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jeudi 4 août 2011

ELECTIONS 2012 - INTERVIEW EXCLUSIVE DE GIL TAIEB



ELECTIONS 2012 -INTERVIEW EXCLUSIVE DE GIL TAIEB

par Jacques BENILLOUCHE

Vous pourrez écouter à la fin du texte de l'interview un extrait sonore des onze dernières minutes de l'entretien avec la conclusion de Gil Taieb.

La campagne électorale pour l’élection en 2012 d’un député à l’Assemblée Nationale française, représentant la huitième circonscription comprenant également l’Italie, Malte, Saint-Marin, le Saint-Siège, Chypre, la Grèce et la Turquie, a déjà débuté. Elle a été lancée sur fond d’invectives et d’insultes dans lequel le débat d’idées ne trouvait pas sa place. Pour permettre d’aider les électeurs à choisir leur meilleur candidat, il semblait nécessaire de donner la parole aux personnalités qui réclament nos suffrages.
Aujourd’hui, Gil Taïeb nous a reçus dans l’appartement de l’un de ses soutiens à Tel-Aviv, en présence de deux de ses conseillers, Emmanuelle Adda et Marc Aviv. Le docteur Gil Taïeb, chirurgien-dentiste, est président de l’ASI-ABSI-Keren Or (Association de Soutien à Israël – Association pour le Bien-être du Soldat Israélien) et vice-président du FSJU.

Jacques BENILLOUCHE : Vous êtes candidat à l’élection législative de 2012. La campagne semble avoir déjà commencé. Pourquoi selon vous a-t-elle commencé si tôt ?

Gil TAIEB : En ce qui me concerne, je n’ai pas encore commencé. J’installe mon équipe et je commence cette campagne avec à mon actif 20 ans d'actions sociales en faveur de la communauté juive de France et d’Israël. Je n’ai pas encore fait mes rassemblements de masse mais je vais travailler avec l’aide de mes comités locaux et de mes amis. Le maitre-mot de ma campagne sera la notion d’équipe. J’arpente le pays depuis vingt ans. Ma famille est liée à l’histoire de l’Etat d’Israël depuis des décennies puisqu’une grande partie est là depuis 1946 avant la création de l’Etat. Je voudrais préciser  que le président Sarkozy a procédé à un découpage en sa faveur en supprimant onze députés dont 8 de gauche, pour les remplacer par des représentants des français de l’étranger dont l’électorat lui est acquis. Mais l’avantage de cette élection réside dans le fait que les français d’Israël vont redécouvrir leur nationalité française. Ils vont reprendre le lien avec la terre de France qu’ils ont quittée. Ma campagne n’a pas commencé, elle s’installe…

JB : Mais elle a pris une tournure très désagréable avec des invectives et des insultes. Vous avez-vous-même été contraint à une mise au point sur Facebook. Mme Hoffenberg a d’ailleurs précisé qu’elle ne s’engagerait pas dans cette voie.

GT : Valérie Hoffenberg a pris la sage décision de ne pas entrer dans ce genre de débat. Philippe Karsenty, qui avait commencé de manière assez virulente, a pris conscience que cela n’était pas non plus dans l’éthique de ce que l’on voulait faire.  Moi j’ai seulement fait une mise au point sur une manipulation politique à laquelle je devais mettre un terme.  En ce qui nous concerne, nous nous bornerons à parler de ce que nous avons déjà fait et de ce que nous ferons. Mais on ne se construit pas au dépend des autres, on se construit par ce que l’on est et par ce que l’on fait.  

JB : Vous avez sauté un échelon politique classique dans une carrière d’un homme politique, celle de l’élection municipale qui introduit aux méandres de la politique. Elle permet de s’initier à la gestion d’une commune avant celle d’une circonscription. Vos adversaires pourraient soulever le handicap de n’avoir jamais eu la légitimité du suffrage universel.

