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dimanche 29 mai 2011

L’IRAN ET LA SYRIE POUSSENT LA TURQUIE A UNE REVISION POLITIQUE




L’IRAN ET LA SYRIE POUSSENT LA TURQUIE A UNE REVISION POLITIQUE

Par Jacques BENILLOUCHE

                

           
 
Les révolutions dans les pays arabes, les troubles persistants en Syrie et l’accord de réunification Fatah-Hamas ouvrent la voie à une redistribution des cartes politiques au Proche-Orient. Le leadership arabe souffre de l’absence d’un dirigeant charismatique capable de remplacer un Hosni Moubarak qui avait à la fois les faveurs des occidentaux et celles de l’ensemble des pays arabes. La région est en pleine effervescence car son équilibre passe par l’émergence d’une stature internationale incontestée. L’Iran se trouve confronté aux aléas des révolutions qui secouent la région tandis que la Turquie, qui avait investi dans une stratégie pro-arabe, réfléchit à reconsidérer son choix politique face à Israël. 

Attentats non revendiqués

            Les opposants locaux au régime iranien font preuve d’audace puisque, délaissant les manifestations interdites dans les rue de Téhéran, ils organisent attentats et sabotage. Ahmadinejad a été l’objet d’une tentative d’assassinat le 24 mai 2011 à l’occasion de la visite de l’une des principales raffineries à Abadan. Une explosion, qui a fait un mort et 25 blessés, a été attribuée à une fuite de gaz ou à une défaillance technique mais les autorités iraniennes réfutent toute hypothèse d’attentat.  Une même dénégation avait été enregistrée lors de la tentative du 4 août 2010 lorsque le cortège présidentiel avec été pris sous le feu d’une grenade. Il semble confirmé que l’explosion du 24 mai est due à une action d’opposants cherchant à déstabiliser le régime car de nombreux indices concordants apportent crédit à cette thèse.
Ahmadinejad se trouve au centre de querelles qui l’opposent aux Gardiens de la Révolution suite à son conflit sur le partage du pouvoir avec le guide suprême, l’Ayatollah Ali Khamenei. Les partisans de l’ayatollah lui reprochent d’avoir violé le premier commandement de la République islamique qui impose l’obéissance totale au Guide iranien.  Ils l’accusent même de comploter pour le renverser et tiennent donc à le prendre de vitesse.
            Par ailleurs, certains veulent y voir l’action de services étrangers, le Mossad en particulier, qui veulent déstabiliser le régime en aidant une opposition à devenir active en Iran. L’élimination de scientifiques impliqués dans le programme nucléaire et la pollution des réseaux informatiques à l’aide du virus Stuxnet avaient déjà été attribuées à des mains étrangères.
Les raisons de ces attentats ont d’autres origines politiques et ethniques. La ville d’Abadan se trouve sur le Chatt El-Arab près de la frontière irakienne. Des agents infiltrés d’Arabie Saoudite et du Golfe tentent, dans cette région du Khuzestan, d’exploiter le mécontentement des arabes iraniens qui militent dans des mouvements de libération.  Des informations font état de manifestations de la minorité arabe à Ahvaz qui aurait fait des dizaines de morts en avril selon l’organisation Human Rights Watch. Les autorités iraniennes ont annoncé par ailleurs, le 21 avril, l’arrestation de huit membres du groupe Khalq-e arab (Le peuple arabe) , accusés d'une attaque armée qui aurait fait trois morts le 15 avril à Ahvaz. Le roi Abdallah d’Arabie a ainsi décidé de se substituer aux américains pour contrer l’expansionnisme iranien en favorisant des émeutes contre Ahmadinejad.   

Changement de stratégie turque

Les troubles en Iran et en Syrie inquiètent la Turquie qui réalise que son choix de se rapprocher des pays arabes pour en prendre le leadership n’était pas très judicieux. Des sources de renseignements font état d’instructions secrètes données par le premier ministre turc, Tayyip Erdogan, de réduire les liens avec Damas ce qui aurait pour effet de réchauffer ceux avec Israël. Il est passé aux actes en autorisant l’opposition syrienne à organiser une réunion à Anatalia, du 31 mai au 2 juin, pour développer les moyens d’aider la révolution populaire afin de renverser le régime de Bassar El-Assad.
De hauts dirigeants turcs cherchent à expliquer ce retournement de situation par leur refus de « soutenir un régime qui tue des civils musulmans dans la rue.  La Turquie est une démocratie musulmane qui ne doit pas soutenir des dictateurs qui assassinent leurs citoyens. » Le changement de stratégie a pris plusieurs formes.
Les turcs ne s’estiment pas liés par les sanctions financières de l’Union Européenne contre la Syrie mais ils ont conseillé à Bassar El-Assad de ne pas fouler le territoire turc. Ils ont menacé le régime syrien de mesures radicales s’il continuait à réprimer les kurdes du nord de la Syrie car les répercussions sont grandes au sein des kurdes du sud de la Turquie. Ils s’inquiètent ainsi de la contamination qui pourrait se propager dans une grande partie de leur pays. Enfin Erdogan a donné l’ordre de suspendre tous les entretiens téléphonés quotidiens avec Bassar El-Assad tant qu’il n’a pas réglé le problème de la révolte de son peuple.
Cette mise à l’index du régime syrien fait perdre à Bassar El-Assad les informations fondamentales sur l’opposition syrienne, transmises par les services de renseignement turcs, après l’ordre qui a été donné à Fidan Hakan , le chef turc des services de renseignements, de cesser ses voyages à Damas. La Turquie ne veut pas être accusée de manifester une quelconque solidarité avec son ancien allié, la Syrie. Elle cherche à présent à retisser les liens distendus avec l’Etat juif. Par ailleurs, l'aide massive de l'Iran qui fournit armes et conseillers pour briser la révolte syrienne crée un malaise parmi les dirigeants turcs.
Des informations concordantes font état d’un possible revirement turc vis-à-vis d’Israël  qui prendrait la forme d’une opposition à une nouvelle flottille prévue en juin pour briser le blocus de Gaza. Quinze navires ont été affrétés avec à leur tête le Marmara Mavi qui a subi l’attaque israélienne ayant fait neufs morts dans les rangs turcs. Il semble qu’en geste de bonne volonté le premier ministre ait décidé d’interdire  la participation turque à cette flottille. Il veut aussi prévenir toute intention de la Syrie de contrer sa révolution en prenant prétexte d’attaquer le nord d’Israël pour consolider la solidarité syro-turque.
Le Proche et Moyen-Orient sont à la veille de changements importants qui pourraient consolider la position israélienne et celle de son premier ministre, Benjamin Netanyahou.

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