ARTICLES LES PLUS LUS SUR LE SITE DEPUIS JUIN 2010 - LE BEST DU BEST OFF - CLIQUER UNE IMAGE POUR LIRE OU ARRÊTER LE DEROULEMENT


ARTICLES LES PLUS LUS SUR LE SITE - Cliquer l'image pour lire ou arrêter le déroulement

 

jeudi 8 décembre 2011

VICTIMISER MARINE LE PEN


VICTIMISER MARINE LE PEN

Par Jacques BENILLOUCHE

Marine Le pen aux côtés de jeunes néo-nazis de Lyon

J’ai  toujours refusé la censure car elle rehausse celui qui en est la victime. Les censeurs obtiennent souvent l’effet inverse escompté. En interdisant à Marine le Pen de s'exprimer à la radio ou dans les universités, on lui donne le rôle de victime qui noie, dans ce refus, sa phraséologie détestable. Il faut au contraire la laisser parler dans un débat où l’art du journaliste serait de mettre en évidence ses ides détestables pour en faire sortir l’inanité. Des questions improvisées dures, franches et brutales auraient un impact plus dense que le silence qui lui permet d’y enfouir tout ce qui gène.

Argument contre argument

Il faut se battre pied à pied, argument contre argument, pour extirper la vraie nature du Front National. Un débat sans concession, avec un contradicteur qui n’a pas froid aux yeux et qui possède à fond son dossier de preuves tangibles, ferait peut-être réfléchir 1% à 3% des sondés impressionnés par l’extrême-droite et parmi eux de nombreux juifs. Cela serait une première victoire. Il faut se battre par la parole et non par le mépris, ou le silence, qui permet à l’adversaire de choisir le terrain où il excelle. Il faut donc être solidaire de ceux qui prendraient l’initiative de se mesurer à elle.

Se mesurer à ses concurrents, les petits comme les grands, les modestes comme les prestigieux, c'est tout simplement la démocratie. 

Fuir le débat a toujours été pour un homme politique une preuve de faiblesse. Se réfugier derrière l’argument qu’elle représente une négligeable portion de l’électorat ou qu’elle ne doit bénéficier d’aucune publicité est une excuse hypocrite. Avoir la prétention d’affirmer qu’elle n’a aucune chance d’arriver au pouvoir et que l’on ne dialogue pas avec un minoritaire est une erreur de prévision politique. Le monde a payé cher l’imprévoyance de l’arrivée au pouvoir des nazis. 

Lors d'une conférence à l'Institut français de Tel-Aviv, le président du Crif, Richard Prasquier, s’est montré réaliste et a estimé que «on a une candidate du FN à 20%, plus intelligente et plus dangereuse que son père. Elle veut arriver au pouvoir, contrairement à lui. Le discours de Marine Le Pen ne correspond pas à la réalité mais obéit à une posture électorale».

Je me souviens du débat entre Bernard Tapie et Jean-Marie Le Pen. Les hommes politiques n’avaient pas osé l’affronter sous le prétexte fallacieux qu’il ne fallait pas lui faire de publicité. Ils craignaient en fait s’être écrasés par la forte personnalité du dirigeant d’extrême-droite et d’être emportés sous le flot de ses arguments éculés.  Mais face, à Bernard Tapie, le leader d’extrême-droite avait été, en termes de boxe, K.O debout. On guérit le mal par le mal et se cacher derrière le paravent du mépris ne représente pas un combat loyal. Il faut avoir le courage de s’opposer face à ceux qui ne nous aiment pas en leur montrant notre capacité à les affronter, de face, comme Israël affronte souvent de face ses ennemis. Les absents ont toujours tort.

Risquer le verbe lisse

Certes, on tombe très vite sous le charme de cette blonde qui sait mieux que son père manier le verbe pour le rendre plus lisse mais, passés les premiers instants de grâce, on réintègre la réalité brûlante parce que le vernis craque. Elle avait accepté en 2007 de répondre pour la première fois pendant une heure dans le Paquebot, son fief du Front National, aux questions d’un journaliste israélien dans un débat enregistré pour éviter les contestations et les démentis. Je n’avais pas pu convaincre ma rédaction de publier ce texte parce qu’elle estimait que ce serait lui faire trop de publicité. Aujourd’hui encore, beaucoup pensent qu’il faut l’ignorer. Pourtant, elle n’a pas eu besoin des journalistes israéliens pour que les sondages la mettent au firmament.

Il y avait alors urgence à publier sa prose pour faire parler celle dont tout le monde a peur aujourd’hui et qui se réjouit des combats gagnés d’avance, faute de combattants. Les adeptes de l'obscurantisme et de la désinformation, qui sont les champions du boycott et de la censure, pensent que le silence est l’arme suprême. Chacun mène le combat comme il l’entend.

Aucun commentaire: