SARKOZY : GARDE MOI DE MES AMIS !
Par
Jacques BENILLOUCHE
Est-ce
la perspective d’une défaite de Nicolas Sarkozy qui pousse ses amis, parfois
les plus proches, à prendre leurs distances avec leur candidat ? Ils ne se
seraient pas permis de contester, au sein même de leur parti, s’ils ne
pensaient pas déjà à la recomposition de la droite, à son éventuelle implosion et au règlement de comptes après l’élection
présidentielle.
Il
semble que les soutiens présidentiels manifestent ouvertement une certaine
réserve tandis que certaines prises de position officielles n’auraient été
désavouées par aucun socialiste. Nombreux sont ceux qui mettent en cause ces
dérapages sur le compte de François Copé qui ne semble plus, selon eux, tenir
le parti. François Fillon trace déjà son sillon.
Ministres
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| Patrick Devedjian |
Patrick
Devedjian, ancien ministre, était l’ami de «trente ans», le confident et
l’inspirateur des premiers actes de Nicolas Sarkozy. Militant historique, il a
fait parti du mouvement d’étudiants d’extrême-droite, le groupe Occident, qui a
mené la charge contre la gauche et contre les étudiants juifs. Il condamne aujourd’hui
la position droitière choisi par Nicolas Sarkozy : «L'extrême-droite
n'est forte que quand la droite est faible, quand elle n'a pas sa propre
pensée, sa propre vision du monde. Nous savons que la France est forte de la
diversité de ses origines. C'est ce qui fait son talent. Gagner pour M. Sarkozy
sera difficile mais pas impossible, s'il sait apporter de vraies réponses à la
crise. Jusqu'à présent, cette question a été absente des débats ».
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| Dominique de Villepin |
L'ancien
premier ministre Dominique de Villepin, gaulliste et chiraquien, se dit "effrayé"
par la campagne pour le second tour et estime que «les lignes rouges
républicaines sont franchies une à une dans le débauchage sans vergogne des
voix extrémistes. La droite condamne le poison mortel, celui du
reniement de ses valeurs, celui du sacrifice de ce qui fait notre identité».
Le député
UMP Etienne Pinte, qui fait partie du clan Fillon, estime que «Sarkozy se
trompe de stratégie en reprenant les thématiques chères au FN, et que l'aile
modérée du parti présidentiel doit avoir le courage de le dire et de lui
montrer ce désaccord. La stratégie du premier tour est un échec».
L’ex-ministre
de la culture, Renaud Donnedieu de Vabres, pense que «la stratégie
choisie par Nicolas Sarkozy consistant à aller vers le Front national va le
mener à l'échec. Le malaise est évident au sein de la majorité».
Dominique
Paillé, ancien porte-parole de l’UMP, qui a rejoint le parti radical allié de l’UMP,
attaque de front : «J'ai toujours dit qu'un président de la République
devait être rassembleur, éviter toute division et toute stigmatisation. Et je
pense malheureusement que dans un certain nombre de cas, lorsqu'on procède à
l'instar de ce que fait le Front national, on légitime ce parti et on libère
les électeurs qui vont massivement voter pour lui. La ligne Buisson a eu
l'effet contraire de ce que prétendent ceux qui la soutiennent. Nicolas Sarkozy
est seul. Personne n'appelle à voter pour lui sur sa gauche, ni sur sa droite».
Sénateurs
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| Chantal Jouanno |
Chantal
Jouanno, ancienne ministre des sports de Nicolas Sarkozy et actuelle sénatrice,
craint «que la droitisation ne soit qu'un mirage douloureux». Elle vient de
s’élever contre la course aux électeurs du Front National : «Je ne pense pas
que la réponse soit dans la droitisation de nos propres idées. La droite doit
rester elle-même et porter ses propres valeurs qui sont celles de la
méritocratie, du travail, de l'autorité - et cela va de pair avec le respect -
de la compétitivité, de la croissance écologique ». Elle s’est attirée les
critiques de son parti en précisant qu'en cas de duel opposant le PS au FN, aux
législatives, elle voterait pour le candidat socialiste.
