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jeudi 17 mai 2012

APAISEMENT ET CONFIANCE Par Gérard AKOUN


APAISEMENT ET CONFIANCE

Par Gérard AKOUN
Judaïques FM


François Hollande, septième président de la cinquième  République, deuxième président issu des rangs socialistes, a pris officiellement ses fonctions le quinze mai. Si on se souvient de l’émotion, de la liesse qui avait accompagné l’élection de François Mitterrand en 1981, des espoirs qu’elle avait  suscités, «la lumière allait succéder à l’obscurité», on mesure les changements intervenus, entre ces deux dates,  dans la société française et dans la gauche socialiste. On comprend mieux,  pourquoi François Hollande avait tenu à  préciser  qu’il serait un président «normal». C’était, certes, pour se différencier de Nicolas Sarkozy, mais aussi pour ne pas apparaitre, aux yeux du  peuple de gauche et au-delà, comme celui qui détiendrait des recettes miracles pour sortir de la crise. 


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Les contraintes

Dans son discours d’investiture, il n’a pas hésité, à exposer de prime abord, les contraintes auxquelles il lui faut faire face: «une dette massive, une croissance faible, un chômage élevé, une compétitivité dégradée, une Europe qui peine à sortir de la crise». Mais après ce bilan, qui n’a pas besoin d’audit pour être dressé, le remède doit être recherché dans  une nouvelle manière de gouverner qui doit associer toutes les forces vives de la nation. «Il n’y a pas de fatalité dés lors qu’une volonté commune nous anime, qu’une direction claire est fixée, et que nous mobilisons pleinement nos forces et nos atouts qui sont considérables». Mais pour cela, il faut  apaiser, rassembler,  retrouver une France réunie que son prédécesseur avait divisée : les jeunes contre les vieux, les ruraux contre les urbains, ceux qui ont un emploi contre les chômeurs et les «assistés», ceux du privé contre les privilégiés du public, les français contre les immigrés, chargés de tous les maux. Il faut ajouter le rappel, à maintes reprises, des racines chrétiennes de la France qui semblait  exclure ceux qui ne les avaient pas. François Hollande a eu raison de préciser à l’intention de tous, et je pense, en particulier à ceux qui étaient persuadés que le pouvoir socialiste ferait preuve de laxisme vis-à-vis des islamistes «je réaffirmerai en toutes circonstances nos principes intangibles de laïcité, comme je lutterai contre le racisme, l’antisémitisme et toutes les discriminations».
Après l’apaisement, retrouver la confiance des citoyens dans un État qui sera impartial, dans des dirigeants, y compris le premier d’entre eux, qui devront faire preuve d’une scrupuleuse sobriété dans leur comportement. Confiance, le mot revient comme un leitmotiv mais chargé d’un contenu. «La confiance c’est l’exemplarité, la confiance elle est dans la démocratie elle-même, la confiance, elle repose sur la justice dans les choix, la confiance c’est à la jeunesse que la République doit l’accorder...»  Mais la confiance, les français attendent les premières décisions du président et de son gouvernement pour y souscrire.

34 ministres
Le gouvernement a été formé hier, sous la direction de Jean-Marc Ayrault, il comprend 34 ministres dont 17 femmes. La diversité des origines, la parité hommes/femmes,  promises par  François Hollande ont été respectées. On remarquera que certaines femmes, bien que peu connues, ont fait leurs premières armes au parlement européen, se retrouvent à la tête d’importants ministères, mais aucune d’entre elle  n’est là pour faire de la figuration. Dans la hiérarchie des postes  ministériels, déterminés par leur place sur  la liste officielle, apparaissent en premier, outre les affaires étrangères, l’éducation et la justice, avant l’économie et les finances, les affaires sociales et la santé, l’égalité des territoires, l’intérieur…. Ce sont les priorités qu’avait définies  François Hollande pour retrouver la confiance, pour réunir les français de toutes origines, pour redonner un avenir à la jeunesse. Les français qui ont choisi François Hollande, savent que la situation de la France est difficile, et ils s’attendent à devoir faire des sacrifices ; mais ils veulent qu’ils soient partagés de manière équitable. Ils ont, certes, voté  pour l’application d’un programme, mais ils ont voté, aussi,  pour le respect d’un certain nombre de valeurs dont, au fil du temps, les gouvernants précédents s’étaient éloignés. Souhaitons bonne chance, au nouveau président et à son gouvernement,  mais il ne faudrait pas qu’il oublie que les français ne lui ont, en aucune façon, donné de blanc-seing et qu’ils  resteront  vigilants.

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