mardi 31 janvier 2012
SLATE - Rafale : l'Inde sauve la mise à Dassault
L'annonce, mardi 31 janvier, de la décision du gouvernement indien d'entrer en négociations pour l'achat de 126 Rafale est une décision qui tombe à pic pour le groupe Dassault et pour l'industrie française de la défense.
UBBER ALLES Par André MAMOU
UBBER ALLES
Par André MAMOU
Tribune juive
« Gira », elle tourne bien, disait simplement Enzo Ferrari à ses meccanos pour leur interdire de toucher au réglage des voitures en passe de gagner la course. Il voulait éviter tout risque inutile puisque l’essentiel était acquis. A Hollywood, les recettes des films à succès étaient utilisées et les producteurs n’avaient pas besoin de subventions puisque les spectateurs remplissaient les caisses.
En Europe, ça va très mal et chômage, endettement et désindustrialisation vont finir par mettre à bas une union monétaire anémique. Seul le premier de la classe a déjà résolu les problèmes que ses partenaires commencent à cerner : l’apprentissage, le temps de travail, la modération salariale, le syndicalisme responsable, l’âge du départ à la retraite: le tissu industriel de grosses et moyennes entreprises. Seul le premier de la classe a un taux de chômage acceptable et un taux d’endettement convenable ; c’est l’Allemagne qui constitue avec la France le couple moteur de l’Europe et tout vacille dangereusement.
ANNE SINCLAIR
Le président sortant a réuni 18 millions de spectateurs, rameutés par plus de six chaînes de télévision, et il a indiqué les réformes qu’il compte mettre au point et faire appliquer dans les mois qui viennent, avant et après la fin de son mandat, et il a cité à plusieurs reprises l’exemple de l’Allemagne dont il voudrait que l’on s’inspirât davantage. Il a tissé subtilement une toile d’araignée pour envelopper son concurrent socialiste. Anne Sinclair s’est étonnée d’entendre trop souvent des comparaisons avec notre premier client et meilleur concurrent ; Et sans doute pense-t-elle que le président n’arrive pas à défendre son bilan et qu’il préfère parler de celui du voisin.
On peut penser également à la mise au point d’un plan de réponse au candidat du PS. Celui-ci a présenté un programme économique mis au point par des techniciens et des théoriciens de grande valeur. Michel Sapin, Jérôme Cahuzac sont des experts de très haut niveau et les mesures savamment dosées rendent crédibles leurs propositions. Mais ils ont travaillé avec un cahier de charges difficile à tenir : d’abord faire élire le candidat et donc séduire la gauche de la gauche et ne pas effaroucher les communistes afin que Mélenchon ne risque pas d’égarer les électeurs de gauche au premier tour et ramener d’un coup d’épuisette tous ces précieux bulletins pour le second tour. Et pour cela, il fallait s’encombrer des vieux oripeaux des vieilles batailles : les emplois aidés au nombre de 300.000, les chargés d’enseignement qui seront recrutés par paquets de douze mille par an et la retraite à 60 ans pour ceux qui ont 41 ans de cotisations.
DSK
On peut rêver au beau programme économique que DSK aurait présenté aux électeurs de gauche qui l’auraient accepté sans mot dire parce que ce programme aurait été conçu pour réussir la sortie de crise et pas seulement en vue d’une élection alors que le candidat était crédible et digne de foi. Cette retraite à 60 ans et ce paquet de fonctionnaires plus ces tonnes de subventions qui peut croire que la France en a besoin ?
C’est un manque de courage que de les garder au programme comme des fontes de plomb dans la selle d’un cheval que l’on veut handicaper. Et comme se serait grandi le candidat socialiste (Manuel Valls demain ou un jeune talent encore inconnu) qui aurait jeté les défroques à la rivière. Ségolène Royal avec toutes ses insuffisances avait, elle, du courage.
On sait à l’avance que le choc entre Sarkozy et Hollande, s’il a lieu, sera d’abord l’exposition d’un programme écrit sur du papier avec un «deus ex machina» qui devait descendre des cintres du théâtre pour sauver l’intrigue et satisfaire les spectateurs : la reprise, la croissance économique. Et oui, les meilleur spécialistes n’y peuvent rien : sans croissance, on ne peut pas grand-chose et donc on peut charger la barque puisque le courant de la reprise la dirigera vers le port. La supercherie est donc que l’on utilise le but à atteindre comme le moyen d’y parvenir. En face, on va longuement expliquer qu’il faut être discipliné, sérieux, modeste , travailleur et qu’il faut tailler dans les dépenses stériles, investir dans la recherche et le développement, rebâtir une industrie, conforter nos paysans et nos pêcheurs, fabriquer en France et pour cela diminuer non pas le salaire mais les charges, alléger notre fardeau de dettes, interdire l’embauche de fonctionnaires dans les administrations et dans les régions, mettre un frein au gaspillage et au pillage de nos richesses par des programmes sociaux trop généreux et incontrôlés.
HERMANN GRÖHE
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| Hermann Grohe |
Bref, on va dire : faisons comme les allemands. Ils ont réussi ; Ils y sont parvenus à ce niveau d’où ils peuvent voir de haut les défauts de leurs voisins et les déplorer car ils ont besoin de clients et de fournisseurs en bonne santé pour que leur prospérité reste intacte ou même augmente. Et le président candidat posera la question suivante : comment voulez vous réussir en tournant le dos à toutes les recettes qui ont été couronnées de succès et en imposant au pays des charges qu’il ne peut supporter pour des avantages sociaux dont il est prêt à se passer si on lui garantissait une économie dynamique embauchant à tour de bras ?
«Monsieur Hollande, aucune de vos vagues déclarations n’apportent de réponse aux problèmes urgents de notre époque ! Vous vous êtes contenté de ressortir du placard des concepts poussiéreux et des projets fantaisistes de redistribution ! ». C’est signé Hermann Grôhe, secrétaire général de l’Union Chrétienne Démocrate allemande, le CDU, le parti de la chancelière Angela Merkel. Ce n’est pas de la langue de bois. Les vainqueurs peuvent parler haut et clair.
lundi 30 janvier 2012
RTS : LE GROUPE DASSAULT DANS LA LUTTE FINALE
RADIO TELEVISION SUISSE
LE GROUPE DASSAULT DANS LA LUTTE FINALE
Jacques BENILLOUCHE
Au micro de
Laurent KELLER
Les experts militaires internationaux ont donné leur classement des avions militaires. Le Rafale vient en deuxième position après le F22 américain tandis que le Gripen suédois se place loin derrière l’Eurofighter Typhoon européen. Mais malgré des caractéristiques techniques reconnues, aucun Rafale n’a été vendu par le groupe Dassault, hormis ceux vendus à l’armée française. Nous sommes dans la dernière ligne droite pour trois contrats en négociation : le Brésil avec une commande de 36 avions, la Suisse pour 18 Rafales et l’Inde pour 126 avions de chasse, le contrat de l’année et celui de la dernière chance.
