HOLLANDE PREND LES RÊNES
Par Gérard AKOUN
Judaïques FM
Le 14
juillet 2008, Bachar El Assad assistait dans la tribune officielle au défilé de
nos troupes sur les Champs Elysées. Il était l’invité de la France, l’invité de
Nicolas Sarkozy. Le 29 mai 2012, François Hollande, nouveau Président de la
République, annonce l’expulsion de l’ambassadrice de Syrie en France.
Cliquer sur le triangle noir pour entendre l'émission
Honneur
élyséen
Certes en 2008, le dictateur syrien ne
massacrait pas encore sa population, mais sa présence dans la tribune
officielle en avait choqué plus d’un. N’oublions
pas que le régime syrien avait été mis en cause dans l’assassinat de Rafik Hariri, l’ex premier
ministre libanais.
De plus, cette invitation intervenait alors que le régime avait durci les
sanctions contre les journalistes et les
intellectuels, qui se battaient pour la liberté d’expression. Déjà l’ONG
Reporters sans frontières qualifiait Damas
de «capitale de la répression» et la situation n’a fait qu’empirer
dans tout le pays, depuis que sa population
s’est révoltée pour plus de
liberté, pour un changement de régime.
![]() |
| Bombardement de Houla |
Dix mille, douze mille morts recensés,
la population civile bombardée, des villes martyres, tous les jours des hommes,
des femmes, des enfants sont assassinés froidement, souvent après avoir été
torturés. L’ONU, la Ligue Arabe sont impuissantes, l’échec de la médiation
confiée à Kofi Annan est criant : vendredi et samedi dernier, cent
personnes dont une cinquantaine d’enfants ont été tuées et plus de trois cents
blessées à Houlà par l’armée syrienne ou par les «Chabbiha» des milices
pro régimes.
Les russes et les chinois soutiennent
Bachar El Assad, au sein du Conseil de Sécurité, en s’opposant aux sanctions que la communauté
internationale pourrait prendre contre Damas, à fortiori,
si elles sont d’ordre militaire. Ils considèrent qu’il s’agit d’une affaire intérieure à régler
entre syriens et qu’il ne doit pas y
avoir d’ingérence extérieure. Cette
position est partagée par les membres non permanents du Conseil de Sécurité,
l’Inde, le Brésil et l’Afrique du Sud. Les pays occidentaux, quant à eux, ne sont pas, à
priori, favorables à une
intervention militaire. Ils
préfèreraient obtenir le départ de Bachar El Assad en usant de pressions
économiques et diplomatiques. Ils savent que la minorité alaouite, une branche
du chiisme qui règne à Damas, peut avec l’aide de l’Iran, de l’Irak et du
Hezbollah mettre à feu et à sang tout la région en commençant par le Liban.
L’expulsion des diplomates syriens, annoncée mardi par
Paris, n’est pas une décision
unilatérale de François Hollande, «elle
a été prise en concertation avec les partenaires européens», a-t-il précisé.
Londres, Rome, Berlin, Madrid ont
annoncé, à quelques minutes d’intervalle la même mesure qui vise à mettre au ban des nations,
le régime syrien. Dans son interview sur France 2, le
Président de la République a déclaré qu'il n'excluait pas «une intervention armée en
Syrie à condition qu'elle
se fasse dans le respect du droit international, c'est-à-dire par une
délibération du Conseil de Sécurité.»
François Hollande sait
pertinemment que la Russie opposera son véto à une telle résolution au sein du
Conseil de Sécurité mais le président Poutine sera à Paris vendredi, et la
Syrie sera à l’ordre du jour de l’entretien qu’il aura avec le chef de l’Etat.
En soutenant le dictateur syrien, la Russie défend son seul allié au Proche-Orient. Un allié de poids qui lui
permet de demeurer un acteur important
de la vie politique dans la région et de bénéficier, aussi, d’une base navale sur la
Méditerranée en utilisant le port de Tartous.
Le calvaire syrien
Mais la Russie, n’est pas sans savoir que Bachar
El Assad est condamné à terme, que plus le temps passe et que plus le nombre
des victimes augmente, plus la possibilité d’une solution relativement
pacifique s’éloigne. L’aggravation de la
guerre civile renforcera, comme on peut déjà l’observer, l’extrémisme
islamique et cela à toutes les chances de se faire aux dépens de la Russie. Il n’est pas certain
que Poutine fasse, déjà, sienne cette analyse, mais il est évident que Moscou
détient la clé du problème syrien et que
les occidentaux seront obligés de négocier avec la Russie sa place et son rôle
dans la région s’ils veulent abréger le calvaire du peuple syrien.
