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lundi 18 octobre 2010

BILLET D’HUMEUR : LES MOUTONS DE PANURGE MAROCAINS



BILLET D’HUMEUR : LES MOUTONS DE PANURGE MAROCAINS
Par Jacques BENILLOUCHE



Il est souvent désespérant de savoir que les pays arabes sont monolithiques, qu’ils appliquent strictement la même politique et les mêmes concepts et qu’ils n’innovent pas pour tenter de se distinguer les uns des autres. Le seul qui avait été original fut le président tunisien Bourguiba qui avait su donner des leçons à ses collègues arabes pour les convaincre d’adopter une politique sinon tranchée, au moins équilibrée, vis-à-vis d’Israël mais il n’a jamais été suivi.

L’exemple vient de nous être donné par le roi Mohammed VI du Maroc. Sa jeunesse pouvait lui permettre d’oser, de s’affranchir des habitudes de ses ainés et de sortir des poncifs pour faire avancer une situation bloquée. Il avait invité secrètement le président Shimon Pérès à son palais de Rabat pour rencontrer les dirigeants et les décideurs marocains bien qu’Israël et le Maroc n’entretiennent plus de relations diplomatiques depuis l’intifada Al-Aqsa de 2000.

Des indiscrétions tendaient à accréditer l’idée que ce voyage avait un objectif plus ambitieux : le rétablissement des relations diplomatiques entre les deux pays. Des témoins locaux confirmaient que les anciens bureaux de la délégation diplomatique israélienne de Rabat étaient en cours de remise en état et qu’ils faisaient désormais l’objet de surveillance de la part de la sécurité marocaine qui anticipait déjà l’arrivée de diplomates israéliens.

Mais cette approche pacifique visant à rétablir des relations avec Israël est vivement combattue par la Syrie, le Liban, le Soudan et le Yémen alors que certains pays arabes ont assimilé l’idée que la guerre ne donnera jamais naissance à un Etat palestinien. C’est pourquoi Mohammed VI a pris cette initiative parce qu’il souhaitait que les négociations entre israéliens et palestiniens se poursuivent, loin de « l'immobilisme et de l'obstruction ». Il voulait bien montrer sa solidarité avec le peuple palestinien mais avec modération et réalisme face au « fait israélien ».

Et puis patatras ! Le roi du Maroc a succombé à la pression de ceux qui veulent que tout reste figé, que rien ne soit fait dans le sens du développement de simples discussions entre adversaires et que le problème palestinien reste insoluble pour des décennies encore. Il a donc annulé son invitation à Shimon Pérès pour se conformer aux injonctions de ses pairs arabes. La paix attendra tandis que la guerre a de beaux jours devant elle.

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