Il semble que le groupe Dassault ait modifié ses techniques commerciales pour les rendre plus agressives en raison de l’urgence de la situation. Il a envoyé directement un courrier aux parlementaires suisses pour leur proposer l'acquisition, avec une forte réduction, de 18 Rafales pour 2,2 milliards d'euros, soit 122 millions pièce au lieu de 150 à 175 le tarif catalogue. Ce prix est inférieur de 3 millions à celui du Gripen qui n’a pas rempli les spécifications minimales exigées par les militaires suisses. Il est vrai que certaines armées, qui ne sont pas confrontées à un danger radical, choisissent un avion non pas parce qu’il se mesure au combat mais sur la base d’arguments purement comptables.
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L’IDYLLE FRANCO-ISRAELIENNE de 1948 à 1958 Partie-3
L’IDYLLE FRANCO-ISRAELIENNE de 1948 A 1958
Par Jacques BENILLOUCHE
Partie-3/3
Lien pour la première partie :
Lien pour la seconde partie :
Entente Amicale
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| David Ben Gourion |
Alors que la France et la Grande-Bretagne s’organisaient pour contrer Nasser, Israël préparait de son côté différents plans d’offensive pour mettre fin aux attaques des fédayins venus d'Egypte et de Gaza. Cependant Ben Gourion, contrairement à une réputation erronée de guerrier, n’était pas partisan de la guerre mais, s’il devait la subir, il s’y engageait à fond comme il l’a démontré durant la guerre d’indépendance. Malgré les insistances de son chef d’État-Major, il hésitait à donner le feu vert à Moshé Dayan d'attaquer l'Egypte qui laissait passer les terroristes, sauf s'il trouvait un arrangement avec les français.
Le 28 septembre 1956 un bombardier français conduisit en France une délégation secrète composée de Moshé Dayan, Shimon Pérès, Golda Meir et Moshe Carmel, le ministre des transports, après une halte technique dans la base de Bizerte. La gravité de la situation ne donna lieu, dans les souvenirs du chef de Tsahal, qu’à un compte-rendu original de cette escale. Il s’était surtout souvenu d’avoir reçu, « une bouteille de rouge, des fromages, un pain et un mètre de saucisse » laissant ainsi accréditer que ses souvenirs culinaires restaient les plus marquants. Il est vrai qu'il avait la réputation d'être un bon vivant.
Cette visite brève eut une conséquence heureuse et fructueuse pour Israël puisqu’elle permit à Moshé Dayan et Shimon Pérès d’obtenir toutes les livraisons d’armes, de chars AMX et d’avions Mystère IV, tardant à se débloquer malgré la signature des contrats. Le 1er octobre 1956, ils furent reçus dans l’appartement de Louis Mangin, conseiller de Bourgès-Maunoury, parce que le chef d’État-major français craignait que le secret soit éventé : « je ne peux pas recevoir dans mon bureau le général Dayan, grand mutilé de guerre; il porte un bandeau noir sur l’œil gauche et il n’est pas facile à camoufler ». Tandis que Pérès, Dayan et même Begin, de passage «par hasard» à Paris, s’affichaient inconsciemment dans les cafés de Saint-Germain-des-Prés, le Général Beauffre, aidé de l’amiral Barjot, planifiait la campagne de Suez de 1956 qui pris le nom de code « Kadesh ». Le général Challe, qui se distingua plus tard en Algérie, raccompagna Dayan en Israël ce qui leur permit de tisser, durant le voyage de retour, des liens étroits de professionnels.
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| Général Maurice Challe |
Équipe de « jeunots »
Mais aucune décision ne fut arrêtée lors de cette rencontre car les dirigeants à Paris étaient décontenancés par l’équipe de «jeunots» israéliens conduite par Moshé Dayan, 41 ans, et le gamin Shimon Pérès, 33 ans alors que l’État-Major français comptait des vieux militaires illustres qui s’étaient distingués durant la Seconde Guerre Mondiale. Les français exigèrent donc d’avoir la caution personnelle du premier ministre israélien.
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| Christian Pineau et Ben Gourion |
Le 21 octobre 1956, en fin d’après midi, Christian Pineau, ministre français des affaires étrangères, reçut un coup de téléphone du cabinet du chef du gouvernement lui enjoignant de se rendre seul, avec sa voiture personnelle banalisée et sans chauffeur, à Sèvres, près de l’aérodrome militaire de Vilacoublay, proche de Paris, dans le pavillon d'un couple de juifs français, les Elgozy. A son arrivée, il est introduit dans la salle à manger bourgeoise où un repas simple sans protocole lui était servi par la maitresse de maison. Il trouva attablés autour d’un potage, non seulement son collègue Maurice Bourgès-Maunoury, ministre de la Défense, mais aussi quatre israéliens de premier plan, David Ben Gourion, Moshe Dayan, «le borgne qui fait peur aux arabes», comme on disait à l’époque, Golda Meir et Shimon Pérès. Le premier ministre israélien venait d’atterrir secrètement à quelques kilomètres du pavillon tandis que Guy Mollet, le chef du gouvernement les rejoignit un peu plus tard.
Une atmosphère pesante régnait parmi les convives. Le potage avalé, Ben Gourion dévoila, devant ses interlocuteurs français médusés, sa vision de l’avenir. Ils attendaient de lui sa caution pour l’expédition militaire de Suez mais ils assistèrent à un véritable cours de sciences politiques où il excellait. Il leur dessina, pendant plus de vingt minutes précieuses, le Grand Israël, Eretz Israël, taillé dans un Proche-Orient remodelé à sa convenance. Le résumé de ses propos a été divulgué bien plus tard par Moshe Dayan lui-même. Il révèle un aspect essentiel du personnage qui contredit la mythologie bâtie autour de lui. Au lieu de prendre une posture de va-t-en-guerre, qui lui collait abusivement à la peau, Ben Gourion se montra à Paris circonspect quant à une action militaire immédiate. Il s’agissait soit d’une stratégie justifiée par la position de force où il se trouvait ou bien alors, d’une réelle retenue devant les risques qu’il faisait courir à son peuple. Il estimait à juste titre que le conflit avec Nasser concernait d'abord la France et la Grande-Bretagne qui avaient été spoliées par des nationalisations. Israël n'était pas concerné par le Canal de Suez. Par ailleurs, il avait obtenu toutes les armes qu’il avait réclamées. Il avait donc annoncé à ses interlocuteurs médusés qu’il n’était pas prêt à faire la guerre à l’Égypte. Il n’avait aucune volonté de caprice mais, en tant que visionnaire pragmatique, il avait conscience des limites de son armée et des intérêts immédiats d’Israël.
Contrepartie française
Mais il avait finalement cédé et les observateurs politiques se sont perdus en conjectures. Rien n’avait transpiré à l’époque du débat secret qui s'était engagé entre la France et Israël. Le journaliste de la presse française qui faisait autorité à l’époque et qui était très introduit dans les milieux politiques, Hubert Beuve-Méry, avait laissé filtrer quelques interrogations explicites : «Quels sont les mobiles du revirement israélien ? Quand on connaît la détermination du cabinet israélien, on peut penser que de sérieuses assurances ont été données au chef du gouvernement de Jérusalem.» Le directeur du journal «Le Monde» détenait certainement la clef de la question mais, en grand professionnel, il savait garder les secrets d’État.
