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jeudi 26 avril 2012

UN ANNIVERSAIRE, UN VIRAGE INQUIÉTANT Par Gérard AKOUN


UN ANNIVERSAIRE, UN VIRAGE INQUIÉTANT

Par Gérard AKOUN
Judaïques F.M

Cette semaine,  l’actualité nous concerne à deux titres, en tant que juif parce que l’Etat d’Israël fête le soixante-quatrième anniversaire de sa naissance, en tant que français parce que le premier tour des élections présidentielles  a donné les résultats que vous connaissez  et que dans dix jours nous devrons choisir celui qui sera le futur président.


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Yom Hatzmaout

Bon anniversaire à l’Etat d’Israël ! Depuis sa création, que de chemin parcouru dans la haute technologie, dans la recherche scientifique, dans la recherche médicale ; savez vous, qu’Israël a plus d’entreprises cotées au NASDAQ, la Bourse mondiale des sociétés de haute technologie, que toute l’Europe réunie ? Il brille aussi culturellement ; sa littérature, son  cinéma font  une très  belle percée dans le monde des arts.
Cette réussite  exceptionnelle s’est faite dans un environnement hostile, dans un climat ponctué par des guerres, qu’Israël a gagnées, par un terrorisme qu’Israël a réussi à juguler. Il est devenu aussi une puissance militaire, sans doute la plus importante de la région, mais sur lui planent toujours des menaces, celle du nucléaire de l’Iran, celles de l’extrémisme islamique du Hezbollah et du Hamas, mais aussi plus insidieuses celles de tentatives de délégitimation  qui se font jour en France et en Europe. C’est  contre elles, que  nous devons lutter. Ce sont elles que nous devons dénoncer. Elles invoquent  le plus souvent la défense des droits de l’homme, qui selon certaines associations, seraient bafoués en Israël ; en revanche, elles semblent très peu se préoccuper de ce qui se passe dans le reste du Moyen-Orient, en particulier en Syrie.
Le soutien inconditionnel que nous devons à l’existence de l’Etat d’Israël, indépendamment  du jugement que nous pouvons porter sur la  politique menée par ses dirigeants, passe par ce combat. C’est un jour anniversaire, tous nos vœux accompagnent Israël pour plus de progrès encore, et pour, qu’en particulier, s’instituent enfin paix et sécurité, avec ses voisins.

Élections françaises

A l’issue du premier tour des élections, François Hollande devance Nicolas Sarkozy et dispose, à gauche  pour le deuxième tour,  d’un total de voix  supérieur. Mais  tous deux ont besoin, pour pouvoir être élu que des électeurs de Marine Le Pen ou de François Bayrou  votent pour eux  au second tour. Nicolas Sarkozy a, impérativement, besoin de séduire, quasiment la totalité des  électeurs qui se sont portés sur Marine Le Pen, s’il veut encore espérer être réélu.
Nicolas Sarkozy me fait penser à l’arroseur arrosé : en axant sa campagne sur les thèmes de la droite dure,  Nicolas Sarkozy pensait, comme en 2007, pouvoir  attirer à lui l’électorat de la famille Le Pen. Il n’a réussi qu’à légitimer les thèmes défendus par l’extrême-droite et bien entendu, les partisans du Front National  ont préféré  l’original à la copie. La manœuvre devait s’effectuer en deux temps : au premier tour : dépouiller madame Le Pen, au second tour : revenir au centre pour inciter une bonne partie des électeurs de François Bayrou  à voter pour lui. Elle a échoué, nous ne sommes plus en 2007, les promesses de Nicolas Sarkozy, sur la diminution du  chômage, sur l’augmentation du pouvoir d’achat n’ont pas été suivies d’effet. Il est, donc, obligé de durcir davantage son discours, nous sommes dans la phase «à droite toute».

La France qui souffre

Il veut parler aux électeurs de Marine Le Pen, qui sont «la voix de la France qui souffre»,  il leur donne rendez vous le 1er mai à Paris,  place du Trocadéro,  pour fêter «le vrai travail,  la France fière et pudique, la France qui aime le travail» qui veut manifester «son attachement à la famille» et tient à transmettre à ses enfants son patrimoine «fruit des années de labeur et de sueurs». Il reprend tout le discours populiste : la stigmatisation des élites, la dénonciation du système,  dont il feint d’oublier qu’il en fait partie ; il dénonce «l’Europe passoire, qui bafoue, elle-même, ses propres racines chrétiennes,  les assistés, les immigrés, le communautarisme, la burqua, la viande hallal dans les cantines scolaires». La peur de l’autre, la haine de l’étranger, son rejet, les mots employés  sont différents, mais ils recouvrent les mêmes idées.
Nicolas Sarkozy aurait pu, depuis cinq ans qu’il dirige la France, réduire l’entrée de nouveaux immigrants  ou la régularisation de sans papiers ; que ne l’a-t-il fait plus tôt, si la situation qu’il décrit était aussi grave ! Ce discours est marqué par l’opportunisme, le cynisme ; Nicolas Sarkozy joue le tout pour le tout pour se faire réélire mais la fin ne justifie pas d’utiliser n’importe quel  moyen. Pour ne pas perdre certains de ses propres électeurs, effrayés par ses dernières déclarations,  Nicolas Sarkozy s’est engagé à ne pas signer d’accord électoral avec le Front national, pour les législatives qui vont suivre, à ne pas prendre de ministres issus de ce parti, s’il était réélu ; mais que vaudront ces promesses quand on sait déjà, qu’en se maintenant au 2ème tour et ils en auront les moyens, les candidats du front seront capables de faire chuter plus d’une centaine de députés UMP.

Électorat courtisé

François Hollande aura besoin, aussi, que des électeurs du Front National le rejoignent au deuxième tour, beaucoup sont issus de milieux ouvriers, certains  sont d’anciens électeurs de gauche,  mais lui ne s’aligne pas sur les positions du Front National, il cherche à les convaincre que le programme de la gauche répond à leurs  attentes.
Nicolas Sarkozy est, certes, candidat à sa succession mais il est, aussi depuis 2007, le président de tous les français, il se devait, d’assurer la cohésion nationale, de ne pas attiser les haines entre les français, d’élever le débat, tout en défendant son bilan et ses propositions. Il a failli  à ce devoir car il est   prêt à tout pour se faire réélire- certains de ses conseillers, considèrent que tous les coups sont permis entre ces deux tours-  ce faisant, le président sortant, qui n’a pas su, tout au long de son mandat, occuper la fonction présidentielle, l’a  rabaissée. 

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