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dimanche 13 novembre 2011

LA CULTURE FRANCAISE A L’HONNEUR EN ISRAËL





LA CULTURE FRANCAISE A L’HONNEUR EN ISRAËL

Par Jacques BENILLOUCHE

          

     Il faut avouer que nous n’y croyions pas au départ. Deux petites pièces de théâtre, écrites par une inconnue, Patricia Seknazi, et jouées par des comédiens amateurs, nous faisaient craindre une sorte de spectacle de kermesse de fin d’année scolaire. Pourtant, un auteur est né qui a su alterner l’humour et le sérieux, la futilité et la réflexion. La compagnie «Perles de vie» s’était déplacée de France pour le plus grand bonheur des francophones de Tel-Aviv et de Jérusalem. 
Il a fallu se rendre à l’évidence ; les salles de 400 personnes se sont avérées trop petites et de nombreuses personnes, qui s’étaient manifestées depuis Netanya et Ashdod, n’ont pas pu trouver de places. Le temps passait vite entre les répliques des acteurs et la réaction positive du public. Et même si le texte n’avait aucune prétention littéraire, nous avons eu cependant droit à quelques réflexions de Nietzche pour prouver que l’on peut rire en s’instruisant et que l’on peut s’instruire en se divertissant.
            Cette soirée a permis de tirer deux conclusions. La première, le bouche à oreille a bien fonctionné et le téléphone arabe, précisément juif cette fois, a été très efficace puisque les échanges mails relayés par le réseau francophone ont suffi à faire la promotion de deux soirées jouées à guichet fermé. A noter la présence remarquée de Gil Taïeb, candidat au poste de député français de la circonscription, venu encourager les amateurs.
            La seconde, la plus importante, montre que la culture française reste très présente dans les esprits de ceux qui ont fixé leur avenir en Israël et qu’il n’y a aucun antagonisme à penser français en devenant citoyen israélien. La culture française reste indispensable à l’épanouissement de ceux qui refusent d’effacer les années d’enseignement et d’éducation entreprises dans la langue de Molière. Les français tiennent à la garder, à l’entretenir, à la diffuser  et à la promouvoir. Il faut donc attendre des corps constitués, aussi bien français qu’israéliens, une volonté d’aider toutes les initiatives alors que les moyens mis actuellement sont faibles pour ne pas dire négligeables. La langue est avant tout un vecteur de paix et un moyen de communication qui efface les tensions et les conflits. 
            Les français d’Israël veulent lire et penser français quand ils se détendent mais ils veulent surtout que leurs enfants, qui baragouinent quelques mots de la langue maternelle de leurs parents, puissent acquérir les bases d’une langue magnifique sans pour autant renier leur nouvelle identité israélienne. Mais les bibliothèques françaises manquent, les livres restent chers et les lieux de culture française insuffisants.
            Il existe par ailleurs en Israël, oui en Israël, une dizaine de troupes de théâtre français amateur qui manquent de tout sauf de courage et de volonté. Certaines sont autonomes financièrement parce qu’elles n’hésitent pas à mettre la main à la poche et que les spectateurs ne rechignent pas à payer leur place pour vivre deux heures de passion culturelle française. Elles n’ont pas de vraies salles de répétition et elles se cantonnent dans des appartements qui enlèvent l’attrait d’un futur professionnalisme. Elles n’ont pas d’aide, non pas financière, mais médiatique pour toucher le maximum de spectateurs avides de se retrouver entre amoureux du français, pour entendre jouer les mots et danser le son des phrases.
            A voir ces centaines  de spectateurs se presser au théâtre, la preuve est faite qu’en mettant les pieds au bas de la passerelle en Israël, les nouveaux venus ne renoncent ni à leur passé et ni à leur avenir culturels et que même les plus nationalistes gardent la fibre française en dehors de toute contingence politique. Molière, Victor Hugo et Camus veulent rester présents en Israël. Mais il faut mettre les moyens.    

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