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| Jean-René Lecerf |
Le
sénateur UMP du Nord Jean-René Lecerf, ancien secrétaire national de l'UMP à la
Justice et proche de Jean-Pierre Raffarin, a dénoncé la campagne droitière de
Nicolas Sarkozy en refusant la stratégie consistant, selon lui, à «faire la
course à l'échalote avec le FN. Les valeurs du FN ne sont pas les nôtres. Et
toute démarche à l'égard du FN me paraît inutile. Sur l'immigration, il y a d'autres réponses
et je suis sidéré que Patrick Buisson, dont on sait qu’il vient de l’extrême-droite,
puisse être un conseiller privilégié du chef de l'État».
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| François Pinault |
En déplacement à Colmar, François
Pinault, le milliardaire et ami du président, ne le rate pas quand il moque la
dernière formule : «Présomption de légitime défense, c'est comme au Far-West, il faut dégainer le premier ! Il perd les pédales. Les gens proches de lui
pensent qu'il pourrait encore gagner. Il est cuit ! C'est comme dans le bunker
de 1945.»
La droite parisienne a déjà intégré la défaite de Nicolas Sarkozy. Rachida Dati s'est appuyée sur le mauvais résultat du premier tour pour appeler à se placer déjà après l’échec : «un moment donné il faudra refonder la droite parisienne pour enrayer son déclin depuis dix ans».
La droite parisienne a déjà intégré la défaite de Nicolas Sarkozy. Rachida Dati s'est appuyée sur le mauvais résultat du premier tour pour appeler à se placer déjà après l’échec : «un moment donné il faudra refonder la droite parisienne pour enrayer son déclin depuis dix ans».
Avec
des amis et des soutiens pareils, Nicolas Sarkozy ne peut se faire que du souci. Il lui reste certes quelques cartouches pour le débat du 2 mai. Mais il pourrait déjà faire sienne la réplique du roi de Macédoine, Antigone II, qui avait dit : « Seigneur, garde-moi de mes amis, de mes ennemis je m'en charge. »




















5 commentaires:
A tous ceux qui commencent à préparer leur changement de clan rappelons la phrase de Winston Churchill:
"un politicien se convertit en homme d'Etat lorsqu'il commence à penser aux générations futures et non plus aux élections futures"
Eh bien oui, cher monsieur Benillouche, voilà ce qu'on appelle une banalité.
A chaque changement politique qui se fait jour, nous assistons immanquablement à ces trahisons de ceux qui s'inquiètent en priorité pour leur gamelle.
C'est vrai que ce n'est pas très beau à voir.
Il ne s'est jamais agi de reprendre les thèses du FN qui sont ou fausses ou excessives mais d'apporter des réponses à six millions et demi d'électeurs qui se sentent méprisés et oubliés par tous les partis traditionnels et même par les partis de l'extrême gauche.
Le PS et ses relais d'opinion veulent culpabiliser les électeurs de droite et les conduire au suicide électoral et les "amis"réticents ou critiques n'ont pas compris la manœuvre ou exercent leur secrète vengeance.
François Hollande a, lui aussi, besoin des voix FN et il les a sollicités et il est prêt à s'opposer à toute nouvelle immigration " économique" c'est à dire à toute nouvelle immigration! Nicolas Sarkozy veut limiter à cent mille par an les nouveaux immigrants et Marine Le Pen à dix mille!Francois Hollande lui est pour immigration zéro !Il faudra rajouter cette nouvelle proposition à la longue liste des feintes et esquives.
André M
Cher ami Mamou,
Dans mon article je n’ai pas abordé les programmes des candidats ni commenté le bien-fondé de leurs thèses face au FN. je pense qu'il est à présent trop tard et que les électeurs décideront le 6 mai.
J’ai seulement mis en évidence l’ingratitude de certains soutiens politiques célèbres de Sarkozy qui, soit par conviction critiquent ses prises de position à l'égard du problème du FN, soit par opportunisme s’éloignent d’un candidat considéré déjà par eux comme perdant et prennent date pour leur avenir.
En termes plus imagés, les rats semblent quitter le navire.
"Les rats semblent quitter le navire"
d'accord pour " les rats" !
"Le navire"?
FLUCTUÂT NEC MERGITUR !
Andre M.
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