GT : Ce sont des attaques qui sont faites par mes concurrents. Je suis celui des candidats qui possède le plus d’expérience politique car j’évolue dans le domaine associatif depuis vingt ans. J’agis dans le domaine politique, dans l’ombre. J’ai aidé des personnalités à devenir députés ou maires et tous ceux que j’ai aidés ont gagné alors qu’ils appartenaient à l’UMP et au PS parce que j’ai choisi des hommes et non des partis. Pour ceux qui se réclament d’une expérience politique, elle n’est que récente. Elle n’est pas le fruit d’un travail continu mais la conséquence d’une désignation ou d’une opportunité. Je suis le fondateur depuis 15 ans d’un des plus grands festivals parisiens : « On se bouge », le seul festival pluridisciplinaire à Paris soutenu par la ville, la région et le ministère de la culture. J’ai donc eu des contacts avec toutes les institutions politiques pour obtenir des subventions. L’important est que j’ai acquis sur le terrain les étapes que certains apprennent en s’asseyant dans un conseil municipal ou en étant nommé à certains postes pour service rendu. Je suis la personnalité la plus connue de la communauté juive de France.

JB : Vous êtes connu de la communauté française mais moins des français d’Israël. Vous êtes effectivement connu pour vos actions en faveur de Tsahal et des défavorisés en Israël. Or, il ne s’agit pas d’une élection communautaire mais d’une élection législative politique. Sur quelles bases allez-vous convaincre les français des autres pays de la circonscription de voter pour vous ?

GT : Il est vrai que mon action en Israël n’a pas été orientée vers les français. Mais aujourd’hui il y a une déception, par rapport aux promesses faites, qui tend à prouver que les grands partis ont déçu. Cela se concrétise en France par de nouveaux partis ou une ouverture vers la société civile. La problématique des français vivant à l’étranger est identique. Leur préoccupation reste du domaine social, économique, de l’éducation et de la sécurité. Mon équipe de professionnels me prépare des dossiers à ce sujet. Les français d’Israël pourraient avoir envie de s’exprimer par rapport aux partis politiques qui ne sont pas motivés pour avoir un siège de plus. Mais ils pourraient avoir envie de désigner un indépendant qui a une volonté, une force et une capacité de réalisations. Ils pourraient s’intéresser à l’homme qui a fourni plus de 400.000 paires de lunettes à des pauvres. D’ailleurs l’ambassadeur du Cameroun en Israël vient de me contacter pour faire, dans son pays, une opération lunettes parce que nous l’avions faite en Arménie et au Gabon. Ces officiels préfèrent se fier à ceux qui réalisent plutôt qu’à ceux qui promettent. Ce discours est donc audible dans les autres pays de la circonscription.   

JB : Je me dois de faire à présent un peu de mathématiques en me basant sur les résultats des élections présidentielles de 2007 pour lesquels les électeurs sont censés le plus voter.  En Israël on dénombre 33.000 inscrits sur 58.000 immatriculés au Consulat. Il n’y a eu que 6.300 votants (19%). Les autres pays ont totalisé 16.094 votants rendant ainsi le vote israélien négligeable. Donc cette élection risque de ne pas être décisive en Israël mais ailleurs.

GT : Je pense qu’il y a divergence entre nous. Je suis persuadé que les électeurs peuvent prendre conscience que ma victoire sera la leur et donc je les invite à partager ce combat. Nous gagnerons s’ils passent déjà 30% de votants. Par cette élection, les français d’Israël  vont retrouver leurs droits de binationaux. Ils doivent donc s’inscrire avant le 31 décembre 2011 sur les listes électorales car l’immatriculation ne suffit pas. Je pense qu’avec les réunions que nous organisons sur le terrain, nous sommes en train de sensibiliser les français. Certains sont convaincus que ces élections les intéressent plus que l’élection présidentielle à laquelle ils n’ont pas participé. Je pense que les partis politiques, UMP ou PS n’ont aucun intérêt à voir la voix des français d’Israël s’exprimer bien qu’ils aient ciblé le vote juif en désignant des candidats juifs.

