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mardi 9 novembre 2010

BILLET D'HUMEUR : PLUS DURE SERA LA CHUTE


BILLET D’HUMEUR : PLUS DURE SERA LA CHUTE


Par Jacques BENILLOUCHE



Ceux qui croyaient qu’Israël se distinguait des autres pays du monde, sont à présent convaincus que l’Etat juif est entré dans l’ère normative avec ses génies, ses voleurs, ses héros, ses gangsters, ses assassins et ses pervers sexuels. Plus rien ne distingue l’Etat, conçu dans l’esprit de Théodore Herzl, de n’importe quel autre Etat. Le créateur du pays, David Ben Gourion, doit se retourner dans sa tombe devant les évènements néfastes qui se renouvellent de mois en mois et qui ternissent l’image de marque d’Israël. Son personnage austère et sa réputation d’ascète le ferait paraitre aujourd’hui comme un extra-terrestre débarqué d’une planète inconnue, dans un monde touché par le vice. Les temps ont changé et l’avidité des hommes a pris le dessus sur les idées, le don de soi, les dogmes et la probité.

La mise en accusation de hauts personnages de l’Etat, de ministres, d’avocats de renom, de maires et de soldats de Tsahal, en indélicatesse avec la justice, sonne comme un signal que le pays s’éloigne de ses concepts fondateurs. Les commentateurs étrangers s’en donnent à cœur joie et, quand les prévenus sont poursuivis pour des malversations financières, certains n’hésitent pas à rappeler les rapports conflictuels des juifs avec l’argent, l’affaire Bernard Madoff étant citée en exemple.

Des scandales à répétition ont tendance à généraliser le concept d’hommes politiques ou de dirigeants « tous pourris » et justifient le désintérêt des israéliens pour les affaires de l’Etat. D’ailleurs l’élite du pays ne s’y est pas trompée puisqu’elle déserte les cabinets ministériels au profit des hauts postes privés, à l’abri des fluctuations électorales. La multiplication d’affaires, qui sentent le souffre financier, donne à l’opinion israélienne l’impression néfaste que l’engagement politique reste le moyen le plus rapide pour s’enrichir à bon compte.

L’ancien ministre des finances Avraham Hirshon, qui a piqué dans la caisse de l’organisation qu’il dirigeait, est encore en prison. L’ancien ministre de la santé et des affaires sociales, le rabbin Shlomo Benizri a été condamné à quatre ans de prison ferme après avoir été reconnu coupable de pots de vins et de transfert d’argent public sur son propre compte.

Le procès en corruption de l’ancien premier ministre Ehoud Olmert alimente un feuilleton depuis plusieurs mois. Il est poursuivi pour des libéralités du temps où il était maire de Jérusalem puis Ministre du Commerce et de l’Industrie. Si les accusations concernant l’achat sous-payé de sa maison rue Crémieux ont été écartées, la justice lui impute un système de doubles factures qui lui aurait permis d’être remboursé plusieurs fois pour le même voyage. L’ex-premier ministre n’est pas au bout de ses peines puisqu’il est impliqué, du temps où il était maire de Jérusalem, dans le plus grand scandale de corruption depuis la création de l’Etat juif. Il est soupçonné avec celui qui lui a succédé à la mairie, le rabbin Uri Lupolianski, d’avoir touché un million de dollars pour favoriser l’émergence d’un luxueux projet immobilier, Hollyland.

Les exemples viennent d’en haut et pourrissent l’état d’esprit d’une jeunesse qui ne peut plus s’accrocher aux fondamentaux hérités du temps des personnages historiques qui ont fait l’Etat avec beaucoup d’esprit de sacrifice.

L’ancien président de l’Etat, Moshé Katsav, a admis sa responsabilité pour « harcèlement sexuel ou actes indécents ». Il échappe pour l’instant à la prison mais son procès doit s’ouvrir dans les mois à venir.

Même une institution vénérée comme Tsahal est ébranlée par ses mêmes enfants qui se sacrifient pour défendre les frontières menacées. Avec l’affaire Anat Kam, des documents secrets passent entre les mains des journalistes. La limite étant à présent franchie, d’autres actions plus dramatiques, avec le profit comme intérêt, pourraient aider un jour ceux qui envisagent sérieusement d’éradiquer l’Etat juif.

La liste n’est pas close. Suite à une accusation de faux témoignage il y a quatre ans, le Tribunal de Jérusalem a décidé ce 9 novembre de frapper d'infamie le député Tzahi Hanegbi (Kadima). L’ancien ministre et député, président de la puissante commission de la Défense et des Affaires étrangères du Parlement israélien, est contraint à la démission de la Knesset.

Le seul avantage à ne pas étouffer toutes ces affaires prouve la vitalité de la démocratie israélienne qui n’hésite pas à punir des ministres et présidents défaillants. Mais à cette allure, les ennemis d’Israël n’auront pas besoin de s’activer. Il leur suffira de cueillir les conséquences des turpitudes de dirigeants qui perdent leurs repères et transforment l’Etat d’Israël en un pays semblable aux autres, ayant perdu l’auréole messianique de la terre du Peuple Elu. Plus dure sera la chute.

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