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vendredi 1 juillet 2011

GESTICULATIONS MILITAIRES IRANIENNES



GESTICULATIONS MILITAIRES IRANIENNES

Par Jacques BENILLOUCHE
Missile iranien Fateh-110


Les Gardiens de la Révolution ont montré à la télévision des installations souterraines de rampes de lancement de missiles de longue portée. Ils ont dévoilé avec ostentation des missiles sol-sol Shihab-3 capables d’atteindre des cibles distantes de 2.000 kms en menaçant « qu’ils pourraient atteindre n’importe quel point en Israël et aussi des bases américaines stationnées au Moyen-Orient ».

Opération médiatique

Ces manœuvres, en rapport avec l’exercice lancé le 27 juin baptisé « Grand prophète Mohammed 6 » d’une durée de dix jours, ont pour but de soutenir le régime syrien et de contrer une éventuelle intervention militaire turque qui se dessine depuis l’afflux de réfugiés syriens aux frontières. Les Etats-Unis ont assuré la Turquie d’une couverture aérienne et navale en cas d’attaque iranienne. Les israéliens ont anticipé la menace en installant leurs nouvelles batteries d’interception de missiles « Dôme defer » au nord du pays.
Des navires de guerre et des sous-marins iraniens, déployés en Mer Rouge, suivent à la trace les deux porte-avions USS Enterprise et l’USS George H. Bush qui ont traversé Bal-El-Mandeb le 21 juin. L’Enterprise était en route vers la Mer Méditerranée en provenance du Golfe Persique après un passage par le Canal de Suez tandis que le George H. Bush, avec ses 9.000 hommes d’équipage et ses 70 chasseurs-bombardiers, prenait le chemin inverse en se dirigeant vers le Golfe Persique. 
Les iraniens avaient par ailleurs détecté la présence, face au Bahreïn et au large de leurs côtes, d’un sous-marin d’attaque à propulsion nucléaire l’USS Bremerton. Les inquiétudes des autorités iraniennes, devant ces mouvements anormaux de navires de guerre, les ont poussés à déclencher opportunément cet exercice afin de transmettre un message clair à destination des américains et des turcs.
Les iraniens veulent prouver, par cette démonstration, leur capacité à envisager des représailles contre des objectifs turcs ou américains en cas d’attaque de l’OTAN contre la Syrie. L’Iran cherche par ailleurs à mobiliser ses propres forces combattantes et ses milices  à travers tout le pays pour repousser une éventuelle offensive américaine consécutive à une attaque de missiles iraniens.

Menaces iraniennes précises

Le commandant des forces des Gardiens de la Révolution, le général Amir-Ali Hadjizadeh, a expliqué que cet exercice répondait à la « présence militaire croissante des Etats-Unis dans la région »  en précisant avec fierté  « que toutes les technologies présentées sont de fabrication iranienne », en particulier le Saijil-2 d’une portée de 2.000 kms ainsi que la version améliorée du Fateh 110 livrée à la Syrie et au Hezbollah qui risque d’être utilisée contre Israël.
Durant la deuxième journée des manœuvres, l’Iran a voulu marquer les esprits en testant le tir simultané de 14 missiles balistiques de type Ghadr, Zelzal, Shahab-1 et Shahab-2, sur une cible unique. Le général iranien a ainsi souligné « que des missiles iraniens pouvaient viser les bases américaines en Afghanistan ».  C’est la première fois que les iraniens s’en prennent nommément aux américains mais les israéliens ne sont pas oubliés puisque selon lui « nous ne ressentons pas de menace d’un autre pays ». En précisant que les missiles iraniens « sont dirigés vers des cibles américaines dans la région et vers le régime sioniste », l’Iran cherche par ailleurs à rassurer les européens.
Les israéliens ne prennent pas la menace à la légère car leurs services de renseignements confirment que les usines iraniennes travaillent sur trois nouveaux missiles.    Le Ghadr, qui est une version améliorée du missile à carburant liquide Shahab-3 issu du missile nord-coréen No-Dong, est capable d’atteindre Israël. Le Shahab-4 vise des cibles à 4.000 kms et le Sejiil à 2.500 kms. Des informations confirmées font état du développement de missiles intercontinentaux Shahab-5 (5.000 kms) et Shahab-6 (10.000 kms) mettant les Etats-Unis à portée des militaires iraniens. Il pourrait d’agir d’informations vivant à intoxiquer les médias mais la menace reste réelle.
L’industrie iranienne a fait de grands progrès en quelques mois puisqu’une fusée Kavoshgar-5 est programmée pour envoyer un singe dans l’espace ce qui confirme l’état d’avancement des techniques iraniennes. Le lancement éventuel de cette fusée prouve dorénavant la capacité des iraniens à tirer un missile doté d’armes nucléaires.
Les services de renseignements attirent l’attention des dirigeants israéliens sur la réalité de la percée technologique iranienne qui semble sous-estimée à ce jour. L’ancien chef des renseignements militaires, le général Amos Yadlin, a déclaré que la seule menace à l'existence d'Israël en 2011 et pour les prochaines années provient de Téhéran, si l'Iran devient une puissance nucléaire militaire : « la nucléarisation de l'Iran entraînera la nucléarisation d'autres pays du Proche-Orient. Un Iran au potentiel nucléaire sera bien plus agressif. J'estime que le processus de paix israélo-palestinien sera encore beaucoup plus compliqué lorsque l'Iran détiendra l'arme nucléaire ».
 Le Neue Zeürker Zeitung et le New-York Times ont annoncé qu’Israël débattait d’une éventuelle guerre contre l’Iran avant septembre. Le quotidien israélien Haaretz a précisé le 1er juin que le nouvel Etat-Major de sécurité de Barack Obama, qui serait constitué après le départ de Gates et de Mullen, pourrait approuver une attaque contre l’Iran. « Entre la fin juin avec le départ de Gates et la fin septembre avec le départ de Mullen, le risque est grand que Netanyahou et Barak cherchent à créer la surprise en Iran, en particulier parce que cela détournerait l’attention de la question palestinienne ».
L’été risque donc d’être chaud au Moyen-Orient.

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