LES
LÉGISLATIVES : UN TROISIÈME TOUR ?
Par Gérard AKOUN
Judaïques FM
Je voudrais commencer cette chronique, en saluant la
dignité avec laquelle Nicolas Sarkozy a accepté sa défaite. Quelle différence
avec l’attitude de Valery Giscard d’Estaing en 1981. Battu par François Mitterrand, il avait voulu
que reste gravée dans la mémoire des téléspectateurs, pour illustrer son départ,
l’image d’une chaise vide. Nicolas Sarkozy, quoiqu’il puisse lui en couter, a dédramatisé
sa défaite, il laissera cette belle
image des deux présidents, le sortant et l’entrant, remontant les Champs
Elysées pour commémorer le 8 mai 1945, l’image de la continuité républicaine. Il
a souhaité «bonne chance» à son successeur et ce vœu n’était pas
superflu !!
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Grave
crise économique
François Hollande
hérite d’une France en proie à une grave crise économique et sociale, une
France divisée, une France qui doute, une France, dans laquelle Marine Le Pen a
obtenu au premier tour de la présidentielle, j’arrondis, 6.421.000 voix. Ce chiffre est à comparer aux 5.471.000 voix obtenues, en 2002, par
l’extrême-droite qui présentait alors deux candidats, Le Pen et Mégret. Prés
d’un million de voix ont été gagnées par l’extrême- droite, entre 2002 et 2012,
période pendant laquelle Jacques Chirac puis Nicolas Sarkozy ont présidé la
République.
L’extrême droite
s’enracine dans la vie politique française, avec une nouvelle dirigeante, qui n’a plus seulement l’intention
d’exercer une fonction tribunicienne, comme son père, mais qui aspire à exercer
le pouvoir en devenant la force motrice de la droite. Nicolas Sarkozy et son
conseiller Patrick Buisson ont cru qu’ils pourraient, comme en 2007, récupérer
au deuxième tour l’électorat en déshérence, de Marine Le Pen. Les résultats prouvent
qu’ils se sont trompés, le noyau dur du Front National a voté blanc ou nul, ou
s’est abstenu ; la droitisation de la campagne n’aura servi qu’à légitimer
les thèmes développés par l’extrême- droite depuis des années, contre
l’immigration, pour la préférence nationale, contre l’Europe.
Accord
UMP-LE PEN
Les prochaines
législatives seront édifiantes : quand on interroge les électeurs qui ont
voté Sarkozy ou Le Pen, 70% d’entre eux
sont d’accord pour des désistements réciproques ou des accords électoraux pour
battre les socialistes, montrant ainsi la porosité
qui existe entre les deux électorats. Marine Le Pen s’oppose à des
accords avec l’UMP : ce serait contraire à sa stratégie, à court et moyen
terme, mais ne s’opposerait pas à des accords locaux, au cas par cas.
L’UMP, pour le
moment, rejette de telles compromissions,
mais déjà des voix s’élèvent en son sein, pour remettre en cause cette attitude
morale qui pourrait coûter très cher en
sièges de député. En effet, lors des scrutins précédents, les français ont toujours
donné au président nouvellement élu, une majorité parlementaire pour lui permettre
d’appliquer son programme ; ils
devraient donc, cette fois encore, voter majoritairement pour la gauche, si ce
n’est pour les seuls candidats du parti
socialiste.
Déroute
Pour éviter une
déroute trop importante, la droite utilise l’argument suivant : il ne faut
pas que tous les pouvoirs soient réunis entre les mains d’un seul
parti !!! Il est vrai que le parti socialiste, avec ses alliés, détient la
majorité des régions, la majorité des départements, beaucoup de villes grandes
et moyennes qui ont été conquises sur la
droite, élection après élection. Ont-ils
pu, pour autant, intervenir dans la gouvernance de la France ? Non.
Dans la cinquième
République, pour gouverner, il faut détenir la Présidence, la majorité à
l’Assemblée nationale et éventuellement au
Sénat. C’était le cas sous la présidence de Nicolas Sarkozy, la gauche
n’ayant ravi que depuis peu le Sénat ; elle aura mis plus de cinquante ans
pour y parvenir. Était-ce pour autant la dictature ? Non. Et il n’y eut
pas, alors, de bonnes âmes pour s’offusquer de l’absence de contre pouvoirs.
Faudrait-il, aujourd’hui s’en inquiéter parce qu’un socialiste a été élu à la Présidence de la République, et au nom d’une éthique démocratique, à géométrie variable, espérer dans un troisième tour, les législatives, effacer les effets, des deux premiers ? Ce serait insulter les 17.791.436 électeurs qui ont élu François Hollande ; mais ce serait surtout un mauvais coup porté à la France. La cohabitation souhaitée par certains n’aboutirait qu’à dégrader la situation économique et financière, elle serait synonyme d’immobilisme et ce n’est vraiment pas ce dont la France a besoin. Il faut faire confiance à l’intelligence des électeurs, ils voudront donner à la gauche la possibilité d’appliquer son programme mais avec l’obligation de réussir.
Faudrait-il, aujourd’hui s’en inquiéter parce qu’un socialiste a été élu à la Présidence de la République, et au nom d’une éthique démocratique, à géométrie variable, espérer dans un troisième tour, les législatives, effacer les effets, des deux premiers ? Ce serait insulter les 17.791.436 électeurs qui ont élu François Hollande ; mais ce serait surtout un mauvais coup porté à la France. La cohabitation souhaitée par certains n’aboutirait qu’à dégrader la situation économique et financière, elle serait synonyme d’immobilisme et ce n’est vraiment pas ce dont la France a besoin. Il faut faire confiance à l’intelligence des électeurs, ils voudront donner à la gauche la possibilité d’appliquer son programme mais avec l’obligation de réussir.

















1 commentaire:
Donc, la logique de ton article serait-elle: "votez pour Daphna Poznanski aux législatives de manière à contribuer à donner à la Gauche les moyens d'appliquer sa politique" ?
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