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vendredi 8 avril 2011

ISRAEL TENTE DE NEUTRALISER LES ISLAMISTES



ISRAEL TENTE DE NEUTRALISER LES ISLAMISTES

Par Jacques BENILLOUCHE
            
Bien que les évènements de Libye soient loin de ses frontières, Israël suit avec intérêt l’évolution de la situation dans la partie contrôlée par les insurgés qui ont reçu le renfort de nombreux islamistes libérés par le colonel Kadhafi pour atténuer la pression contre son régime. Le risque islamiste est sérieux dans la région et il a été confirmé par le vice-ministre des affaires étrangères, Khaled Kaïm, à l’occasion d’une réunion avec les ambassadeurs de l’Union européenne. Selon lui, il est fortement acquis qu’Al-Qaeda a installé un émirat islamique à Derna, dans l’Est de la Libye.

Le soutien de l’Aqmi

Le gouvernement libyen avait organisé la répression contre les islamistes réunis au sein du Groupe Islamique Combattant en Libye (GICL) et du Mouvement islamique des Martyrs qui se cachaient dans les massifs montagneux du Djebel Al-Akhdar. Soumis à d’intenses bombardements par les forces du colonel Kadhafi, ces groupements ont rejoint Al-Qaeda officiellement en 2007 pour intervenir au cœur du combat politique en réussissant à internationaliser le combat au nom de l’islam.
            L’Aqmi a officiellement apporté son soutien aux émeutiers libyens dans l’insurrection contre le régime libyen au point où les occidentaux craignent actuellement l’avènement d’une situation incontrôlable comme en Afghanistan. Le colonel Kadhafi avait effectivement annoncé qu’il combattait avant tout Al-Qaeda mais on avait jugé que sa déclaration était une sorte de diversion. Or il semble à présent qu’il y avait une certaine réalité dans cette menace.  
Dans ce chaos généralisé, Israël craignait que les islamistes s’emparent de matériels militaires sensibles comme les missiles portables anti-aériens Manpad Sa-7. Ses services de renseignements ainsi que les services de sécurité maliens ont confirmé ces craintes : « Aqmi a profité de la situation pour se procurer des armes lourdes qui ont été transportées dans la zone sahélienne ». Cette inquiétude est partagée par les algériens puisque le ministre délégué chargé des Affaires maghrébines et africaines, Abdelkader Messahel, estime que l'Aqmi pourrait « s'accaparer un armement lourd et sophistiqué de nature à mettre en péril la sécurité dans cette région et bien au-delà ». Le risque était grand de voir l’Aqmi s’équiper de ce matériel pour devenir une véritable armée qui apporterait son soutien au terrorisme.  
Israël observait l’émergence de ces nébuleuses islamiques comme un danger potentiel pour sa propre sécurité. Le Daily Telegraph avait d’ailleurs annoncé que des militants islamistes recrutés à Derna par un certain Abdel Halkim al-Hasadi combattaient dans les rangs des rebelles à Ajdabiya. Leur capacité à détourner l’objectif de la rébellion était mesurée aux actions étrangères au combat contre le régime libyen.

Armes de destruction massive

            Les services de renseignement israéliens ont révélé que les insurgés avaient réussi à s’emparer des installations militaires libyennes et des stocks d’armement qu’ils contenaient. Mais l’attention était portée sur les armes non conventionnelles. Les rebelles ont accepté en effet de vendre au Hezbollah et au Hamas, pour plusieurs millions de dollars, des milliers d’obus chimiques constitués de gaz moutarde et de gaz neurotoxique. Avec leurs moyens électroniques et satellitaires, les israéliens suivent à la trace les convois de ces armements spécifiques, escortés par des militants islamistes venus directement du Liban pour conduire leur chargement dans une première étape au Soudan avant la destination finale du Liban et de Gaza.
            Les israéliens s’inquiètent de l’usage qui pourrait être fait de ces bombes chimiques à leurs frontières d’autant plus que le Hezbollah vient d’acquérir des drones fournis par l’Iran. Des envoyés iraniens ont participé à une réunion secrète à Benghazi avec les chefs rebelles, la plupart issus de l’armée régulière, pour négocier et chiffrer le transfert de ces armes de destruction vers leurs alliés. Ces informations ont été corroborées par l’amiral américain commandant suprême des forces alliées en Europe, James Stavridis, qui a annoncé le 29 mars devant le Sénat américain qu’il avait détecté « des signes révélateurs de la présence d’insurgés islamiques dirigés par Al-Qaeda et le Hezbollah aux côtés des rebelles libyens ».
            Il est fort improbable que les militaires israéliens permettent à un armement de destruction massive de parvenir à destination. Un missile lancé par un drone non identifié en provenance de la mer Rouge, le 5 avril,  a détruit un véhicule Hyundai en tuant ses deux passagers à Kalanaeeb, au sud de port Saïd. Il visait des représentants du Hamas, basés au quartier général des Gardiens de la Révolution à Port Soudan. Ils étaient chargés de la transaction de la cargaison d’obus chimiques à destination du Hezbollah et de la bande de Gaza. Le Soudan, qui négocie la suspension des sanctions à son encontre et son retrait de la liste des pays soutenant le terrorisme craint que Washington utilise cet incident pour renoncer à l’inclure dans les pays fréquentables.
Le porte-parole du ministère des affaires étrangères, Igal Palmor, a refusé de commenter cette action attribuée à Israël par le ministre soudanais Ali Karti : «  Il s’agit absolument d’une attaque israélienne ». Des raids similaires avaient déjà eu lieu en 2009 au Soudan contre des convois d'armes à destination du mouvement islamiste Hamas, et ils avaient aussi été attribués à Tsahal.
Selon des sources arabes, le raid aérien pourrait avoir été effectué sur la foi d'informations fournies par l'ingénieur du Hamas, Dirar Abou Sissi, actuellement détenu en Israël et suspecté d'être le « père des Quassam ». Un missile a touché le véhicule dans lequel se trouvaient un haut militaire iranien et le responsable de l'armement de la branche armée du Hamas et successeur d'Al Mabhouh, lui-même éliminé à Dubaï l'année dernière.
En Israël, tous les journalistes sont convaincus que l’Etat d’Israël est derrière cette dernière action grâce aux fuites qui sont distillées. Il semble qu’en fait un commando de Tsahal est arrivé par voie maritime et a lancé un missile de surface sur le véhicule dont les passagers étaient arrivés par la route, depuis la ville Atbara au nord-Soudan. Les certitudes de l’implication d’Israël tiennent au fait que la méthode opérationnelle est typique d'éléments militaires de haut niveau, capables d’avoir une logistique pour agir à longue distance de leurs bases. En effet, aussitôt après l’attaque, un hélicoptère a récupéré le commando pour le déposer sur un navire naviguant sur la mer Rouge en longeant les côtes du Soudan.



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