Le Pen a réussi, depuis qu’elle a pris la direction du Front National, à en gommer le côté extrémiste et repoussoir, à le banaliser. Il lui reste, et elle s’y emploie, à effacer les traces de l’antisémitisme viscéral dont son père faisait preuve. Elle cherche, à ce que la communauté juive, organisée ou non, lui décerne un brevet d’antiracisme, du moins à l’égard des juifs et il lui semble que le meilleur chemin pour y parvenir, passe par Israël. En décembre 2011, Louis Aliot, son compagnon et numéro 2 du FN, s’était rendu en Israël pour y présenter le candidat du FN au poste de député de la 8ème circonscription des français de l’étranger. Il avait déclaré : «vu le contexte politique actuel, je pense que Marine Le Pen incarne un espoir important et je suis certain que nous aurons beaucoup de voix dans la communauté juive en France et parmi les franco-israéliens». 

Marine Le Pen et Louis Aliot

Discours anti-musulman

          Le discours anti-musulman de Mme Le Pen  devait, pensait-il, lui assurer en Israël une complicité dans les milieux officiels, au moins dans la droite ou l’extrême droite israélienne qui aurait eu, en France, valeur d’adoubement.  Les 51% de français qui estiment que l’on accorde trop de droits à l’islam et aux musulmans de France, se seraient sentis confortés dans leur xénophobie et parmi eux, bien entendu, des juifs qui penseraient  soutenir Israël en votant pour le FN.  C’est à ces juifs en particulier que le Grand rabbin de France s’est adressé en  disant : «quel que soit  le positionnement de Marine Le Pen aux côtés d’Israël, cela ne changera rien».
          Les valeurs  du judaïsme  ne peuvent  fluctuer  en  fonction d’un soutien plus ou moins important, plus ou moins chaleureux à l’Etat d’Israël. Les valeurs du judaïsme ne  peuvent être tributaires de calculs politiques et Louis Aliot n’a donc  pas eu, heureusement, en Israël,  un accueil à la hauteur de ses espérances.
          Nous continuerons à combattre l’exclusion, le rejet de l’autre, le racisme, la xénophobie, ces maux dont nous avons longtemps souffert, car ils sont contraires à nos valeurs. Et nous les combattrons encore même si, aujourd’hui,  nous n’en sommes plus les premières victimes. Mais nous savons aussi qu’un parti construit sur une base raciste, s’il peut changer de cible, restera un parti raciste : pour Mme Le Pen qui ne se veut pas antisémite, le musulman d’aujourd’hui  est le juif d’hier.

Aucun commentaire: