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mercredi 23 novembre 2011

L'AVERTISSEMENT ISRAELIEN




L'AVERTISSEMENT ISRAELIEN

Par Jacques BENILLOUCHE
Le chef d'Etat-Major Benny GANTZ

Exploitant le soutien ferme de la Russie, la passivité bienveillante de la Chine et l’appui permanent de l’Iran, la Syrie persiste et signe dans son attitude de fermeté à l’égard de son peuple.  De l’autre côté de la frontière, il n’y a pas de jour sans que le chef d’État-Major israélien prédise une action forte contre le Hamas à Gaza. Mais la réalité est autre; l’avertissement n’est pas destiné à Ismaël Haniyeh mais à la Syrie qui soutient et arme le Hamas. La menace est voilée pour donner plus de poids et plus d’impact, de manière indirecte, à la volonté d’Israël de ne pas voir le conflit syrien déborder sur ses frontières.

Ligue Arabe impuissante

La Ligue Arabe, qui n’a jamais eu assez de poids pour imposer une quelconque résolution, a sommé Bassar Al-Assad de cesser la répression contre son peuple. Dans un entretien au journal The Sunday Times , le président syrien  a rejeté l’ultimatum qui, selon lui, cherche en fait à «fournir aux pays occidentaux un prétexte pour mener une intervention militaire contre la Syrie. Le conflit continuera et la pression pour assujettir la Syrie continuera mais la Syrie ne s'inclinera pas.».
Israël a toujours gardé une attitude neutre vis-à-vis de la révolution syrienne dans la mesure où le maintien du régime actuel n’ouvrait pas d’ère d’incertitude face à une éventualité risquée de prise du pouvoir par les islamistes contrôlés par l’Iran. Mais les israéliens craignent à présent, que pour sauver son régime, Bassar Al-Assad ne soit contraint d’appeler à la rescousse des éléments du Hezbollah et du Hamas, alliés des mollahs, qui chercheront la provocation avec Israël. La possibilité de susciter une mini guerre contre Israël, avec représailles  militaires induites, permettrait de détourner l’attention des occidentaux et surtout de favoriser une introduction armée de l’Iran dans la région. Quatre agents des services de renseignements de l’armée, officiers de liaison chargés des contacts avec les supplétifs, ont d’ailleurs été tués par des soldats dissidents près du village d’Al-Moukhtara sur la route reliant Salmiyeh-Homs.

            Les pays arabes insistent auprès du gouvernement syrien pour qu’il respecte le plan de sortie de crise arabe prévoyant la fin des violences. La Jordanie a même proposé d’envoyer sur place des observateurs si Damas donnait son accord. Les occidentaux sont persuadés que la guerre civile guette. Hillary Clinton, secrétaire d'État américaine,  prédit une «guerre civile, avec une opposition très déterminée, bien armée et finalement bien financée». Ehud Barak, ministre israélien de la Défense, a estimé que le président syrien avait «franchi le point de non-retour et risquait de connaître le même sort que les anciens dirigeants libyen Mouammar Kadhafi et irakien Saddam Hussein».  Enfin, Alain Juppé, ministre des affaires étrangères, conseille à l’opposition syrienne de renoncer au «recours à l'insurrection armée».

Sanctions inefficaces

Les israéliens ne croient pas à l’efficacité des sanctions contre la Syrie ni à la volonté des États-Unis et de l’Europe de les appliquer avec fermeté pour ne pas mécontenter les russes et les chinois. Alors Paris, Berlin et Londres se préparent à voter une résolution de plus, condamnant la répression, par le Comité des droits de l'Homme de l'Assemblée générale de l'ONU. Le Conseil National Syrien, qui s’oppose à toute intervention extérieure, sauf celle de la Turquie, confirme que «la chute du régime syrien et de tous ses symboles est l'objectif de ce conseil qui représente la majeure partie des forces politiques, des groupes de l'opposition et des mouvements dirigeant la contestation». Bref, les occidentaux se hâtent lentement et cette attitude ne rassure pas Israël.
Les ambassadeurs des États-Unis, de la France, du Danemark et du Japon qui s’étaient rendus en septembre à Damas avaient envisagé une solution pour débloquer la situation avec l’avantage de satisfaire toutes les parties. Bassar Al-Assad resterait dans son pays mais, pour frapper l’opinion et matérialiser le changement, le pouvoir serait alors partagé à égalité par son frère et des représentants de l’opposition. Maher al-Assad, symbole de la répression, colonel de 43 ans, qui dirige la Garde Républicaine et la quatrième division de l'armée, assurerait ainsi la sécurité de Damas contre les tentations extérieures.

