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lundi 20 décembre 2010

DARFOUR ? ON NE CONNAIT PAS !



DARFOUR ? ON NE CONNAIT PAS !


Par Jacques BENILLOUCHE




Qui connaît le Darfour, où il se trouve et ce qui s’y passe ? En quoi peut-il intéresser l’occidental moyen qui se sent très peu concerné par un conflit tellement lointain qui n’a sur lui aucune prise. De temps en temps, le « Collectif Urgence Darfour » se rappelle au bon souvenir de l’opinion pour tenter de réveiller les consciences et de sensibiliser les occidentaux sur un massacre qui se déroule dans l’indifférence générale. Plus les mots se font insistants et plus le cynisme du reste du monde s’affiche au grand jour. La mission de l'Onu dans l'ouest du Soudan vient d’annoncer que de nouveaux affrontements entre l'armée soudanaise et des rebelles du Darfour ont contraint 12.000 personnes à fuir la zone des combats pour se réfugier dans des camps déjà surchargés.

Islamisme sournois

Le Darfour est l’exemple même de l’influence néfaste d’un islamisme sournois qui intoxique des miséreux pour s’inviter dans un conflit qui ne le concerne pas. Il prouve combien est puissante sa capacité de nuisance dès lors où la lâcheté généralisée de tous les gouvernements lui bâtit une armure de protection. Il démontre comment les intérêts personnels des Etats passent avant tout sentiment humanitaire et pourquoi il vaut mieux s’occuper soi-même de sa défense plutôt que de compter sur la solidarité des autres.

L’histoire est pourtant simple. Le Darfour est une région de l’Ouest du Soudan accolée aux frontières de Libye, du Tchad et de la Centrafrique, chacun de ces pays lorgnant sur une influence locale pour s’approprier ce lopin de terre misérable. Tirant son nom de l’ethnie Four, peuple de paysans noirs occupant le massif montagneux, il a longtemps été un royaume indépendant avant d’être annexé au Soudan en 1916. Les conflits d’intérêts ont toujours existé dans cette région mais, depuis 1989, le conflit est devenu racial et culturel, entre ceux qui s’identifient à l’Afrique Noire et ceux qui revendiquent l’appartenance à l’ethnie arabe à laquelle ils n’appartiennent ni par l’origine et ni par la langue. L’objet des querelles n’a jamais été religieux mais essentiellement culturel puisque tous les habitants du Darfour sont musulmans.

Cependant les tribus qui se disent arabes s’opposent aux deux tiers de la population constitués de tribus africaines et s’enflamment au son de la propagande développée à travers le monde. Alors, voulant revendiquer à tort une appartenance arabe, elles cherchent à se donner des gages vis à vis d’un islamisme qu’elles trouvent attractif par son côté prosélyte et conquérant. Ainsi, pour s’acheter le droit de faire partie de l’élite arabe, elles n’ont pas trouvé mieux à faire que de s’attaquer aux tribus africaines musulmanes sous prétexte qu’elles ne sont pas arabes. Le paradoxe réside dans une situation portée à son paroxysme par le seul rêve islamiste.

Pourtant traités par le régime de Khartoum avec le même mépris que celui auquel avaient droit leurs victimes, ces pseudos arabes, les Janjawid, ont accepté de jouer le rôle de harkis avec une haine et une cruauté terrifiantes. Les miliciens tuent, massacrent et violent leurs frères africains musulmans pour se donner un gage d’identité et pour recevoir, enfin, le certificat sanglant d’appartenance au monde arabe. La conséquence s’évalue à 300.000 victimes, mortes dans l’indifférence générale, tandis que le massacre se poursuit encore aujourd’hui. Les musulmans tuant d’autres musulmans, croyant au même Dieu et portant la même couleur de peau.

Deux poids, deux mesures

Ce conflit nous interpelle à double titre. Il montre d’abord que l’occident et les Etats arabes se polarisent sur le problème israélo-palestinien, essentiellement politique, alors qu’ils ferment les yeux sur les massacres aux alentours, dans une sorte de danse du ventre pro-islamiste autour des puits de pétrole. Il démontre surtout que les européens sont tétanisés par les vagues d’hostilités qui se sont élevées à leur encontre suite aux problèmes du voile et des caricatures et qu’ils ne veulent en aucun cas se voir taxés à nouveau d’ennemis des musulmans. Alors ils détournent leur regard avec une complicité désarmante en donnant l’impression que le poids de la politique arabe pèse de plus en plus dans les décisions européennes au point d’endormir les consciences. L’occident se satisfait de rester indifférent aux drames qui se jouent, au vu et au su de tout le monde.

L’ONU n’a plus de troupes à envoyer dans la région tandis que l’OUA, dont c’est le rôle, peine à boucler le budget militaire que lui refusent les instances internationales sous prétexte que ses troupes sont peu aguerries. Enfin, l’Otan se désintéresse tellement du problème que le sujet du Darfour n’a jamais été à l’ordre du jour d’aucune réunion des Grands. On ne sait comment qualifier cette attitude lâche qui tend à ne pas indisposer les islamistes qui tirent indirectement les ficelles et qui abandonne à leur triste sort des peuplades déjà brisées par la misère.

Par là même, on évite surtout de perturber le grand de l’Asie qui, à l’instar des «impérialistes » puisant dans le sous-sol africain, s’est trouvé un os gras à ronger. Dans le brouhaha des armes et des crimes, dans le silence de l’agonie et de la mort, la Chine consolide son implantation au Soudan pour y puiser à bon marché les ressources nécessaires à sa croissance. Le Conseil de sécurité lui-même ne se hasarderait pas à proposer une nième motion sachant que le véto chinois s’appliquerait immanquablement.

Ainsi, les dictatures se renforcent grâce à un droit d’ingérence sélectif. Le seul souci qui préside actuellement est de ne gêner en rien le partage d’un gâteau sanglant, quitte à pleurer plus tard et en chœur les morts d’un nettoyage ethnique. Il ne sert plus à rien de stigmatiser l’impuissance des grandes puissances à mettre de l’ordre dans ce qu’on peut déjà qualifier de génocide prémédité. Les motions votées à l’Onu ne sont pas respectées et, seule certitude, le « machin » perd de plus en plus de sa crédibilité parce qu’il concentre ses efforts sur le seul conflit palestinien. Cette organisation ignore ou en feint d’ignorer les pays où les massacres s’opèrent au grand jour et en toute impunité. Le prix d’un mort palestinien est bien plus élevé que celui d’une peuplade misérable d’Afrique.

Cependant, sensible au malheur de ces ethnies persécutées, Israël continue d’intégrer tous les mois des milliers de réfugiés venus du Darfour après avoir traversé à pied le désert égyptien pour trouver la paix parmi ceux qui ont vécu le même destin discriminatoire.





























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