Il ressort des Mémoires des différents acteurs que Christian Pineau, dès la fin de l’intervention de Ben Gourion, avait été envoyé à Londres pour informer les anglais que les israéliens hésitaient ou refusaient à donner leur accord à une intervention militaire. En fait, le président du Conseil français voulait éloigner le représentant du Quai d’Orsay pour entreprendre une autre négociation, encore plus secrète que la première. Il s’agissait d’un secret dans le secret, si secret que le ministre des affaires étrangères, pourtant réputé ami d’Israël, en a été écarté. A vrai dire, le Quai d’Orsay, de réputation pro-arabe, était plus visé que lui car le ministère pouvait s'opposer à ce que le gouvernement était prêt à concéder.
Dans le dos du chef de la diplomatie française, occupé à Londres à persuader Anthony Eden d’agir sans l’aide d’Israël, les dirigeants israéliens David Ben Gourion, Moshe Dayan, Golda Meir et Shimon Pérès discutaient avec Guy Mollet, président du Conseil, Maurice Bourgès-Maunoury, ministre de la Défense et Maurice Challe, chef d'État-major des armées, de coopération nucléaire mais aussi de stratégie militaire. Ben Gourion connaissait la faille de la couverture aérienne de son pays et il fit part à ses interlocuteurs de ses inquiétudes sur la protection des villes israéliennes.
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| Moshe Dayan durant la campagne de Suez |
Lors de la réunion de Sèvres, Ben Gourion s’est laissé persuader, le 21 octobre, de lancer les paras de Dayan dans le Sinaï en échange d’un engagement de la France de donner la bombe nucléaire à Israël. Mais sachant que les gouvernements français de la IV° république étaient instables, Ben Gourion avait exigé des français un document car il tenait à garder une trace écrite. C’est donc sur des feuilles fournies par l’hôtesse que le «protocole de Sèvres» a été ratifié. On croyait ces feuillets perdus à jamais mais il est confirmé que les israéliens ont gardé un exemplaire ainsi que Christian Pineau. Il n’est pas établi que ce protocole ait eu une valeur juridique puisqu’il n’avait pas reçu les sceaux du ministère mais il représentait un document symbolique qui a d’ailleurs été exploité plusieurs années plus tard, lors d'une situation dramatique.
L’accord secret nucléaire
L'accord secret, en sept points tenant sur trois feuillets manuscrits, précisait que les israéliens prendraient l'initiative du déclenchement de la guerre dans le Sinaï puis les français et les britanniques interviendraient quelques jours après. En échange, les israéliens ont obtenu des français une couverture navale et aérienne de leur territoire. Plusieurs avions français, peints aux couleurs israéliennes, mais pilotés par des aviateurs français, ont été envoyés en Israël avec pour mission de n’intervenir que pour défendre le territoire sans engager de missions d’attaques. Le gouvernement français acceptait par ailleurs à livrer des avions à réaction à Tsahal (Mystère II, Mystère IV, Vautour) et des chars légers AMX-13 et à développer une coopération nucléaire.
C'est à cette occasion qu'une étroite coopération franco-israélienne s'amorça grâce aux efforts de Shimon Pérès qui réussit à acquérir, auprès de la France, le premier réacteur nucléaire de Dimona et, auprès de l'avionneur français Dassault, le Mirage III, un avion de combat à réaction le plus évolué de l'époque.
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| Ariel Sharon durant la campagne de Suez |
Ben Gourion avait accepté de donner sa caution personnelle à l’expédition éclair qui devait mener les troupes israéliennes, le 29 octobre, sous la conduite du général Dayan et d’un jeune colonel de 28 ans, Ariel Sharon, jusqu’au Canal de Suez avec la protection aérienne franco-anglaise. L’opération n’ira pas à son terme car le président Eisenhower, à peine élu et soumis à la menace nucléaire russe, préféra faire plier les alliés en les obligeant à évacuer l’Egypte. Cet incident confortera les français dans la décision de fabriquer leur propre bombe atomique en y associant leur nouvel allié Israël.
L’expédition de Suez n’a jamais eu l’aval du ministère français des affaires étrangères qui avait été mis en dehors des secrets des préparatifs. « Surtout pas un mot au Quai d’Orsay » avait imposé le ministre de la défense. En revanche les industries militaires des deux pays avaient trouvé une source de coopération par la volonté d’hommes français et israéliens qui partageaient la même affinité politique socialiste, à fortiori lorsque le souvenir de la Résistance restait encore vivace dans les esprits.
L'idylle franco-israélienne dura dix ans dans l'intérêt des deux pays, alors dirigés par des socialistes, à la fois pour le développement des échanges commerciaux et pour la collaboration des industries de haute technologie. Cette proximité avec la France donna à Israël une grande assurance face aux injonctions russo-américaines de l'époque. L'entente se poursuivit pour atteindre son apogée à l’arrivée au pouvoir du général de Gaulle qui décida d'y mettre fin.
L'idylle franco-israélienne dura dix ans dans l'intérêt des deux pays, alors dirigés par des socialistes, à la fois pour le développement des échanges commerciaux et pour la collaboration des industries de haute technologie. Cette proximité avec la France donna à Israël une grande assurance face aux injonctions russo-américaines de l'époque. L'entente se poursuivit pour atteindre son apogée à l’arrivée au pouvoir du général de Gaulle qui décida d'y mettre fin.
dimanche 29 janvier 2012
Moshe Flinker, un enfant visionnaire par Guylen SITBON
Mémoire des enfants de la Shoah
Moshe Flinker, un enfant visionnaire
Par Guylen SITBON
«J’ai commencé à étudier l’arabe … J’ai commencé», écrit Moshe Flinker dans son journal intime, «et mon désir était de parfaire mes études et ma connaissance de cette langue, car un grand nombre de résidents d’Eretz Israël et leurs voisins la parlent… Je ne me faisais guère de doute qu’en fin de compte nous aurions à vivre en paix avec nos frères, les ismaélites, car ils sont aussi les enfants d’Abraham».
Moshe Flinker est né à La Haye en 1926. Sa famille, contrainte à l’exil lorsque les nazis occupèrent la Hollande, trouva refuge à Bruxelles où elle a vécu sous de faux papiers. Moshe a commencé son journal en hébreu, en décrivant ses difficultés, ses craintes et ses espoirs. Il a écrit avec confiance que Dieu le sauverait ainsi que sa famille et réunira tout le peuple juif sous un même toit Moshe avait une vision de son avenir : devenir un leader politique au sein du futur État juif. Mais il a été arrêté en 1944 et déporté à Auschwitz où il mourut.
