PALESTINIENS : COMPÉTITION AU SOMMET
Par Jacques
BENILLOUCHE
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Une certaine
compétition existe entre les dirigeants palestiniens au point de ne plus savoir
qui représente réellement l’entité qui se cache derrière la terminologie de «peuple
palestinien». Mahmoud Abbas, président de l’Autorité, Ismaël Haniyeh,
leader de Gaza, et Khaled Mechaal, tête pensante du Hamas, sont à la recherche chacun
d’une légitimité.
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| Abbas, Mechaal et Haniyeh |
Nouveau
leadership
Jusqu’alors ces
dirigeants prenait directement leurs ordres auprès du président syrien, vassal
de l’Iran, en faisant régulièrement acte d’allégeance avec celui qui les armait,
les finançait et les hébergeait. Mais les révolutions en Syrie et en Égypte ont
changé la donne. Mohamed Morsi, le président égyptien issu des Frères
musulmans, auréolé par sa victoire acquise dans un scrutin démocratique, a été
promu au rang de sage du monde musulman dont on cherche à présent l’imprimatur,
en attendant de lui offrir le leadership du monde musulman.
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| Erekat, Abbas et Morsi |
Ainsi Mahmoud
Abbas a été reçu par le nouveau président égyptien le 18 juillet. Ils ont
évoqué ensemble le processus de paix avec Israël avec l’espoir des palestiniens que l’Égypte jouera le rôle d’intermédiaire
car selon le président de l’Autorité : «les portes étaient fermées à un
processus politique avec Israël et il n'y avait aucune communication bilatérale».
L’Égypte est certes à l’heure actuelle plus proche du Hamas, issu des Frères
musulmans, mais elle ne semble pas, pour des raisons purement économiques,
vouloir se couper des américains en ne respectant pas le traité de paix
israélo-égyptien de 1979.
Allégeance
Le dirigeant du
Hamas, Khaled Mechaal, qui a quitté sa base de Damas à la suite des évènements,
tenait à marquer au pas les agissements du président de l’Autorité et même
à le doubler. Il s’est déplacé le même jour au Caire pour rencontrer le chef
des services de renseignements Mourad Mouwafi ainsi que le président Morsi.
Dans une déclaration élogieuse, faisant office d’acte d’allégeance, il a salué l’élection
du nouveau président «Nous sommes entrés dans une nouvelle ère dans les
relations de la Palestine avec l'Égypte, grande sœur et chef de la nation arabe».
Mechaal, qui a
assimilé la volonté de Morsi d’éviter les frictions avec Israël et avec les États-Unis,
a plutôt abordé les problèmes économiques de Gaza. Il cherche à permettre à la
bande de devenir indépendante pour la fourniture de gaz et de pétrole, fournis
actuellement par Israël.
Mahmoud Abbas
et Khaled Mechaal ont chacun tenté de «vendre» leur position et leur
stratégie. Le leader du Hamas a au moins gagné sur un point, sur la durée de l’entretien
de deux heures avec Morsi, deux fois plus de temps que le président de l’Autorité.
Il s’agissait pour Mechaal de renouer des liens distendus avec l’Égypte car le
Hamas avait choisi l’alliance avec l’Iran, le Hezbollah et la Syrie contre Hosni
Moubarak. Il a insisté pour obtenir l’allègement du blocus de Gaza puisque l’ouverture
de la frontière reste encore soumise à des aléas et à des mesures restrictives.
L’Égypte n’a encore affiché aucun changement de politique depuis l’avènement du
nouveau régime.
Dualité
Sachant que
Mahmoud Abbas l’avait précédé, le leader du Hamas a demandé que l’Égypte «guide
un processus de réconciliation entre le Hamas et le Fatah. L'Égypte a un rôle
clé dans ce domaine alors que le Hamas reste stratégiquement engagée sur la
réconciliation». Mais le président de l’Égypte doit d’abord résoudre ses propres
problèmes internes, économiques et politiques.
Cette dualité
entre mouvements palestiniens antagonistes stérilise toute avancée dans les
discussions avec Israël et accroit la mauvaise humeur des américains qui ne
cautionnent plus la stratégie brouillonne palestinienne. La situation reste donc bloquée.

















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