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samedi 31 juillet 2010

LA TOILE DE FOND DU CRASH ISRAELIEN EN ROUMANIE




LA TOILE DE FOND DU CRASH ISRAELIEN EN ROUMANIE

 
Par Jacques BENILLOUCHE


Six pilotes israéliens et un militaire roumain ont trouvé la mort le 26 juillet dans un accident d’hélicoptère CH-53 qui s’est écrasé dans la région de Brasov. L’hélicoptère israélien participait à un exercice conjoint, Blue Sky 2010 avec les militaires roumains. Les dernières informations nous confirment que les américains participaient aussi à cet exercice en tant qu’observateurs et conseillers techniques.

La Roumanie a remplacé la Turquie

La Roumanie s’est substituée à la Turquie pour offrir à l’aviation militaire israélienne de larges espaces pour ses entrainements loin d’Israël. Les pilotes ont en effet besoin de se familiariser avec des régions montagneuses, de haute altitude, pour retrouver les conditions et le scénario auxquels ils risquent d’être confrontés dans le ciel iranien. Tayyip Erdogan avait fermé son espace aérien aux avions militaires israéliens après la brouille consécutive à la flottille de Gaza du 31 mai.

Des informations militaires éclairent les conditions dans lesquelles se sont déroulés ces exercices qui, dans leurs dernières phases, avaient pour but de simuler une attaque contre les installations nucléaires iraniennes. La région montagneuse de Brasov avait été justement choisie parce qu’elle abritait des falaises abruptes et de nombreuses grottes qui pouvaient représenter, à l’identique, les tunnels creusés à même la montagne par les iraniens pour cacher leurs installations nucléaires.

Les iraniens craignaient de ne pas recevoir les systèmes russes S-300 destinés à les protéger contre des bombardements massifs israéliens ou américains, portés au moyen d'avions de combat ou de missiles. Ils ont donc trouvé une solution de rechange locale, deux années auparavant, en enterrant profondément sous des montagnes de plusieurs centaines de mètres d’altitude toutes leurs installations nucléaires.

Les israéliens avaient donc besoin de trouver la parade en testant le vol à basse altitude à travers des gorges étroites pour échapper aux radars iraniens rendus aveugles par les massifs et pour atteindre les grottes iraniennes. A l’arrivée, la destruction des bases nucléaires devait s’effectuer par des missiles spéciaux capables de s’infiltrer dans les tunnels tortueux pour n’exploser que lorsque la tête avait précisément identifié sa cible.

Il ne fait aucun doute que ces manœuvres comportent des risques auxquels des pilotes chevronnés ne sont pas à l’abri. Ils doivent travailler en exploitant à l’extrême les spécifications de leur matériel puisqu’ils doivent passer, en une fraction de seconde, d’une faible altitude face aux tunnels au sommet des montagnes en évitant le choc contre les falaises. Le choix de hauts gradés, colonels et capitaines, figurant parmi les morts israéliens, atteste de la nécessité de recourir aux meilleurs éléments de l’aviation disposant d’une expérience de haut niveau. L’armée a dû recourir aux services de réservistes à l’instar du lieutenant-colonel Avner Goldman dont l’expertise et les états de service devenaient indispensables pour ces missions à haut risque.

Collaboration Israélo-américaine

Les militaires embarqués sur le deuxième hélicoptère, qui contrôlait l’opération à distance, ont expliqué que le crash a eu lieu parce que celui qui les précédait n’avait pas contourné les nuages alors que la règle fondamentale dans ce cas est de garder en permanence la vue nette sur leur cible. Cela explique l’hypothèse formulée par l’armée d’une défaillance humaine.

Cet accident met en relief la stratégie de l’armée de l’air israélienne qui s’exerce à parcourir de longues distances, non seulement avec des bombardiers, mais aussi avec des hélicoptères lourds impliquant un ravitaillement en vol. Tsahal donne ainsi une nouvelle vision de ses méthodes de combat consistant à approcher au plus près son ennemi pour le débusquer dans le moindre recoin.

La Grèce avait participé à ce genre d’exercice car la distance qui la sépare d’Israël, 1600 kms, représente l’espace que les pilotes doivent parcourir pour atteindre l’Iran. Ces manœuvres interviennent précisément après celle effectuée entre le 6 et 10 juin au large des côtes sud d’Israël, dénommé « Juniper Stallion 2010 », à partir du porte-avions USS Truman. Une soixantaine de Super Hornet ont simulé une attaque contre des cibles situées dans le Néguev tandis que des escadrilles israéliennes de F-16 décollaient des bases d’Allemagne et de Roumanie pour s’exercer au ravitaillement en vol et à la simulation de combat dans les airs durant leur trajet.

Les services de renseignements laissent entendre que les américains ont permis aux israéliens d’utiliser le base Mikhail Kogalniceanu sur la Mer noire, à proximité de Constanta, ainsi que la base de Bezmer en Bulgarie. La complicité intense avec les américains et le silence persistant du premier ministre israélien sur ses intentions à l’égard de l’Iran tendent à démontrer que l’option militaire n’est pas exclue. Les Etats-majors israélien et américain collaborent de manière intense comme le démontrent les nombreux exercices conjoints qui ont lieu tous les jours. Il semble que la décision finale appartiendra aux militaires lorsqu’ils pourront rassurer les dirigeants politiques sur la réussite de leur expédition.

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