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mardi 8 mars 2011

LES MENEES IRANIENNES AU PROCHE-ORIENT



LES MENEES IRANIENNES AU PROCHE-ORIENT

Par Jacques BENILLOUCHE

Le port de Lattaquié
 

Alors que se déroulent des émeutes en Tunisie et en Egypte et que le mitraillage des civils libyens continue, l’Iran poursuit tranquillement son plan d’action dans la région tandis que les objectifs des caméras se tournent vers des horizons plus agités. Il a choisi précisément cette période trouble pour narguer les puissances occidentales et Israël, en faisant traverser le canal de Suez à deux de ses navires de guerre qui ont rejoint le port de Lattaquié en Syrie le 25 février.

Base navale iranienne

Les services de renseignements commencent à découvrir l’objectif réel de cette expédition qui n’a pas pour but uniquement d’afficher une présence navale au large des côtes israéliennes, inédite depuis 1979. L’Iran a en effet planifié la construction de sa première base navale en Méditerranée, dans un port syrien. Une base des Gardiens de la Révolution a été installée dans le port avec leur propre dépôt d’armement et des infrastructures techniques. Le port de Lattaquié doit subir des travaux d’élargissement et  d’approfondissement afin de le doter d’installations conformes pour l’accueil des gros navires militaires et des sous-marins. L’intention de l’Iran est bien sûr de consolider sa présence à proximité immédiate des frontières israéliennes, exactement à 280 kms des premières villes du nord.
Les israéliens sont à présent persuadés, d’après leurs renseignements, que le croiseur  Kharg, escorté par la frégate Alvand, était chargé de déposer les premières équipes techniques chargées de la construction du nouveau port « iranien » en Syrie. Le ministre de la défense Ehud Barak ne montre dans l’immédiat aucune inquiétude et estime que la situation est sous contrôle. Il veut toujours croire dans la volonté pacifique des syriens.
La construction de cette installation est synchronisée avec l’annonce par le ministre russe de la défense, Anatoli Serdioukov, de la vente de missiles antinavires Yakhont, probablement les plus rapides au monde selon les spécialiste. Ce missile est capable de voler au raz de la mer pour éviter la détection par les radars et, grâce à sa portée de 300 kms, peut atteindre les villes côtières israéliennes. Les vedettes israéliennes n’auront plus la maitrise maritime dans la région. La Russie semble avoir donné sa caution pour garantir la sécurité de ce port qui sera protégé par la présence voisine, à 72 kms, de la base russe de Tartous. Il est dans les intentions de la Russie de contrer la présence de la VIème flotte américaine mais cette collaboration entre les flottes russe, syrienne et iranienne brouille l’attitude des russes dans le conflit du Proche-Orient.

Double jeu syrien

Il démontre aussi le double jeu syrien qui se réarme avec l’aide de l’Iran et qui affiche simultanément sa volonté d’une reprise du dialogue de paix avec Israël. Le ministre syrien de la défense Ali Mohammed Habib ne cache pas l’objectif qu’il cherche à atteindre puisqu’à l’occasion d’une cérémonie à Damas en l’honneur de l’amiral iranien, l’habibollah Sayyari, il a déclaré que : « La présence des navires de guerre iraniens dans la mer Méditerranée pour la première fois après 32 ans est un grand mouvement qui va paralyser Israël. »
Les israéliens ont toujours estimé que la capacité de nuisance des iraniens était mal évaluée par les occidentaux car ils pouvaient influer sur les populations chiites à travers le monde. Ainsi le Bahreïn fait actuellement les frais de l’activisme des chiites, représentant  70%  de la population, qui ont été poussés à se soulever contre un gouvernement dirigé par des sunnites. L’Iran semble intéressé à déstabiliser ce royaume pour étendre son influence dans un pays à majorité chiite, pour chasser sur les terres de son concurrent le plus direct et pour rapprocher ses protégés des frontières saoudiennes. Les Etats-Unis, qui refusent toute épreuve de force, conseillent aux dirigeants du pays à entreprendre rapidement des réformes. Selon l'amiral Mullen, l'offre de dialogue du prince héritier de Bahreïn, Salman ben Hamad Al-Khalifa, constitue une « mesure importante » susceptible de faciliter le retour au calme.

Menace non voilée des iraniens

Les saoudiens s’inquiètent de ces évènements à leurs frontières parce qu’ils sont persuadés que les iraniens cherchent à tirer avantage des troubles dont ils seraient les inspirateurs. Ils subissent l’agressivité de l’Iran sous la forme d’une menace officielle à l’occasion de la première journée de colère planifiée pour le 11 mars. Un haut dignitaire iranien a mis en garde le roi saoudien, le 2 mars, contre toute tentative  de prendre des mesures préventives à l’encontre des deux millions de chiites concentrés dans les régions pétrolifères. Les israéliens s’étaient toujours inquiétés  des risques que pouvaient faire courir des chiites instrumentalisés par les mollahs et poussés à déclencher des blocages de production du pétrole saoudien ou des sabotages des sources d’approvisionnement.
La menace a été proférée par un proche d’Ahmadinejad, le parlementaire Mohammed Dehgan, dans des termes clairs et brutaux : « Les dirigeants saoudiens devraient savoir que le peuple saoudien est devenu vigilant et qu’il ne permettra qu’un crime soit commis contre les chiites ». Il a d’autre part assuré l’Arabie saoudite que les 15% de chiites vivants dans le pays pourraient être les prochaines cibles de la révolution qui déferle sur le monde arabe.
Les émeutes dans les pays arabes semblent revigorer un Iran qui avait subi durant ces derniers mois des déconvenues, en particulier dans ses usines nucléaires, qui l’avaient décrédibilisé. S’il n’est pas l’instigateur des soulèvements arabes, il semble bien qu’il veuille récupérer à son profit le mécontentement des émeutiers dont la majorité désorganisée est à la recherche d’une doctrine pour consolider sa révolution. Mais il ne perd pas de vue que sa cible principale reste Israël et qu’il peut compter sur la faiblesse actuelle des Etats-Unis pour parfaire l’encerclement militaire total d’Israël. En perturbant les axes maritimes voisins de l’Etat juif par la création d’une base maritime, il augmenterait la charge de défense d’Israël dans un domaine où il était jusqu’alors le maitre dans la région.

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