Dans l’interview qu’il a accordée à Maha Fayek, Guylain Sitbon, qui traduit actuellement le journal intime de Moshe en français, raconte l’émouvante histoire d’un enfant visionnaire.
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L’IDYLLE FRANCO-ISRAELIENNE de 1948 à 1958 Partie-3
L’IDYLLE FRANCO-ISRAELIENNE de 1948 A 1958
Par Jacques BENILLOUCHE
Partie-3/3
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Entente Amicale
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| David Ben Gourion |
Alors que la France et la Grande-Bretagne s’organisaient pour contrer Nasser, Israël préparait de son côté différents plans d’offensive pour mettre fin aux attaques des fédayins venus d'Egypte et de Gaza. Cependant Ben Gourion, contrairement à une réputation erronée de guerrier, n’était pas partisan de la guerre mais, s’il devait la subir, il s’y engageait à fond comme il l’a démontré durant la guerre d’indépendance. Malgré les insistances de son chef d’État-Major, il hésitait à donner le feu vert à Moshé Dayan d'attaquer l'Egypte qui laissait passer les terroristes, sauf s'il trouvait un arrangement avec les français.
Le 28 septembre 1956 un bombardier français conduisit en France une délégation secrète composée de Moshé Dayan, Shimon Pérès, Golda Meir et Moshe Carmel, le ministre des transports, après une halte technique dans la base de Bizerte. La gravité de la situation ne donna lieu, dans les souvenirs du chef de Tsahal, qu’à un compte-rendu original de cette escale. Il s’était surtout souvenu d’avoir reçu, « une bouteille de rouge, des fromages, un pain et un mètre de saucisse » laissant ainsi accréditer que ses souvenirs culinaires restaient les plus marquants. Il est vrai qu'il avait la réputation d'être un bon vivant.
Cette visite brève eut une conséquence heureuse et fructueuse pour Israël puisqu’elle permit à Moshé Dayan et Shimon Pérès d’obtenir toutes les livraisons d’armes, de chars AMX et d’avions Mystère IV, tardant à se débloquer malgré la signature des contrats. Le 1er octobre 1956, ils furent reçus dans l’appartement de Louis Mangin, conseiller de Bourgès-Maunoury, parce que le chef d’État-major français craignait que le secret soit éventé : « je ne peux pas recevoir dans mon bureau le général Dayan, grand mutilé de guerre; il porte un bandeau noir sur l’œil gauche et il n’est pas facile à camoufler ». Tandis que Pérès, Dayan et même Begin, de passage «par hasard» à Paris, s’affichaient inconsciemment dans les cafés de Saint-Germain-des-Prés, le Général Beauffre, aidé de l’amiral Barjot, planifiait la campagne de Suez de 1956 qui pris le nom de code « Kadesh ». Le général Challe, qui se distingua plus tard en Algérie, raccompagna Dayan en Israël ce qui leur permit de tisser, durant le voyage de retour, des liens étroits de professionnels.
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| Général Maurice Challe |
Équipe de « jeunots »
Mais aucune décision ne fut arrêtée lors de cette rencontre car les dirigeants à Paris étaient décontenancés par l’équipe de «jeunots» israéliens conduite par Moshé Dayan, 41 ans, et le gamin Shimon Pérès, 33 ans alors que l’État-Major français comptait des vieux militaires illustres qui s’étaient distingués durant la Seconde Guerre Mondiale. Les français exigèrent donc d’avoir la caution personnelle du premier ministre israélien.
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| Christian Pineau et Ben Gourion |
Le 21 octobre 1956, en fin d’après midi, Christian Pineau, ministre français des affaires étrangères, reçut un coup de téléphone du cabinet du chef du gouvernement lui enjoignant de se rendre seul, avec sa voiture personnelle banalisée et sans chauffeur, à Sèvres, près de l’aérodrome militaire de Vilacoublay, proche de Paris, dans le pavillon d'un couple de juifs français, les Elgozy. A son arrivée, il est introduit dans la salle à manger bourgeoise où un repas simple sans protocole lui était servi par la maitresse de maison. Il trouva attablés autour d’un potage, non seulement son collègue Maurice Bourgès-Maunoury, ministre de la Défense, mais aussi quatre israéliens de premier plan, David Ben Gourion, Moshe Dayan, «le borgne qui fait peur aux arabes», comme on disait à l’époque, Golda Meir et Shimon Pérès. Le premier ministre israélien venait d’atterrir secrètement à quelques kilomètres du pavillon tandis que Guy Mollet, le chef du gouvernement les rejoignit un peu plus tard.
Une atmosphère pesante régnait parmi les convives. Le potage avalé, Ben Gourion dévoila, devant ses interlocuteurs français médusés, sa vision de l’avenir. Ils attendaient de lui sa caution pour l’expédition militaire de Suez mais ils assistèrent à un véritable cours de sciences politiques où il excellait. Il leur dessina, pendant plus de vingt minutes précieuses, le Grand Israël, Eretz Israël, taillé dans un Proche-Orient remodelé à sa convenance. Le résumé de ses propos a été divulgué bien plus tard par Moshe Dayan lui-même. Il révèle un aspect essentiel du personnage qui contredit la mythologie bâtie autour de lui. Au lieu de prendre une posture de va-t-en-guerre, qui lui collait abusivement à la peau, Ben Gourion se montra à Paris circonspect quant à une action militaire immédiate. Il s’agissait soit d’une stratégie justifiée par la position de force où il se trouvait ou bien alors, d’une réelle retenue devant les risques qu’il faisait courir à son peuple. Il estimait à juste titre que le conflit avec Nasser concernait d'abord la France et la Grande-Bretagne qui avaient été spoliées par des nationalisations. Israël n'était pas concerné par le Canal de Suez. Par ailleurs, il avait obtenu toutes les armes qu’il avait réclamées. Il avait donc annoncé à ses interlocuteurs médusés qu’il n’était pas prêt à faire la guerre à l’Égypte. Il n’avait aucune volonté de caprice mais, en tant que visionnaire pragmatique, il avait conscience des limites de son armée et des intérêts immédiats d’Israël.
Contrepartie française
Mais il avait finalement cédé et les observateurs politiques se sont perdus en conjectures. Rien n’avait transpiré à l’époque du débat secret qui s'était engagé entre la France et Israël. Le journaliste de la presse française qui faisait autorité à l’époque et qui était très introduit dans les milieux politiques, Hubert Beuve-Méry, avait laissé filtrer quelques interrogations explicites : «Quels sont les mobiles du revirement israélien ? Quand on connaît la détermination du cabinet israélien, on peut penser que de sérieuses assurances ont été données au chef du gouvernement de Jérusalem.» Le directeur du journal «Le Monde» détenait certainement la clef de la question mais, en grand professionnel, il savait garder les secrets d’État.