Mise en garde israélienne

La mise en garde israélienne tient compte des dernières informations reçues par les services de renseignements. Le chef d’État-Major Benny Gantz, «très inquiet de la montée en puissance du Djihad islamique depuis les récentes hostilités», prône une offensive militaire significative à Gaza afin de dissuader les islamistes de prêter main-forte au régime syrien en difficulté. Lors d'une cérémonie d'accueil des nouveaux soldats, il vient de réitérer ses menaces au sujet de la situation sécuritaire dans le sud du pays : «quand un million de personne sont menacées, il faut prendre l'initiative». Avec ces propos sans nuance, il cherche à envoyer un message clair : malgré le dossier iranien et les récentes déclarations menaçantes du Hezbollah libanais, le front sud, priorité pour Tsahal, ne doit pas être un tremplin pour l’implantation de l’Iran à ses frontières.
Les services secrets l’ont par ailleurs informé que de nombreux palestiniens sont formés dans les bases iraniennes, par le bras armé Al-Qods des Gardiens de la Révolution. Le président Ahmadinejad a prévu de les transférer immédiatement en Syrie, sous couvert d’un exercice militaire. Ils auraient pour mission de réchauffer les frontières d’Israël et de Cisjordanie et d’aider à la lutte contre la répression interne et  les éléments de l’Armée Syrienne Libre, composée de déserteurs disposant d’armes antichars et de mitrailleuses lourdes.

Provocation

Les syriens cherchent donc à impliquer directement Israël pour envenimer la situation de la région afin de contraindre les occidentaux à ne pas s’engager en Syrie. Le magnat syrien, Rami Makhlouf , cousin du dictateur, avait déjà utilisé cette dialectique en mai 2011 après avoir été mandaté pour lancer son avertissement : «Sans stabilité en Syrie, il n'y aura pas de stabilité en Israël.»
Les iraniens viennent donc au secours de la Syrie en planifiant une conflagration de la région et démontrent qu’ils poursuivent toujours leur objectif de lutter contre Israël par tous les moyens. Plusieurs centaines de palestiniens enrôlés dans les camps palestiniens de Syrie ont été envoyés en formation en Iran auprès des unités d’élite Al-Qods des Gardiens de la Révolution pour suivre des cours de guérilla urbaine et militaire. Par groupes de douze, ils se sont entrainés à intervenir derrière les lignes ennemies dans des opérations terrestres qui confirment que leur champ d’action veut se situer aux frontières d’Israël. Certains d’entre eux ont déjà été renvoyés à Damas et se préparent à intervenir.
L’inquiétude des militaires israéliens est liée aux informations précises qu’ils ont récoltées sur la nature des exercices militaires menés par l’Iran. Il s’agissait dans un premier temps de quatre jours de test de la défense aérienne des sites nucléaires et des zones industrielles stratégiques. Or, les services de renseignements ont révélé que les exercices impliquaient des unités iraniennes de combat au sol en collaboration avec des forces de renseignements et des milices populaires. Ces milices se composent des Bassidjis  aguerris pour garantir l’ordre dans les villes, appuyés par les palestiniens recrutés en Syrie. Les manœuvres qui avaient commencé à Téhéran, se sont poursuivies à Mashad, Kerman, Bushehr et Urmieh.
Ainsi, il semble bien que, par la volonté de l’Iran, le conflit avec Israël qui se voulait à l’origine nucléaire vire de plus en plus vers une guerre conventionnelle avec fantassins et guérilla. Le chef d’État-Major israélien ne tient pas à être entrainé dans cette voie et, fidèle à la tradition israélienne d’anticiper le danger, il menace d’entrer à Gaza pour couper l’herbe sous les pieds des iraniens. 

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