LES SIX, ISRAËL ET L’IRAN
Par Gérard AKOUN
Judaïques FM
Depuis hier, les grandes puissances,
mandatées par l’ONU les «5+1 » (Etats Unis, France, Royaume uni, Chine,
Russie et Allemagne) débattent, à Bagdad,
avec l’Iran pour obtenir de ce pays,
l’arrêt de la course au nucléaire militaire qu’il mène, déjà, depuis plus de
dix ans. Jusqu’à présent, les nombreuses réunions qui avaient eu lieu,
n’avaient pas abouti.
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Nucléaire militaire
Les iraniens soutenaient, contre toute
évidence, qu’à travers leur programme
nucléaire, ils poursuivaient des objectifs
civils et non militaires et qu’ils respectaient le traité de non
prolifération nucléaire dont ils étaient signataires. Pendant des années, forte
du soutien de la Russie et de la Chine qui s’opposaient à des sanctions
économiques ou financières trop lourdes, la diplomatie iranienne a réussi à
braver le monde occidental, à éviter de véritables inspections de ses sites
nucléaires par l’AIEA, à en dissimuler
certains, tout en continuant à
développer son programme militaire.
Mais l’étau s’est, quand même, resserré
autour de l’Iran : la fiction d’un nucléaire à vocation civile, n’est plus
soutenable, les sanctions produisent leur effet et elles vont s’aggraver à
partir du 1er juillet avec l’entrée en vigueur de l’embargo
pétrolier décrété par l’Union Européenne. De plus le recours à l’option militaire, dont jusqu’à présent Israël, le plus menacé par
l’armement nucléaire iranien, se faisait, seul, le champion, n’est plus totalement
écarté si les iraniens ne sont pas ramenés à la raison. D’ailleurs, si ce
n’était pas le cas, Israël a averti qu’il interviendrait, même sans le
soutien américain, pour empêcher l’Iran de se doter de l’arme
nucléaire avant que le point de non retour ne soit atteint.
Accord intermédiaire
Cette réunion aurait, selon certaines
sources diplomatiques, quelques chances d’aboutir, non pas à une
liquidation du contentieux nucléaire
mais à un accord intermédiaire entre les Six et l’Iran qui permettrait de faire
baisser la tension dans la région. Mais il y a loin de la coupe aux lèvres et,
s’il est exact que les sanctions commencent à produire des effets délétères sur
l’économie iranienne et que la population en subit les conséquences, il n’est
pas certain que l’Iran se sente contraint d’accepter les conditions posées par
les Six. Ils vont, en effet exiger que l’Iran cesse la production d’uranium
enrichi à 20%, dans le site souterrain
Fordo situé prés de Qom, qu’il en évacue les 140kgs qu’il posséderait
vers l’étranger- 250kgs sont nécessaires pour fabriquer une bombe- et qu’il se
soumette à tous les contrôles que l’AIEA exigerait. Il pourrait néanmoins produire de l’uranium
enrichi à 3,5% à usage civil.
En contre partie, et à condition que l’Iran
applique ces mesures, preuve à l’appui, les nouvelles sanctions prévues à
compter du 1er juillet ne seraient pas appliquées, mais pour autant
celles en cours ne seront pas levées. Pour cela il faudra que les iraniens, qui
n’ont jamais été avares de promesses non tenues, démontrent qu’ils négocient réellement et pas seulement pour obtenir une levée des sanctions.
Désaccord israélien
Si l’Iran jouait le jeu honnêtement, il
ferait partie de ces pays, ils sont bien une vingtaine de par le monde, qui ont
la capacité de fabriquer la bombe mais
qui restent au seuil. Pour les Six, ce serait un compromis acceptable, il l’est
beaucoup moins pour Israël qui ne fait pas confiance aux iraniens dont les
dirigeants civils ou militaires continuent à clamer «qu’ils veulent détruire
Israël, l’anéantir, que le régime sioniste est une tumeur cancéreuse qui doit
être amputée et sera amputée». Les israéliens exigent que le site
souterrain de Qom soit démantelé ainsi que le site d’essais d’explosifs de
Parchin ; ils refusent que Téhéran soit même autorisé à produire de l’uranium
enrichi à 3,5%. Ils sont en désaccord avec les américains et l’Union Européenne.
La
France, qui avec Sarkozy, était la plus dure vis-à-vis de l’Iran, s’est
totalement alignée sur les positions américaines. Les israéliens restent, eux, persuadés, à tort ou à raison, que les
iraniens ne cherchent, une fois de plus, qu’à gagner du temps et qu’ils restent
toujours aussi menaçants et dangereux. Ehoud Barak, le ministre de la Défense, a
prévenu : «Il est clair, pour les dirigeants du monde entier, qu’au
bout du compte, dans les domaines cruciaux pour sa sécurité ou son avenir, le
gouvernement israélien est le seul à prendre ses décisions». On ne peut que
l’approuver.

1 commentaire:
L'Iran va accéder au statut de grande puissance en négociant avec Mme Ashton, une anti-Israel professionnelle, gagner du temps dans ses projets; est ce que les Sunnites accepteront d'être aussi les dindons de la farce.
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