N’en déplaise à ceux qui s’interrogeaient sur les capacités du
président du conseil général de Corrèze à présider un Conseil des ministres, ou
à participer à des réunions internationales et à prendre des décisions au plus
haut niveau, François Hollande a démontré
qu’il était tout à fait compétent, tout
en ne faisant pas cavalier seul ou en ne tirant pas la couverture à lui, à la
différence de son prédécesseur. Il est, déjà, en train d’imprimer sa marque
dans les relations internationales. En fait, avoir dirigé le parti socialiste et avoir réussi à se maintenir
à sa tête pendant de nombreuses années a
été certainement le meilleur des apprentissages.


















9 commentaires:
Parler d'option militaire quand on sait pertinemment qu'elle n'a aucune chance d'aboutir c'est de la gesticulation médiatique du Tartarin de Tulle.
Point trop n'en faut. On ne peut juger que sur la durée, au moins un an.
MONSIEUR AKOUN,
VOUS ÊTES TOMBÉ DANS LA DÉVOTION BÉATE!
Je pense que vous devriez être moins admiratif,plus critique ou disons circonspect!
Quand les législatives seront passées le Président dévoilera sa politique ou du moins ce qui lui sera possible de faire.
En attendant, applaudissez et réjouissez vous mais n'en faites pas un article!
ANDRÉ M
quand il faudra critiquer je ne me gènerai pas pour le faire,rassurez vous.je suis un homme libre,pour lequel l'égalité,la fraternite, la solidaritéont encore un sens. c'est au nom de ces valeurs que je me suis opposé à la politique de Nicolas Sarkozy mais je n'ai jamais insulté l'homme, j'aurai pu trouver,sans peine,moi aussi
chez A.Daudet ou chez d'autres écrivains, quelques méchants qualificatifs à lui attribuer mais je n'utilise pas ce genre de méthode....
Par ailleurs j'avais l'impression que sur ce blog on pouvait être en désaccord tout en se respectant, il serait dommage que cela changeat.14
A la création du blog, je me suis efforcé de définir une politique éditoriale claire. Toutes les sensibilités devaient s’exprimer librement pour conforter le raisonnement des lecteurs. J'ai eu souvent, dans le passé, souffert de censure inadmissible. Seuls les extrémistes violents de droite ou de gauche sont à exclure.
Les sarkozystes ont eu la parole avec André Mamou et Fabien Ghez. Il est normal que les Hollandistes aient leur opinion dans ce blog dès lors où ils s’expriment dans la courtoisie et sans haine et cela a été le cas avec Gérard Akoun .
Nous ne voulons pas être la Pravda et encore moins le Figaro.
je refuse que ce blog soit semblable à quelques autres où le déferlement d'invectives est de mise et où les commentateurs usent de l'injure parce qu'ils manquent d'arguments.
Les critiques sont les bienvenues mais pas quand elles sont au bas de la ceinture.
déjà comparer Le Figaro la Pravda permet de se faire une idée de votre
" impartialité "
Quant à Hollande sa prestaztion devant Vladimir Poutine faisait mal lorsqu'on pense qu'il est Président de la république et que de par sa fonction il représente l'ensemble du peuple Français.
moi j'ai eu honte
PS essayez de ne pas " sucrer " mon commentaire " merci
" votre modération ne laisse le choix que de vous encenser
Bonjour
Monsieur Akoun devrait nous parler de la rencontre Poutine Hollande.
Monsieur Hollande ne va pas passer son temps à se référer au passé.
En matière de politique étrangère il doit assumer les décisions de ses prédecesseurs. La parole de la France est en jeu
MS
@ Saulnier
Tous les commentaires sont publiés sans exception même ceux qui sont critiques. Ce sont d'ailleurs les plus intéressants.
Votre commentaire est parvenu alors que j'étais dans l'avion pour Paris. Il ne devrait plus y avoir de retard de publication.
Enregistrer un commentaire