Il ressort des Mémoires des différents acteurs que Christian Pineau, dès la fin de l’intervention de Ben Gourion, avait été envoyé à Londres pour informer les anglais que les israéliens hésitaient ou refusaient à donner leur accord à une intervention militaire. En fait, le président du Conseil français voulait éloigner le représentant du Quai d’Orsay pour entreprendre une autre négociation, encore plus secrète que la première. Il s’agissait d’un secret dans le secret, si secret que le ministre des affaires étrangères, pourtant réputé ami d’Israël, en a été écarté. A vrai dire, le Quai d’Orsay, de réputation pro-arabe, était plus visé que lui car le ministère pouvait s'opposer à ce que le gouvernement était prêt à concéder.
Dans le dos du chef de la diplomatie française, occupé à Londres à persuader Anthony Eden d’agir sans l’aide d’Israël, les dirigeants israéliens David Ben Gourion, Moshe Dayan, Golda Meir et Shimon Pérès discutaient avec Guy Mollet, président du Conseil, Maurice Bourgès-Maunoury, ministre de la Défense et Maurice Challe, chef d'État-major des armées, de coopération nucléaire mais aussi de stratégie militaire. Ben Gourion connaissait la faille de la couverture aérienne de son pays et il fit part à ses interlocuteurs de ses inquiétudes sur la protection des villes israéliennes.
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| Moshe Dayan durant la campagne de Suez |
Lors de la réunion de Sèvres, Ben Gourion s’est laissé persuader, le 21 octobre, de lancer les paras de Dayan dans le Sinaï en échange d’un engagement de la France de donner la bombe nucléaire à Israël. Mais sachant que les gouvernements français de la IV° république étaient instables, Ben Gourion avait exigé des français un document car il tenait à garder une trace écrite. C’est donc sur des feuilles fournies par l’hôtesse que le «protocole de Sèvres» a été ratifié. On croyait ces feuillets perdus à jamais mais il est confirmé que les israéliens ont gardé un exemplaire ainsi que Christian Pineau. Il n’est pas établi que ce protocole ait eu une valeur juridique puisqu’il n’avait pas reçu les sceaux du ministère mais il représentait un document symbolique qui a d’ailleurs été exploité plusieurs années plus tard, lors d'une situation dramatique.
L’accord secret nucléaire
L'accord secret, en sept points tenant sur trois feuillets manuscrits, précisait que les israéliens prendraient l'initiative du déclenchement de la guerre dans le Sinaï puis les français et les britanniques interviendraient quelques jours après. En échange, les israéliens ont obtenu des français une couverture navale et aérienne de leur territoire. Plusieurs avions français, peints aux couleurs israéliennes, mais pilotés par des aviateurs français, ont été envoyés en Israël avec pour mission de n’intervenir que pour défendre le territoire sans engager de missions d’attaques. Le gouvernement français acceptait par ailleurs à livrer des avions à réaction à Tsahal (Mystère II, Mystère IV, Vautour) et des chars légers AMX-13 et à développer une coopération nucléaire.
C'est à cette occasion qu'une étroite coopération franco-israélienne s'amorça grâce aux efforts de Shimon Pérès qui réussit à acquérir, auprès de la France, le premier réacteur nucléaire de Dimona et, auprès de l'avionneur français Dassault, le Mirage III, un avion de combat à réaction le plus évolué de l'époque.
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| Ariel Sharon durant la campagne de Suez |
Ben Gourion avait accepté de donner sa caution personnelle à l’expédition éclair qui devait mener les troupes israéliennes, le 29 octobre, sous la conduite du général Dayan et d’un jeune colonel de 28 ans, Ariel Sharon, jusqu’au Canal de Suez avec la protection aérienne franco-anglaise. L’opération n’ira pas à son terme car le président Eisenhower, à peine élu et soumis à la menace nucléaire russe, préféra faire plier les alliés en les obligeant à évacuer l’Egypte. Cet incident confortera les français dans la décision de fabriquer leur propre bombe atomique en y associant leur nouvel allié Israël.
L’expédition de Suez n’a jamais eu l’aval du ministère français des affaires étrangères qui avait été mis en dehors des secrets des préparatifs. « Surtout pas un mot au Quai d’Orsay » avait imposé le ministre de la défense. En revanche les industries militaires des deux pays avaient trouvé une source de coopération par la volonté d’hommes français et israéliens qui partageaient la même affinité politique socialiste, à fortiori lorsque le souvenir de la Résistance restait encore vivace dans les esprits.
L'idylle franco-israélienne dura dix ans dans l'intérêt des deux pays, alors dirigés par des socialistes, à la fois pour le développement des échanges commerciaux et pour la collaboration des industries de haute technologie. Cette proximité avec la France donna à Israël une grande assurance face aux injonctions russo-américaines de l'époque. L'entente se poursuivit pour atteindre son apogée à l’arrivée au pouvoir du général de Gaulle qui décida d'y mettre fin.
L'idylle franco-israélienne dura dix ans dans l'intérêt des deux pays, alors dirigés par des socialistes, à la fois pour le développement des échanges commerciaux et pour la collaboration des industries de haute technologie. Cette proximité avec la France donna à Israël une grande assurance face aux injonctions russo-américaines de l'époque. L'entente se poursuivit pour atteindre son apogée à l’arrivée au pouvoir du général de Gaulle qui décida d'y mettre fin.
vendredi 27 janvier 2012
L’IDYLLE FRANCO-ISRAELIENNE de 1948 à1958 Partie-2
L’IDYLLE FRANCO-ISRAELIENNE de 1948 A 1958
Par Jacques BENILLOUCHE
Partie-2/3
Lien pour la première partie :
Vincent Auriol (1884-1966) |
Le problème algérien et Nasser vinrent à point nommé pour orienter une frange politique française vers le soutien au sionisme. Certes les français qui montrèrent leur sympathie à Israël étaient en majorité socialistes ou juifs mais ils contribuèrent à favoriser l’idylle franco-israélienne. Ces relations privilégiées reposaient sur des liens personnels profonds entre socialistes français et israéliens et donnèrent un élan particulier à l’alliance entre les deux pays. Vincent Auriol, premier président de la IV° République, sera l’instigateur en 1954 de la signature d’un important contrat d’armement entre le jeune Shimon Pérès et le ministre Catroux, préfigurant ainsi une alliance tacite contre Nasser. Le président justifia ainsi sa décision : «En ce qui concerne la question palestinienne, la donnée fondamentale pour nous est que nous ne pouvions pas admettre la défaite d’Israël. Une victoire arabe se serait traduite par un accroissement de l’agitation en Afrique du Nord. Un Etat juif au centre du monde arabe était pour nous une garantie de sécurité et d’équilibre».
Le colonel Nasser avait fait son coup d’Etat le 23 juillet 1952 avec l’idée de devenir le champion du panarabisme qui lui imposait de s’identifier à tous les problèmes arabes et au problème algérien en particulier. Depuis 1954, les français étaient embourbés dans la guerre d’Algérie. Guy Mollet, président du Conseil, et Maurice Bourgès-Maunoury, ministre de la Défense, étaient persuadés que le cœur du FLN était au Caire et qu’en abattant Nasser, ils pouvaient mater la révolte algérienne. Les services secrets israéliens et français, en contact étroit, échangeaient des informations sur les agissements des « terroristes ».
