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jeudi 10 mai 2012

LES LÉGISLATIVES : UN TROISIÈME TOUR ? Par Gérard AKOUN


LES LÉGISLATIVES : UN TROISIÈME TOUR ?

Par Gérard AKOUN
Judaïques FM


Je voudrais  commencer cette chronique, en saluant la dignité avec laquelle Nicolas Sarkozy a accepté sa défaite. Quelle différence avec l’attitude de Valery Giscard d’Estaing en 1981.  Battu par François Mitterrand, il avait voulu que reste gravée dans la mémoire des téléspectateurs, pour illustrer son départ, l’image d’une chaise vide. Nicolas Sarkozy, quoiqu’il puisse lui en couter, a dédramatisé sa défaite,  il laissera cette belle image des deux présidents, le sortant et l’entrant, remontant les Champs Elysées pour commémorer le 8 mai 1945, l’image de la continuité républicaine. Il a souhaité «bonne chance» à son successeur  et ce vœu n’était pas superflu !!


 
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Grave crise économique


François Hollande hérite d’une France en proie à une grave crise économique et sociale, une France divisée, une France qui doute, une France, dans laquelle Marine Le Pen a obtenu au premier tour de la présidentielle, j’arrondis,  6.421.000  voix. Ce chiffre est à comparer aux  5.471.000 voix obtenues, en 2002, par l’extrême-droite qui présentait alors deux candidats, Le Pen et Mégret. Prés d’un million de voix ont été gagnées par l’extrême- droite, entre 2002 et 2012, période pendant laquelle Jacques Chirac puis Nicolas Sarkozy ont présidé la République.
L’extrême droite s’enracine dans la vie politique française, avec une nouvelle  dirigeante, qui n’a plus seulement l’intention d’exercer une fonction tribunicienne, comme son père, mais qui aspire à exercer le pouvoir en devenant la force motrice de la droite. Nicolas Sarkozy et son conseiller Patrick Buisson ont cru qu’ils pourraient, comme en 2007, récupérer au deuxième tour l’électorat en déshérence, de Marine Le Pen. Les résultats prouvent qu’ils se sont trompés, le noyau dur du Front National a voté blanc ou nul, ou s’est abstenu ; la droitisation de la campagne n’aura servi qu’à légitimer les thèmes développés par l’extrême- droite depuis des années, contre l’immigration, pour la préférence nationale, contre l’Europe.

Accord UMP-LE PEN

Les prochaines législatives seront édifiantes : quand on interroge les électeurs qui ont voté Sarkozy ou Le Pen,  70% d’entre eux sont d’accord pour des désistements réciproques ou des accords électoraux pour battre les socialistes, montrant ainsi  la porosité  qui existe entre les deux électorats. Marine Le Pen s’oppose à des accords avec l’UMP : ce serait contraire à sa stratégie, à court et moyen terme, mais ne s’opposerait pas à des accords locaux, au cas par cas.
L’UMP, pour le moment,  rejette de telles compromissions, mais déjà des voix s’élèvent en son sein, pour remettre en cause cette attitude  morale qui pourrait coûter très cher en sièges de député. En effet, lors des scrutins précédents, les français ont toujours donné au président nouvellement élu, une majorité parlementaire pour lui permettre  d’appliquer son programme ; ils devraient donc, cette fois encore, voter majoritairement pour la gauche, si ce n’est pour les seuls  candidats du parti socialiste.

Déroute
Jean-Pierre Bel, Président du Sénat

Pour éviter une déroute trop importante, la droite utilise l’argument suivant : il ne faut pas que tous les pouvoirs soient réunis entre les mains d’un seul parti !!! Il est vrai que le parti socialiste, avec ses alliés, détient la majorité des régions, la majorité des départements, beaucoup de villes grandes et moyennes  qui ont été conquises sur la droite, élection  après élection. Ont-ils pu, pour autant, intervenir dans la gouvernance de la France ? Non.
Dans la cinquième République, pour gouverner, il faut détenir la Présidence, la majorité à l’Assemblée nationale et éventuellement au  Sénat. C’était le cas sous la présidence de Nicolas Sarkozy, la gauche n’ayant ravi que depuis peu le Sénat ; elle aura mis plus de cinquante ans pour y parvenir. Était-ce pour autant la dictature ? Non. Et il n’y eut pas, alors, de bonnes âmes pour s’offusquer de l’absence de contre pouvoirs. 
Faudrait-il, aujourd’hui s’en inquiéter parce qu’un socialiste a été élu à la Présidence de la République, et au nom d’une éthique  démocratique, à géométrie variable, espérer dans un troisième tour, les législatives, effacer les effets, des deux premiers ? Ce serait insulter les 17.791.436 électeurs qui ont élu François Hollande ; mais ce serait surtout un mauvais coup porté à la France. La cohabitation souhaitée par certains n’aboutirait qu’à dégrader la situation économique et financière, elle serait  synonyme d’immobilisme  et ce n’est vraiment pas ce dont la France a besoin. Il faut faire confiance à l’intelligence des électeurs, ils voudront donner à la gauche la possibilité d’appliquer son programme mais avec l’obligation de réussir. 


1 commentaire:

Max SEMORY a dit…

Donc, la logique de ton article serait-elle: "votez pour Daphna Poznanski aux législatives de manière à contribuer à donner à la Gauche les moyens d'appliquer sa politique" ?