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samedi 16 avril 2011

BILLET D’HUMEUR : LACUNES DIPLOMATIQUES ISRAELIENNES



BILLET D’HUMEUR : LACUNES DIPLOMATIQUES ISRAELIENNES

Par Jacques BENILLOUCHE
                 
Yossi Gal, Ambassadeur d'Israël en France
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          En août 2010 , le problème des lacunes israéliennes en matière de diplomatie vis-à-vis de la France avait été soulevé. Elles n’arrangent pas les affaires de la « hasbara », terme regroupant les opérations de communication qui cherchent à défendre le point de vue et la politique de l’État d’Israël auprès de l’opinion publique internationale. Invité de la commission des affaires étrangères de l’Assemblée nationale, l’ambassadeur israélien Yossi Gal s’est fait littéralement « déchirer » par des députés en verve, exploitant ses difficultés linguistiques.
Les décisions politiques des dirigeants israéliens sont rarement prises en fonction de l’intérêt diplomatique. Les lacunes de la communication d’Israël sont notoires et elles expliquent souvent que le pays soit voué aux gémonies parce qu’il se défend mal. La nomination du nouvel ambassadeur d’Israël en France ne déroge pas à la règle. Sa compétence diplomatique n’est pas en cause après avoir servi dans différentes représentations à l’étranger. Son dernier poste de directeur du ministère des affaires étrangères en a fait un expert diplomatique israélien. Mais Yossi Gal ne parlait pas le français à sa nomination et en quelques mois il n’a pas eu le temps de dominer la langue de Molière avec ses difficultés, ses finesses, ses profondeurs et ses nuances.
Les députés français s’en sont donnés à cœur joie et, face à la rudesse des joutes politiques, ils ont fait une bouchée de notre ambassadeur. Il est vrai que de nombreux représentants politiques français calquent leur position sur celle du Quai d’Orsay qui, depuis 1958, est peuplé de diplomates à particule, issus de la vieille aristocratie française franchement pro-arabe et parfois, antisémite.
Mais il aurait dû moucher les intervenants agressifs qui, eux, n’ont pas usé de langage diplomatique. Ses réponses étaient molles et polies, parfois à côté de la question, comme s’il récitait les pages de son livre de diplomatie « pour les nuls » alors que, face à des députés chevronnés en langue de bois, il avait à se comporter en tacticien sans nuances. Mais pour cela il devait dominer le débat par des phrases assassines, des références inattaquables, des expressions fortes et parfois un certain culot digne des hommes politiques retors. Dès lors où il était attaqué de front, il ne devait plus hésiter à sonner la charge, nommément, contre ceux qui n'ont aucun complexe à arborer ouvertement leur engagement pro-arabe.
Depuis de nombreuses années Didier Julia, proche des irakiens, était acquis aux thèses de  Saddam Hussein. Ainsi, du 14 au 17 septembre 2002, alors que la guerre en Irak menaçait, il s’était rendu sur place pour manifester son soutien au dictateur. Vice-président du groupe d'amitié France-Irak à l’Assemblée nationale, ainsi que du groupe d'amitié France-Libye, et simple membre des groupes d'amitié avec l'Arabie saoudite, l'Iran, le Liban, et la Syrie, Didier Julia était donc discrédité pour avoir une position objective sur Israël et pour se permettre de qualifier de « propagande » les propos de Yossi Gal.
Hervé de Charrette, ancien ministre des affaires étrangères de Giscard d’Estaing, émarge lui, aux finances arabes puisque, depuis juin 2008, il est président de la Chambre de Commerce franco-arabe. Il s’était exprimé à la télévision Oumma.tv en mentionnant clairement « l’ambition de la France qui est de faire de Paris, une des plus grandes places de la finance islamique en Europe ». Cela pourrait ainsi expliquer son assertion que « le sort fait à la population de Gaza est franchement odieux ».
Quelques députés pro-israéliens ont eu du mal à s’exprimer face à ce lot de haine et de désinformation qui se déversaient contre l’ambassadeur. Mais la crainte est grande de voir  Yossi Gal à présent s’exposer à la télévision française, face à des journalistes toujours prompts à exploiter la faiblesse linguistique de leur intervenant. Les pointures de langue française ne manquent pourtant pas en Israël.

Références de l'article : 

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