JB : On se retrouve dans la malédiction des élections juives où plusieurs candidats se combattent au lieu de s’unir. Trois listes de francophones à Ashdod  et trois Netanya pour un résultat nul puisqu’il n’y a pas de conseiller municipal francophone élu. C’est le cas pour cette élection législative où nous avons quatre candidats, de valeur, dont le vote va être émietté. La liste des candidatures n’est pas définitivement close. En agissant en tant qu’électron libre, vous avez certes une indépendance vis-à-vis des partis mais une fois élu, vous siègerez aux non-inscrits avec un temps de parole très limité. Vous risquez aussi d’avoir du mal à cosigner et faire accepter des projets de lois par le bureau de l’Assemblée.

GT : Le travail à l’Assemblée se fait dans les commissions et tout parlementaire peut avoir accès aux commissions. Je choisirai la commission des affaires étrangères mais je peux siéger dans autant de commissions que je veux. Dans les commissions, chaque voix compte. En revanche je n’ai pas à me plier à une discipline de vote imposé par le parti.

JB : Quelle est votre sensibilité politique personnelle ?

GT : Je suis plutôt au centre car le volet social est pour moi essentiel. Je me sens évidemment en accord avec les prises de position de Claude Goasguen concernant Israël plutôt qu'avec une frange de plus en plus importante de la Gauche qui tend à pactiser avec les antis israéliens. J'écoute avec attention les propos de Jean-Louis Borloo. Mais j'ai des amis tant à droite qu'à gauche avec lesquels je partage beaucoup de valeurs humanistes'.

JB : Comment allez-vous financer votre campagne ?

GT : La république organise le financement des campagnes.

JB : A condition que vous fassiez plus de 5% des voix. Mais au départ, vous devez faire l’avance de votre poche, rôle qui est d’ordinaire dévolu aux partis. 

GT : Nous sommes logés à la même enseigne puisque nous avons un plafond de dépenses de 58.000 euros, hors frais de déplacement. Je dispose déjà de cette somme grâce aux dons individuels, déductibles à 70% des impôts contre remise d’un reçu CERFA, en provenance d’amis fidèles. J’ai déjà transmis à la Préfecture le nom de mon mandataire financier.

JB : Venons à présent aux détails de votre programme. Quelles sont les trois mesures significatives que vous prendrez si vous êtes élu ?

GT : Je me battrai contre le projet de retrait de la double-nationalité initié par mon ami Claude Goasguen et relancé par Jean-François Copé car les expatriés qui ont décidé de s’installer en Israël veulent vivre pleinement leur citoyenneté israélienne.

JB : Qu’apporte la nationalité française à ceux qui immigrent alors que certains, les religieux des implantations en particulier, estiment que pour eux la France n’existe plus dès qu’ils mettent le pied  au bas de l’avion ?

GT : Je les revois après leur arrivée et nous soulevons ensemble les problématiques de bourses d’étudiants et de santé. Nous avons dans mon équipe des experts des problèmes sociaux et des problèmes des retraites. Certains retraités veulent entrer en maison de retraite or, en France une loi existe qui permet une participation de l’Etat aux frais en fonction des revenus. J’estime qu’un français vivant en Israël doit avoir le droit à ces aides. De même un français qui a droit à une bourse en France devrait en bénéficier en Israël s’il souhaite y poursuivre ses études au même titre qu’aux Etats-Unis ou à Londres. Je veux dire aux français que le gouvernement a créé cette circonscription pour leur permettre de redevenir des citoyens français au même titre que ceux qui vivent dans la Creuse. Les jeunes qui choisissent des études françaises en Israël doivent avoir une aide de l’Etat français. Par ailleurs, les retraités à qui on prélève en France des cotisations pour la sécurité sociale ne bénéficient d’aucune couverture automatique en Israël. Mon rôle sera de faciliter ce droit mais il faut que les français se mobilisent car ma victoire sera la leur. Ma voix en France est écoutée. Je suis intervenu auprès de Martine Aubry lorsqu’une délégation de Lille devait se rendre à Safed, ville jumelée. Cette délégation avait prôné dans « la voix du Nord » de geler les relations entre les villes. J’ai obtenu l’annulation de la visite tant que des mises au point officielles n’ont pas été publiées. A l’occasion de cette élection j’ai aussi l’intention d’influer sur les élections locales pour pousser les francophones à se rassembler pour peser sur la politique des villes en faisant élire des conseillers municipaux. Si je suis élu, j’essayerais d’influencer la politique israélienne vis-à-vis des immigrés français. Je veux réveiller les francophones d’Israël pour leur faire comprendre qu’ils peuvent exister en tant qu’entité. Je veux aussi agir contre la ségrégation réelle qui existe en Israël et en particulier à l’Agence Juive, plus sensible aux thèses russes.

