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mardi 5 avril 2011

L’AFFAIRE GOLDSTONE ENTERINE LE DISCREDIT DE L’ONU


L’AFFAIRE GOLDSTONE ENTERINE LE DISCREDIT DE L’ONU

Par Jacques BENILLOUCHE

            L’ONU a toujours représenté la bête noire d’Israël puisque l’influence des pays à pétrodollars régissait le comportement de la majorité de ses membres. A l’exception de la résolution 181 du 29 novembre 1947 portant sur la création de l’Etat, Israël ne trouvait jamais grâce parmi les pays du globe qui jugeaient toujours les actes juifs de manière strictement partielle et négative. L’Onu a certes manifesté quelques réactions d’assentiment devant les premiers gestes de désengagement, du Liban et de Gaza, approuvés alors par la majorité de ses membres mais la condamnation reprenait vite le pas sur les éloges.



Eclaircie fugitive



Après la signature des accords d’Oslo en 1993, l’Assemblée Générale vota, à une très forte majorité, son soutien sans réserve pour les progrès du processus de paix. De même, le controversé secrétaire général Kofi Annan suggéra après le retrait de Ehud Barak du Liban en 2000 « un développement des relations entre Israël et les Nation Unies ». Bien sûr le désengagement de Gaza en 2005 auréolait Ariel Sharon, devenu soudain persona grata parmi les Grands qui acceptaient enfin de se montrer ouvertement à ses côtés à telle enseigne que le New York Times qualifiait Israël de « nouveau chouchou des Nations Unis ».

            Le Premier Ministre prononça le 15 septembre 2005, dans une enceinte qui résonnait encore des multiples résolutions condamnant systématiquement Israël, un discours devant des délégations arabes qui, cette fois, ne s’évaporaient pas dans les couloirs de l’ONU parce qu’un Israélien parlait à la tribune. L’Ambassadeur Dan Gillerman avait d’ailleurs précisé que « ces événements n'auraient pas pu se produire ne serait-ce que deux ans plus tôt ».  Cette ambiance euphorique permit, pour la première fois dans l’histoire du pays,  à un diplomate israélien d’être élu au poste de Vice Président de l’Assemblée Générale des Nations unies dans un « moment historique » Israël.

            Mais les bons sentiments à l’égard de l’Etat Juif furent de courte durée puisque l’Assemblée Générale repris, par ses résolutions « unanimes », ses habitudes de blâmer, de critiquer et d’accuser Israël à chaque occasion qui se présentait. Réclamant sans cesse le retrait des territoires conquis en 1967, les délégués n’ont eu que des mots durs pour stigmatiser les comportements israéliens.

Dans ses mémoires d’ambassadeur à l’ONU, Yehuda Lancry constatait que les gesticulations pacifiques et la volonté d’Israël de prôner une politique d’apaisement ne rencontraient jamais, en face, une acceptation réelle pour promouvoir la paix. En fin politique, Winston Churchill affirmait en 1940 qu'« un conciliateur est quelqu'un qui nourrit un crocodile en espérant qu'il sera le dernier à être mangé » mais le crocodile Nations-Unies semble avoir un gros appétit car les « douloureuses concessions » d’Israël  ne suffisaient pas à remplir son estomac. Les pacifistes israéliens ont ainsi été convaincus que la guerre ne pourra se gagner que par des victoires militaires plutôt que par des retraits territoriaux.

Rapport Goldstone

L’opération « plomb durci » de décembre 2008  avait poussé le Conseil des droits de l'Homme à appuyer la résolution inspirée par les palestiniens. En approuvant par 25 voix pour, 6 contre et 11 abstentions le rapport Goldstone dénonçant les « crimes de guerre » commis par Israël lors de la guerre de Gaza de 2009, le Conseil avait pris le risque d’isoler encore plus l’Etat juif et de le radicaliser face au processus de paix moribond. Aucune surprise n’était attendue de ce vote puisque les 47 Etats composant ce Conseil, élus par l’Assemblée Générale, englobent les pays arabes, ceux de l'Organisation de la conférence islamique (OCI) et certains pays africains, tous en majorité hostiles à l’Etat juif.

Le Premier ministre israélien, Binyamin Netanyahou, avait alors prévenu qu’un vote de condamnation serait interprété comme « une récompense et un encouragement au terrorisme en même temps qu'un coup dur porté au processus de paix ». Les seuls à se frotter les mains furent les militants nationalistes qui voyaient s’éloigner avec jubilation les prémices d’une paix négociée.

 Les Israéliens n'ont pas apprécié le silence des délégués devant le rapport de l'ONU sur la guerre à Gaza qu'ils jugeaient clairement antisémite. Pour eux, les rédacteurs du rapport Goldstone avaient utilisé deux stylos. L'un pour le Hamas et l'autre pour Israël. L’accusation fondamentale reposait sur la notion d'intention qui n'est pas sans rappeler la vulgate historique antisémite, les juifs étant l'incarnation du mal. Ainsi, Israël avait commis des meurtres en ciblant « intentionnellement » des civils innocents, des hôpitaux et des centres de l'ONU dans une action planifiée au plus haut niveau de l'Etat. En revanche, les actions du Hamas n'avaient rien d'intentionnelles quand ses combattants s'habillaient de vêtements civils pour envoyer des roquettes et des obus de mortier à destination des villes du sud d'Israël à partir de zones densément peuplées et quand des populations arabes servaient de boucliers humains, selon les propres termes du rapport.

Les israéliens qualifiaient le rapport et la commission d’enquête très partiaux alors les évènements d’aujourd’hui leur donnent raison. Dans un article publié par le Washington Post, le juge Goldstone a reconnu le 1er avril 2011 que son rapport aurait été « un document différent aujourd'hui... Il va sans dire que les crimes qu’on dit commis par le Hamas ont été intentionnels - ses roquettes ont délibérément et sans discrimination visé des cibles civiles ».

Dans la foulée de leurs critiques contre l’ONU, les israéliens relèvent qu’ils s’étaient aussi élevés contre l’élection de la Libye, le 13 mai 2010, au Conseil des droits de l'homme de l'ONU. Ils ne comprenaient alors le cheminement logique qui a conduit des diplomates à choisir l’un des pires pays qui bafouait les droits des citoyens. Cette décision démontrait l’aveuglement politique de certains dirigeants qui n’ont pas cherché de morale dans une politique pervertie au nom de l’intérêt économique ou, tout simplement, au nom d’une solidarité qui ne fait pas honneur à la conscience humaine. Et pourtant, les gouvernements israéliens n’ont jamais cessé de répéter que le régime libyen était « une des tyrannies les plus brutales et les plus anciennes ». Aujourd’hui encore, l’actualité leur donne raison.

La volte-face sur le rapport Goldstone démontre aux yeux des israéliens que l’ONU reste volontairement aveugle et sourde face à leurs arguments, en raison de la propension de certains pays à se courber devant la puissance pétrolière et à s’asseoir sur des principes systématiquement bafoués. Les faits ayant appuyé leurs thèses, les israéliens espèrent à présent retrouver leur place entière dans le concert des Nations, dans l’intérêt d’ailleurs de tout projet pacifique.




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