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lundi 23 mai 2011

BILLET D’HUMEUR : ISRAEL OUBLIE DE LA FRANCOPHONIE




BILLET D’HUMEUR : ISRAEL OUBLIE DE LA FRANCOPHONIE

Par Jacques BENILLOUCHE

            

              L’ancien premier ministre, Jean-Pierre Raffarin s’est déplacé au Liban le 22 mai 2011 pour, selon les communiqués officiels, plaider la cause de la francophonie dans le cadre d’entretiens sur l’espace culturel et francophone. Il a été reçu par Khalil Karam, représentant personnel du président libanais auprès de l’OIF (Organisation Internationale de la Francophonie). 

                Une anomalie persiste au sein de cette organisation, qui se veut culturelle, puisque Israël, malgré ses 10% de francophones, est exclu de l’OIF en raison de l’opposition ferme du Liban qui refuse que l’Etat juif soit accepté comme membre. Les centaines de milliers d’originaires des colonies françaises et des pays de l’Est, amoureux du français, sont les otages de l’intransigeance de certains pays arabes qui privilégient la politique. Pourtant  le secrétaire de l’OIF, Abdou Diouf, avait estimé, à juste titre, que la « langue française appartient à ceux qui ont choisi de la féconder aux accents de leurs cultures, de leurs imaginaires, de leurs talents ». Mais cette volonté de mêler la politique à la culture ne s’explique pas et rien n’est fait par l’Organisation pour considérer que la défense et la diffusion des textes de Zola, Camus, Balzac ou Victor Hugo doivent s’élever au dessus des intérêts politiques des dirigeants. La culture est un espace de liberté et de paix où les amoureux des textes, des mots et des phrases bien faites devraient se retrouver dans le seul combat pour la défense du talent et de la liberté de penser et d’écrire.

                La frilosité des dirigeants français, qui modifient des pans entiers de constitutions et qui refusent d’amender les statuts pour éviter le véto d’un seul pays à admettre un nouveau membre en son sein, ne se justifie pas. Il ne semble pas que l’ancien premier-ministre ait abordé le problème de la mise à l’écart d’Israël alors qu’il animait justement au Liban un débat sur le thème : « Francophonie et monde arabe ». Son prestige aurait pu être mis au service de la seule culture française pour corriger l’inanité de l’absence d’un pays où la langue française croit avec l’apport des juifs de France. 

Et pourtant les organisateurs de cette rencontre libanaise sont conscients de l’impérialisme de la langue anglaise. Ils assurent de l'importance de ce thème à une époque où l'espace francophone s'appauvrit, en qualité, et se rétrécit du fait de la concurrence de l'anglais. « Certes, disent-ils, une certaine opinion se rassure en affirmant que la francophonie a encore de beaux jours devant elle, et qu'il existe une élite qui maintient vivant l'amour de cette langue. Est-ce une raison pour négliger de prendre les mesures nécessaires pour maintenir la tradition francophone vivante et pour la valoriser par tous les moyens possibles ? ».

                Une simple mesure pourrait pourtant être décidée pour « maintenir la tradition francophone ». Il suffirait « d’annexer » le demi-million d’israéliens amoureux  d’une langue qui doit s’élever au dessus de toute contingence politique. Le vice-président du Sénat n’a pas jugé utile de « heurter » ses hôtes en soulevant le problème d’un voisin oublié.

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