Nasser, qui venait de renverser le roi Farouk d’Égypte, chercha un moyen d’asseoir sa gloire précaire par un acte de prestige symbolique en construisant le barrage d’Assouan. Mais le coût exorbitant des travaux ne trouva pas de financement occidental en raison de la faible solvabilité du pays. Ce refus l’incita, par provocation et par vengeance, à nationaliser en juillet 1956 le canal de Suez et tous les biens franco-britanniques. Il compléta ces mesures de rétorsion en offrant son soutien aux rebelles algériens et en ouvrant ses mers et ses ports aux navires soviétiques, ce qui ne pouvait qu’exacerber le conflit avec les autorités militaires françaises et anglaises.
Ce camouflet calculé du leader égyptien conduisit les anglais et les français à songer à des mesures militaires inéluctables. La France aurait bien voulu agir seule mais elle n'alignait que quelques escadrilles de Mystère, à court rayon d’action, inutilisables à longue distance. L’Angleterre n’était pas mieux lotie car elle ne disposait pas de base proche de l’Égypte. Alors les deux grands pays cherchèrent à camoufler leur impuissance militaire derrière un écran de fumée diplomatique et des gesticulations.
Dès le lendemain de la nationalisation, Français et Anglais ont envisagé une riposte militaire et leurs États-Majors avaient achevé les préparatifs dès le 15 août 1956. A ce moment-là, il n’était pas question de mêler Israël à l’opération car la France et la Grande-Bretagne répugnaient à se compromettre avec le jeune État hébreu, dont la solidarité occidentale était sujette à caution. Mais les anglais, embarqués par les Etats-Unis dans les méandres de la diplomatie, décidèrent de faire marche arrière et renoncèrent à toute action militaire contre l’Égypte.
La politique nassérienne
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| Colonel Nasser |
Le colonel Nasser avait fait son coup d’Etat le 23 juillet 1952 avec l’idée de devenir le champion du panarabisme qui lui imposait de s’identifier à tous les problèmes arabes et au problème algérien en particulier. Depuis 1954, les français étaient embourbés dans la guerre d’Algérie. Guy Mollet, président du Conseil, et Maurice Bourgès-Maunoury, ministre de la Défense, étaient persuadés que le cœur du FLN était au Caire et qu’en abattant Nasser, ils pouvaient mater la révolte algérienne. Les services secrets israéliens et français, en contact étroit, échangeaient des informations sur les agissements des « terroristes ».
Nasser, qui venait de renverser le roi Farouk d’Égypte, chercha un moyen d’asseoir sa gloire précaire par un acte de prestige symbolique en construisant le barrage d’Assouan. Mais le coût exorbitant des travaux ne trouva pas de financement occidental en raison de la faible solvabilité du pays. Ce refus l’incita, par provocation et par vengeance, à nationaliser en juillet 1956 le canal de Suez et tous les biens franco-britanniques. Il compléta ces mesures de rétorsion en offrant son soutien aux rebelles algériens et en ouvrant ses mers et ses ports aux navires soviétiques, ce qui ne pouvait qu’exacerber le conflit avec les autorités militaires françaises et anglaises.
Ce camouflet calculé du leader égyptien conduisit les anglais et les français à songer à des mesures militaires inéluctables. La France aurait bien voulu agir seule mais elle n'alignait que quelques escadrilles de Mystère, à court rayon d’action, inutilisables à longue distance. L’Angleterre n’était pas mieux lotie car elle ne disposait pas de base proche de l’Égypte. Alors les deux grands pays cherchèrent à camoufler leur impuissance militaire derrière un écran de fumée diplomatique et des gesticulations.
Représailles militaires
Dès le lendemain de la nationalisation, Français et Anglais ont envisagé une riposte militaire et leurs États-Majors avaient achevé les préparatifs dès le 15 août 1956. A ce moment-là, il n’était pas question de mêler Israël à l’opération car la France et la Grande-Bretagne répugnaient à se compromettre avec le jeune État hébreu, dont la solidarité occidentale était sujette à caution. Mais les anglais, embarqués par les Etats-Unis dans les méandres de la diplomatie, décidèrent de faire marche arrière et renoncèrent à toute action militaire contre l’Égypte.
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| Général Moshé Dayan |
Les français se tournèrent alors vers Israël car ils savaient que le jeune et bouillant chef d’État-Major de 41 ans, Moshé Dayan, rêvait d’en découdre avec les fédayins qui traversaient la frontière en apportant avec eux la mort dans les kibboutzim des frontières. Le chef du gouvernement, David ben Gourion, refusait toute opération tendant à autoriser Tsahal à traverser la frontière. Les français trouvèrent ainsi une oreille très attentive au sein de l’armée israélienne et décidèrent d’encourager sa coopération en lui fournissant l’armement qui lui manquait.
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| Le Quai d'Orsay |
Ainsi, bien avant la crise de Suez, du 11 avril à la mi-mai 1956, l’armée israélienne avait obtenu la livraison de 24 chasseurs Mystère. Le 23 juin, de nouveaux contrats portaient sur 200 chars, 72 Mystère, 10000 roquettes antichars et 40.000 obus. Mais ces contrats avaient été signés à l’insu du ministère des affaires étrangères français. De cette période idyllique date le début de l’animosité avec le Quai d’Orsay qui abritait des diplomates issus d’une vieille aristocratie catholique, profondément pro-arabe. Le ministre de la Défense Bourgès-Maunoury avait ainsi rapporté qu’en « raison de nos litiges et nos chicanes avec le Quai d’Orsay, il fut convenu que, dans la politique relative à Israël, l’Administration du Quai n’y serait en aucun cas mêlée ». Cette mise à l’écart avait été mal ressentie par le Quai qui n’était cependant pas très blanc politiquement car il avait des actes à se faire pardonner. En effet, en 1945, il n’avait pas hésité à aider le mufti de Jérusalem, allié des nazis et recherché par les Alliés, à se réfugier en Palestine. Les diplomates français n’eurent donc de cesse que d’obtenir leur revanche.
Fin de la partie-2
ÉGYPTE UN AN APRÈS : COLÈRE ET FRUSTRATION par Zvi MAZEL
ÉGYPTE UN AN APRÈS : COLÈRE ET FRUSTRATION
Par Zvi Mazel
Ancien ambassadeur d’Israël en Égypte
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| Place Tahrir le 25 janvier |
Les égyptiens ont marqué le premier anniversaire de la révolution non pas dans la liesse mais en une série de manifestations houleuses. L’an dernier ils étaient unanimes à crier : «A bas Moubarak et à bas le régime» et ils réclamaient liberté et démocratie, portés par un immense espoir, celui de voir naître une nation nouvelle tournée vers le développement économique et la modernité. Ils ont dû déchanter. Moubarak est tombé mais son régime perdure. Le Conseil Suprême des Forces Armées, qui dirige le pays, est composé d’hommes de l’ancien régime dont il emploie les méthodes ; il ne se montre guère pressé de passer le pouvoir aux institutions civiles récemment élues. Circonstance aggravante, la situation économique ne fait que se dégrader.
