FRANCOPHONIE : ISRAEL L’OUBLIE
Par Jacques
BENILLOUCHE
Le gouvernement socialiste vient de
désigner Yamina Benguigui au poste de ministre déléguée auprès du ministre des
Affaires étrangères, chargée de la Francophonie. Il tient ainsi à marquer son
intérêt pour la défense et le développement du français à l’étranger.
Sujets politiques
Il est donc nécessaire de rappeler,
encore une fois, qu’Israël est l’oublié de l’Organisation de
Au lieu de promouvoir la langue et
la culture françaises et de combattre l’impérialisme réel et envahissant de la
culture anglo-américaine, les Sommets de la francophonie ont fixé des ordres du
jour strictement politiques : paix et droits de l’homme, démocratie et
économie, technologie et environnement, enjeux environnementaux et économiques
face à la gouvernance mondiale, et enfin Egalité femmes/hommes. Tout a été
organisé pour que la politique et l’idéologie priment sur la culture et la
linguistique. Si les politiques avaient été exclus de ces réunions, les combats
n’auraient été que littéraires.
Nul n’ignore qu’Israël, avec ses
centaines de milliers d’originaires des anciennes colonies françaises et des
pays de l’Est amoureux du français, est exclu de l’organisation par suite du
véto de certains pays dont l’intransigeance vis à vis du pays hébreu va jusqu’à
prendre la culture en otage. Pourtant M. Diouf avait estimé, à juste titre, que
la « langue française appartient à
ceux qui ont choisi de la féconder aux accents de leurs cultures, de leurs
imaginaires, de leurs talents ».
Culture et politique
![]() |
| Victor Hugo |
Cette volonté de mêler la politique
à la culture ne s’explique pas. Pourtant rien n’est fait par l’Organisation
pour considérer que la défense et la diffusion des textes de Zola, Balzac ou
Victor Hugo doivent s’élever au dessus des intérêts politiques des dirigeants.
La culture est un espace de liberté et de paix où les amoureux des textes, des mots
et des phrases bien faites devraient se retrouver dans le seul combat pour la
défense du talent et de la liberté de penser et d’écrire.
Israël ne mérite pas, selon certains
diplomates représentant souvent des régimes verrouillés ou pourris, de figurer
parmi cette caste qui se permet de fixer des objectifs dénaturés alors que
Malraux et Sartre défendaient d’abord le combat littéraire avant la lutte
politique. La France ,
marraine de cette organisation, a déçu jusqu’à présent en faisant preuve de retenue et en se réfugiant
derrière l’alibi des statuts. On organise des révolutions, on modifie des pans
entiers de Constitution mais on hésite à modifier quelques articles d’un
règlement, devenu obsolète avec le temps, qui permet à un seul pays d'apposer son veto contre l'admission d'Israël.
Israël est exclu de cette
organisation malgré ses 10% de francophones alors que son voisin, l’Egypte y
adhère avec 1% sans oublier l’Albanie et les Iles Seychelles avec moins de 1%. Ses
membres devraient s’inspirer des idéaux de culture pour faire asseoir à la même
table des ennemis dont le seul ordre du jour serait de lutter pour la
prééminence de la langue française. Mais pour cela il faut d’abord faire preuve
de réalisme avant de faire preuve d’intelligence. L’intelligence consiste à comprendre que la
culture peut souvent favoriser des liens humains purs et désintéressés pouvant
conduire des ennemis potentiels à se parler, puis à se connaître et enfin à
s’apprécier.
Quelques politiques courageux osent ouvertement
se prononcer sur cette anomalie qui met Israël au ban de la culture française
malgré les nombreuses publications dans la langue de Molière qui naissent au
fil des amours des israéliens avec le texte et les mots. La langue française
doit être considérée comme une espèce protégée et paradoxalement Israël, selon
le souhait d’Abdou Diouf, «fait l’effort
de se penser dans un ensemble linguistique dynamique et créateur de diversité
culturelle».
Nous attendons de la nouvelle ministre
qu'elle fasse preuve d'un courage politique qui a manqué jusqu’alors pour corriger une anomalie qui
fait tâche. Elle devrait être d’autant plus motivée qu’elle a toujours vécu à cheval sur
deux cultures.

















1 commentaire:
Eh bien on va attendre la suite !
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