APAISEMENT ET CONFIANCE
Par Gérard AKOUN
Judaïques FM
François
Hollande, septième président de la cinquième
République, deuxième président issu des rangs socialistes, a pris
officiellement ses fonctions le quinze mai. Si on se souvient de l’émotion, de
la liesse qui avait accompagné l’élection de François Mitterrand en 1981, des
espoirs qu’elle avait suscités, «la
lumière allait succéder à l’obscurité», on mesure les changements
intervenus, entre ces deux dates, dans
la société française et dans la gauche socialiste. On comprend mieux, pourquoi François Hollande avait tenu à préciser
qu’il serait un président «normal». C’était, certes, pour se
différencier de Nicolas Sarkozy, mais aussi pour ne pas apparaitre, aux yeux
du peuple de gauche et au-delà, comme
celui qui détiendrait des recettes miracles pour sortir de la crise.
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Les contraintes
Dans
son discours d’investiture, il n’a pas hésité, à exposer de prime abord, les
contraintes auxquelles il lui faut faire face: «une dette massive, une
croissance faible, un chômage élevé, une compétitivité dégradée, une
Europe qui peine à sortir de la crise». Mais après ce bilan, qui n’a pas
besoin d’audit pour être dressé, le remède doit être recherché dans une nouvelle manière de gouverner qui doit
associer toutes les forces vives de la nation. «Il n’y a pas de fatalité dés
lors qu’une volonté commune nous anime, qu’une direction claire est fixée, et
que nous mobilisons pleinement nos forces et nos atouts qui sont considérables».
Mais pour cela, il faut apaiser,
rassembler, retrouver une France réunie
que son prédécesseur avait divisée : les jeunes contre les vieux, les
ruraux contre les urbains, ceux qui ont un emploi contre les chômeurs et
les «assistés», ceux du privé contre les privilégiés du public, les
français contre les immigrés, chargés de tous les maux. Il faut ajouter le
rappel, à maintes reprises, des racines chrétiennes de la France qui
semblait exclure ceux qui ne les avaient
pas. François Hollande a eu raison de préciser à l’intention de tous, et je
pense, en particulier à ceux qui étaient persuadés que le pouvoir socialiste
ferait preuve de laxisme vis-à-vis des islamistes «je réaffirmerai en toutes
circonstances nos principes intangibles de laïcité, comme je lutterai contre le
racisme, l’antisémitisme et toutes les discriminations».
Après
l’apaisement, retrouver la confiance des citoyens dans un État qui sera
impartial, dans des dirigeants, y compris le premier d’entre eux, qui devront
faire preuve d’une scrupuleuse sobriété dans leur comportement. Confiance, le
mot revient comme un leitmotiv mais chargé d’un contenu. «La confiance c’est
l’exemplarité, la confiance elle est dans la démocratie elle-même, la
confiance, elle repose sur la justice dans les choix, la confiance c’est à la
jeunesse que la République doit l’accorder...» Mais la confiance, les français attendent les
premières décisions du président et de son gouvernement pour y souscrire.
34 ministres
Le
gouvernement a été formé hier, sous la direction de Jean-Marc Ayrault, il
comprend 34 ministres dont 17 femmes. La diversité des origines, la parité
hommes/femmes, promises par François Hollande ont été respectées. On
remarquera que certaines femmes, bien que peu connues, ont fait leurs premières
armes au parlement européen, se retrouvent à la tête d’importants ministères,
mais aucune d’entre elle n’est là pour
faire de la figuration. Dans la hiérarchie des postes ministériels, déterminés par leur place
sur la liste officielle, apparaissent en
premier, outre les affaires étrangères, l’éducation et la justice, avant l’économie
et les finances, les affaires sociales et la santé, l’égalité des territoires,
l’intérieur…. Ce sont les priorités qu’avait définies François Hollande pour retrouver la
confiance, pour réunir les français de toutes origines, pour redonner un avenir
à la jeunesse. Les français qui ont choisi François Hollande, savent que la
situation de la France est difficile, et ils s’attendent à devoir faire des
sacrifices ; mais ils veulent qu’ils soient partagés de manière équitable.
Ils ont, certes, voté pour l’application
d’un programme, mais ils ont voté, aussi,
pour le respect d’un certain nombre de valeurs dont, au fil du temps,
les gouvernants précédents s’étaient éloignés. Souhaitons bonne chance, au
nouveau président et à son gouvernement, mais il ne faudrait pas qu’il oublie que les
français ne lui ont, en aucune façon, donné de blanc-seing et qu’ils resteront
vigilants.















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