LES PLUS GRANDS MEETINGS
La Concorde et Vincennes
Par André MAMOU
Tribune Juive
Au Palais de la Mutualité, le président candidat devait tenir une réunion
de militants de l’UMP. Pour ne pas trop les solliciter et les réserver pour
dimanche, il fût décidé de la transformer en réunion des élus des collectivités
locales. Et c’est devant ses ministres, les élus, conseillers généraux,
conseillers municipaux, maires, que Nicolas Sarkozy a défini les contours de sa
politique pour le quinquennat à venir.
Il a d’abord souligné qu’en France, il y a près d’un demi-million d’élus,
ce qui donne un taux nulle part atteint d’un élu pour cent trente
habitants. Ce qui n’est pas un mal si les élus prennent en considération que la
défense des intérêts de leurs électeurs, qui est leur mission principale, ne
saurait être assurée contre les intérêts de la Nation, dont ils sont tous les
élus.
Nicolas Sarkozy a expliqué l’impossibilité financière de maintenir une base
aérienne qui ne reçoit plus d’avions, un hôpital où le nombre d’interventions
ne permet plus de le doter des nouveaux et coûteux matériels, d’un bureau de
poste où n’arriverait qu’une trentaine de lettres par semaine, d’une caserne de
gendarmerie sans grande utilité. Il a demandé aux élus de son bord d’élever le
débat et de jouer le jeu du modernisme et du réalisme : «A l’heure
d’Internet, alors que toutes les informations déferlent en temps réel, garder
les régions et les campagnes avec leurs équipements des années 50 serait
freiner la marche en avant du pays.»
Une idée nouvelle a été proposée qui a recueilli les applaudissements des
participants : installer au plus vite, partout où elle n’existe pas, la
transmission internet à haut débit, en permettant aux opérateurs de bénéficier
d’une taxe pour compenser la rentabilité insuffisante de certaines zones du
territoire.
Mais l’essentiel du message présidentiel était dans le ton du candidat
convaincu de sa réélection, ou du moins, décidé à le paraître. Il a demandé à
tous de venir nombreux, très nombreux sur la place de la Concorde, dimanche 15
avril à partir de 14 heures, pour le plus grand meeting de la campagne.
François Hollande sera le même jour, à la même heure, à Vincennes pour le plus
grand meeting de la campagne.
Qui réunira le plus de monde ? Les trains spéciaux, tous les cars du
pays, les covoiturages sont mobilisés pour faire converger sur Paris les
militants et les sympathisants des deux principaux candidats. Personne ne saura
combien seront à Vincennes et combien seront à la Concorde ; la Préfecture
se refusant à comptabiliser des manifestations politiques sans but revendicatif.
C’est bien : personne ne s’avisera de comparer ses chiffres à ceux de la police
et tous seront convaincus d’avoir tenu en respect l’adversaire.
Il ne faut pas garder le ton de la dérision pour parler de ces deux
meetings concurrents. Il faut avoir à l’esprit que la France est une vraie république
démocratique où tous les courants d’opinion s’expriment librement et chacun
d’entre nous, au-delà des préférences partisanes, doit se sentir heureux et fier
de vivre un moment historique. Chacun d’entre nous doit être fier de faire
partie du peuple de France.
















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