JB : Quels sont vos relais en Israël ?

GT : J’ai des lettres de soutien à ma candidature de plus de 25 maires de villes israéliennes de toutes les tendances politiques parce que cela fait 20 ans que je suis auprès d’eux. Tous mes concurrents sont exceptionnels mais j’étais seul en 2006 au Liban-sud. J’étais seul à Gaza en 2009. J’étais seul pendant les « raisins de la colère ». Je n’ai pas vu mes collègues. Mon comité de soutien comprendra les anciens ambassadeurs : Avi Pazner, Nissim Zuili Daniel Gal et Daniel Shek parce que tous les grandes manifestations de France ont été organisées par mes soins.

JB : De quelle tendance êtes-vous en Israël ?

GT : Je me suis intéressé à la naissance du parti Kadima du temps d'Ariel Sharon mais aujourd'hui, depuis que Sharon n'ai plus là, je n'ai pas de choix précis. J'ai comme vous le savez des amis très proches tant à Kadima qu'au Likoud.

JB : Dernière question plus compliquée. Je pense que cette élection préfigure l’élection présidentielle qui se jouera à peu de voix. Nicolas Sarkozy veut utiliser les voix de l’étranger qui s’étaient toutes portées sur lui en 2007. Mais il me semble que la candidate officielle de la France d’aujourd’hui, désignée par le président français, semble être Valérie Hoffenberg. Elle est en première ligne avec tous les officiels et dans les principales manifestations. Le 14 juillet, elle était sur le podium avec l’Ambassadeur de France en Israël, Christophe Bigot. De plus elle a une légitimité en siégeant au Quai d’Orsay. Cette désignation ne diminue t-elle pas vos chances d’être élu face à la candidate officielle ?

GT : Cela voudrait dire que les français d’Israël sont tous derrière Sarkozy ?

JB : Ils l’ont été puisqu’ils ont voté à plus de 84% pour lui en 2007.

GT : Je n’en suis plus sûr aujourd’hui. Il est vrai que cette élection a été construite pour assurer l’élection de 11 députés UMP. Mais je pense que la spécificité de cette zone qui comprend Israël peut faire entendre une autre voix et peut démontrer que nous ne sommes pas des béni-oui-oui. L’amour de Sarkozy hier comme la détestation de Martine Aubry aujourd’hui, peut changer le résultat. J’avais demandé au CRIF de ne plus inviter le président au diner annuel car l’an dernier il avait divisé Jérusalem et cette année il nous demande de rendre le Golan. L’an prochain il risque de réclamer la plage de Gordon à Tel-Aviv. On n’a plus besoin d’avoir un allié aussi fidèle. Vous savez qu’Israël a comme amis des futurs présidents ou des futurs ministres. La parole de Sarkozy n’est plus entendue comme par le passé. Si nous passons de 6.000 à 20.000 votants mes chances seront accrues. Mon choix est clair, je serai toujours aux côtés d’Israël et relativement à cette position j’attaquerais demain un élu de gauche ou de droite s’il attaque mes convictions et je n’hésiterais pas à le dénoncer.

Nous laissons Gil Taieb faire la conclusion vocale de cette interview.



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