Déception générale
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| Libération de 3000 prisonniers le 25 janvier |
Au Caire, à Alexandrie, à Suez et dans nombre de villes, petites et grandes, la foule est descendue dans la rue ce mercredi 25 Janvier pour clamer sa déception et demander que la révolution soit menée jusqu’au bout. Au nombre des revendications : que les membres de l’ancien régime soient chassés de toutes les administrations publiques et que les responsables de la mort des manifestations soient punis ; que les réformes économiques et sociales soient enfin mises en chantier et surtout que le Conseil Suprême soit démis de ses fonctions. On était loin de l’allégresse et de l’unité des premiers jours.
Il y a tout juste un an les manifestants scandaient que le peuple et l’armée ne faisaient qu’un ; aujourd’hui ils veulent son départ. Il y a un an, jeunes et islamistes priaient ensemble place Tahrir et parlaient de coopération pour un avenir meilleur ; aujourd’hui ces jeunes, et les «bloggeurs du Six Avril» qui avec eux ont allumé la flamme révolutionnaire sont impuissants devant le déferlement d’une vague islamiste imprévue qui menace de ramener le pays au temps de Mahomet. Il y a un an musulmans et coptes défilaient sous la même bannière où croix et croissant étaient entrelacés ; aujourd’hui, après que des dizaines de coptes aient été massacrés par des musulmans, leurs églises saccagés ou la proie des flammes sans que l’armée n’intervienne, les coptes marchent seuls et demandent l’égalité des droits.
Signe tangible de ces divisions, sur cette place Tahrir devenue emblématique, il n’y avait pas moins de sept estrades, chacune avec ses slogans. Les jeunes du Six Avril et des militants de la confrérie des Frères Musulmans en sont venus aux mains ; d’autres jeunes se sont opposés aux partisans de la junte militaire. Parents et amis des 850 martyrs de la révolution étaient là pour demander la tête de Moubarak et de ses fils ; non loin d’eux, les parents et les amis des victimes de la répression sauvage des manifestations par l’armée et la police, après la chute de Moubarak, réclamaient le départ immédiat de la junte et la tête du maréchal Tantawi.
Immense désarroi
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| Salafistes égyptiens |
L’Egypte est en proie à un immense désarroi. Au terme d’un long processus électoral, le parlement ne compte pas moins de 72% d’islamistes radicaux : 47 % de Frères Musulmans et 25% de salafistes. Désormais le courant islamiste dispose d’un monopole pour diriger le pays. Est-ce bien cela que voulaient les Egyptiens ? Remplacer une dictature laïque corrompue par une dictature religieuse qui risque d’être plus dure encore ? Il faut bien reconnaitre que, dans leur grande majorité, rien ne les avait préparés à la démocratie et à ses valeurs. C’est tout naturellement qu’ils se sont tournés vers l’islam qui leur était familier et qui est à la base de leur culture. Depuis des années les Frères Musulmans leur répétaient que l’islam était la solution.
Lorsque la révolution éclata, il n’y avait sur la scène politique aucun parti centriste libéral capable d’en prendre la tête et de l’orienter vers la démocratie et le développement. Les nouveaux partis crées par les jeunes révolutionnaires, n’ayant pas eu le temps de se faire connaître, ont connu une humiliante défaite aux urnes et n’exerceront qu’une piètre influence au parlement. Il leur faudra attendre encore longtemps l’avènement de véritables partis centristes capables de séduire les électeurs.
Frères Musulmans et salafistes s’appliquent aujourd’hui à rassurer l’opinion publique à l’intérieur et à l’extérieur de l’Egypte. Ils affirment qu’ils se laisseront guider par le pragmatisme et ne chercheront pas à imposer leur islam. Ce sont de beaux discours auxquels personne ne croit. Les Frères se sont présentés aux élections au nom d’un mouvement à l’idéologie islamiste radicale bien déclarée. Cela fait 80 ans qu’ils attendaient cette victoire. Ils ont résisté à l’oppression et à la répression et ont réussi à créer un vaste réseau d’aide aux plus démunis. Maintenant qu’ils touchent au but, maintenant qu’ils ont réussi à conquérir le parlement dans des élections libres, pourquoi renonceraient-ils à l’idéologie qui est leur raison d’être ? Il leur faudra sans doute avancer avec prudence, et s’attaquer en priorité aux problèmes économiques, mais leur Guide Suprême, Mohammed Badi’e l’a dit clairement la semaine dernière dans un message adressé aux membres du mouvement : ils vont bientôt pouvoir réaliser les objectifs de leur illustre fondateur Hassan el Banna « un gouvernement juste et vrai qui leur permettra d’œuvre à l’établissement du Califat dans le monde entier » ; en d’autres termes, forts de leurs succès, les Frères ne vont pas renoncer à leur but.
Une junte omniprésente
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| L'armée gère la situation |
La partie n’est tout de même pas tout à fait gagnée. Les Frères comptent demander à la junte militaire d’arrêter de légiférer par décrets comme elle le fait depuis la chute de Moubarak et de passer ses pouvoirs au parlement élu. De son côté, l’armée a déclaré haut et fort avant les élections qu’elle n’abandonnerait pas ses fonctions avant que la nouvelle constitution n’ait été ratifiée et un président élu. Elle entend bien s’en servir pour orienter la rédaction de la constitution ainsi que pour influencer l’élection présidentielle.
C’est à un conseil de cent membres élus conjointement par la chambre basse déjà en place et par la chambre haute qui sera élue en février que va revenir la rédaction de la constitution qui devra ensuite être soumis à ratification par référendum. Le choix des membres de ce conseil ne se fera pas sans heurts. Les Frères feront tout pour obtenir une constitution résolument islamiste, pour laminer les prérogatives du président et pour renforcer le parlement où ils sont majoritaires, transformant au passage le régime présidentiel en un régime parlementaire et s’assurant une mainmise totale sur l’Egypte.
Ce que tous les égyptiens aimeraient savoir, c’est ce que va faire la junte. Va-t-elle tenter de rester au pouvoir coûte que coûte ? Cherchera-t-elle à s’assurer une immunité totale non seulement concernant des plaintes éventuelles contre ses membres jugés complices de la corruption du régime Moubarak et que l’on voudrait trainer en justice à leur tour, mais encore, contre les lourdes accusations se référant à la répression brutale qui a fait une soixantaine de morts et des milliers de blessés. Dans un pays où les rumeurs font partie de la vie politique, on chuchote que les Frères Musulmans auraient donné des assurances à l’armée pour obtenir son départ. En tout état de cause, la junte pourrait difficilement se maintenir en place ; les manifestations prendraient une telle ampleur qu’une guerre civile serait à craindre.
