LA
MAISON EXTRAORDINAIRE DE L’ARTISTE ILANA GOOR
Par
Sarah Oling
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| La vieille ville de Jaffa |
En
voyage récemment en Israël, mes pas me conduisirent à Jaffa, quartier d'artiste
de Tel-Aviv, devenu un port de loisirs, port par lequel Napoléon arriva, au
cours de sa campagne d'Égypte. Par un soleil éclatant, mon regard s'accroche
sur une porte extraordinaire, l'entrée du musée d'une artiste dont j'ignorai le
nom, Ilana Goor, musée mais également demeure d’été de la famille Goor.
Pèlerins
juifs
| Sarah Oling au musée |
Ce
lieu m’appelle, impressionnant, imposant. En levant les yeux, il me semble
apercevoir, au deuxième niveau, un jardin surplombant la mer. J’entre, sans
intention particulière, juste pour répondre à cet appel, faire une rencontre
artistique. Le bâtiment, qu’Ilana Goor acquit à la fin des années 70, fut
construit au 18ème siècle, originellement pour servir de caravansérail, à la
disposition des pèlerins juifs venant en Terre Sainte. Acheté au 19ème siècle
par une famille arabe de Jaffa, le rez-de-chaussée fut transformé en fabrique
de cosmétiques à base d'huile d'olive et le sous-sol en four à huile.
Rénové
par l'artiste, le bâtiment a retrouvé sa construction originelle et a ouvert
ses portes au public en 1995, tout en restant la demeure d'été de la famille
Goor. C'est ce sentiment d'entrer dans un lieu où l'art est désacralisé qui m’a
interpellée à plus d'un titre ; le musée reflète l'approche d’Ilana, selon
laquelle l'art et la vie quotidienne fusionnent l'un dans l'autre. Le thème de
l'ancien face au neuf sert de fil rouge. Il trouve son expression dans de nombreuses
œuvres exposées en ce lieu et ouvre un espace de réflexion sur cette forme
d'art que l'on nomme «ready-made», utilisant pour sa conception des
objets du quotidien.
La
vie et la mort
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| Ilana Goor |
Thème
récurant dans l'œuvre d'Ilan Goor et des artistes invités exposés dans le musée,
ainsi que celui exprimé dans de nombreuses œuvres, transcendant le cycle de la
vie et de la mort, soulignant la contingence du corps humain et sa fragilité.
J'ai eu l'impression nouvelle et forte d'avoir une réelle et immédiate intimité
avec le lieu et les œuvres, aucune barrière n'empêchant le contact, le toucher
même. Selon Ilana Goor, une œuvre d'art doit établir un lien direct avec celui
qui s'en approche, la vue, mais également le toucher participent de cette
complicité avec l'œuvre.
Et
c’est bien ainsi que j’ai vécu la «rencontre» avec une artiste et son
univers, dérangeant parfois, déroutant souvent, renversant la notion du Beau,
de l’esthétique, mélangeant les matériaux, les inspirations et les formes, sans
continuité apparente.
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| Ilana Goor en action |
Ilana
Goor est née et a grandi à Tibériade. Elle n'a pas suivi le cursus classique,
développant ses techniques artistiques en parfaite autodidacte. Sa carrière
artistique, l’histoire du musée et bien d’autres éléments sont accessibles sur
son site que je vous invite à visiter.

















1 commentaire:
Son frère Dani était beaucoup plus connu en Israël !!
http://www.news1.co.il/Archive/006-D-151-00.html
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