Crise économique
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| La Bourse du Caire |
Toute cette agitation politique n’arrive pas masquer l’ampleur de la crise économique. La croissance en 2011 avoisine zéro. L’hémorragie de capitaux partis chercher refuge à l’étranger est catastrophique. Des hommes d’affaires et des industriels de premier plan ont pris la fuite ou sont en prison. Des grèves répétées ont affecté la production et l’exportation. Le tourisme, ressource essentielle, est en chute libre. Le pipeline conduisant le gaz égyptien vers Israël et vers la Jordanie ayant été saboté à dix reprises, l’Egypte a perdu des centaines de millions de dollars de revenus. Les négociations en cours avec les pays arabes producteurs de pétrole, les Etats-Unis et le Fonds Monétaire International, en vue d’obtenir des prêts, sont au point mort, l’Egypte se refusant à procéder aux réformes indispensables qui sont la condition de ces prêts. Pourtant, sans cette aide, le pays ne pourra bientôt plus continuer à importer des produits essentiels et à subventionner les produits de première nécessité pour les couches les plus défavorisées qui représentent 40 pour cent de la population. Si cela devait arriver, c’est une nouvelle révolution qui pourrait éclater, la révolution des affamés.
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| Frontière Egypte-israël |
Reste la question des relations avec Israël. Là encore les Frères Musulmans se sont répandus en déclarations contradictoires. On peut toutefois supposer que dans un premier temps ils ne toucheront pas au traité de paix, pour continuer à percevoir l’aide américaine et ne pas heurter l’opinion publique internationale. Toutefois un travail de sape risque de se faire en sourdine, réduisant au minimum le dialogue entre les deux pays et les échanges économiques pour finalement vider l’accord de son contenu. Dans le même temps l’Egypte apportera son soutien au Hamas et lui fournira équipement et munitions. Une perspective dangereuse pour Israël. Evidemment on peut, encore, toujours espérer que le pragmatisme et la nécessité de mobiliser tous les efforts pour redresser l’économie mettront un frein à ce scénario lourd de menaces, tout en se préparant au pire.
jeudi 26 janvier 2012
HOLLANDE RENTRE DANS L’ARÈNE par Gérard AKOUN
HOLLANDE RENTRE DANS L’ARÈNE
Par Gérard AKOUN
Judaïques FM
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Après la prestation remarquable, sur le fond comme sur la forme, de François Hollande, dimanche dernier au Bourget, je ne pense pas qu’on puisse croire encore, à droite, que le candidat du parti socialiste n’a pas la carrure d’un présidentiable. Les dirigeants de l’UMP, les ministres, chargés de sonner la charge contre le candidat, après son discours, ont fait piètre figure : ils étaient décontenancés. Certes les quinze ou vingt mille personnes qui ont applaudi, à tout rompre, François Hollande lui étaient acquises, mais on aura noté que tous les éléphants se sont rangés derrière lui.
Sondages
Contrairement à ce qui s’était passé avec Ségolène Royal, il n’y aura pas de dissonances entre le candidat et son parti. Les socialistes abordent cette échéance dans les meilleures conditions, d’autant que le président sortant, qui n’est pas encore candidat, souffre d’un déficit d’image. Sondage après sondage, il est donné perdant au premier comme au deuxième tour : 27% Hollande, 23% Sarkozy et respectivement 55% et 45% au second tour. Mais les sondages ne font pas l’élection et le match électoral sera difficile, sans concession et le résultat serré.
Le candidat non déclaré, comme certains le nomment, a affirmé qu’il continuerait à décider, à réformer, en un mot à gouverner jusqu’au bout; il n’abandonnera pas son navire en détresse, l’État en l’occurrence, comme certain capitaine, pour entrer en campagne. Mais n’y est il pas déjà ? Croit-il pouvoir maintenir un suspense, qui n’en est pas? Lui-même n’a-t-il pas fait allusion à une défaite qui n’est possible que s’il est candidat ? Nicolas Sarkozy a, même, évoqué ce que pourrait être sa vie en dehors de la politique, en déclarant « pour la première fois de ma vie, je suis confronté à la fin de ma carrière, dans quelques mois ou dans cinq ans ». Ce fut dit en petit comité, mais destiné à être répété et commenté. Coup de bluff, coup de blues, les commentateurs s’interrogent ; un peu de blues, il était en Guyane sans Carla, sans Giulia, beaucoup de bluff, dirais-je : le défaitisme ne correspond pas à son caractère, il se battra jusqu’au bout, parce qu’il est sur d’être le meilleur.
La riposte
Il prépare déjà sa riposte, il s’adressera aux français, lors d’une émission télévisée sur les grandes chaines nationales qui sera reprise par les chaines d’information en continu, dimanche prochain, trois jours après que François Hollande aura rendu public son programme, un programme détaillé et chiffré. Nicolas Sarkozy devrait faire un certain nombre d’annonces sur la TVA, sur les trente cinq heures, sur la flexibilité du travail, sur la compétitivité, des mesures d’application immédiates. Le temps presse et le président voudrait faire en trois mois ce qu’il n’a pas fait en cinq ans !
Mais sa cible principale sera le programme de François Hollande, il considère que le candidat socialiste s’est livré « à une attaque absolument sans précédent contre les classes moyennes avec la progressivité de la CSG, la suppression du quotient familial, l’indexation sur le revenu de la consommation d’eau, de gaz et d’électricité, l’instauration d’une nouvelle tranche d’impôt supplémentaire sur le revenu ». Nicolas Sarkozy ne peut accepter ce fait majeur, la recherche du profit maximum par les milieux financiers, qu’il n’a cessé de soutenir durant son quinquennat, a plongé la France et le monde dans une crise dramatique dont il faut aujourd’hui réparer les effets dévastateurs.
Oui le mur de l’argent, la finance sont des réalités. Il n’est pas étonnant que des entreprises délocalisent quand on exige d’elles une rentabilité à deux chiffres, qu’un pays perde son industrie parce que dans ce secteur, une telle rentabilité ne peut être atteinte. Le chef de l’État fait mine de ne pas comprendre qu’un candidat socialiste ne proposera pas des solutions identiques aux siennes, à la crise, au remboursement nécessaire de la dette et qu’il ne fera pas peser, sur les couches sociales les plus pauvres et sur les couches moyennes, seulement, le poids des efforts à fournir.
Il est intéressant de constater que Barack Obama, dans son discours, mardi dernier, sur l’état de l’Union, ait proposé une augmentation de la fiscalité sur les plus riches. Il veut instituer un taux d’imposition minimal de 30¨% sur les revenus des milliardaires ; il veut aussi soutenir l’emploi en encourageant la ré-industrialisation du pays en utilisant des mesures incitatives ou coercitives. Son message de campagne : « nous pouvons restaurer une économie où tout le monde a une chance, où tout le monde fait sa part, et tout le monde joue selon les mêmes règles » exprime, à sa manière, le besoin d’égalité prôné par François Hollande.
Le Monde a publié, hier, un dessin de Dilem qui me servira de conclusion : on y voit Obama, accoudé à un pupitre, devant sa feuille de route pour sa réélection, et disant «j’ai téléchargé illégalement le programme de Hollande depuis le site du PS ».
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