LES
CINQ SENS…
Par
Bely
Ce
n’est pas parce que je vois de moins en moins bien que je renonce à vous
regarder,
Je
possède ce regard intérieur qui fait que je vous vois avec le cœur sans rien
éluder,
Et
même si vous n’êtes pas très grand, je dirais plutôt que vous êtes un peu trop court,
Je
garde le souvenir de votre beauté, je persiste et signe :
Ce
n’est pas parce que j’ai perdu le sens de l’ouïe que je renonce à vous entendre,
A
vous écouter faire vos exposés intéressants, soit, mais sinueux, plein de méandres,
Devant
un public subjugué pourtant beaucoup plus habitué à de classiques discours,
Je
garde le souvenir de votre voix, je persiste et signe :
Monsieur, vous
valez le détour.
Ce
n’est pas parce que j’ai perdu le sens de l’odorat que je renonce à vous respirer,
A
enfouir mon nez comme par le passé au creux de votre cou, continuer de vous
flairer,
Restituer
la réalité de vos senteurs qui se dispersent en mille effluves aux alentours,
Je
garde le souvenir de votre parfum, je persiste et signe :
Monsieur, vous
valez le détour.
Ce
n’est pas parce que j’ai perdu le sens du toucher que je renonce à vous
caresser,
Mes
mains gardent leur vivacité et continuent de vous effleurer comme par le passé,
Tout
mon corps aime votre contact, je vous frôle, vous enlace, vous serre, vous entoure,
Je
garde le souvenir de votre douceur, je persiste et signe : Monsieur, vous
valez le détour.
Ce
n’est pas parce que j’ai perdu le sens du gout que je renonce à vous dévorer,
Je
vous grignote, je vous déguste avec volupté,
je vous préfère cuit à point bien doré,
Tout
chaud comme un petit pain rond, moelleux à l’intérieur, croustillant tout autour,
Je
garde le souvenir de votre saveur, je persiste et signe :
Monsieur, vous
valez le détour.
Ce
n’est pas parce que j’ai perdu le sens
des réalités que je vais renoncer à vous aimer,
Ce
n’est pas parce vous m’avez fait perdre la tête, que je vais maintenant me
supprimer,
Parce
que même lourdement handicapée, nous partageons tous deux le sens de l’humour,
Je
garde le souvenir de votre ironie, je persiste et signe :
Avouez Monsieur
que vous et moi, nous valons le détour.















3 commentaires:
Chère Bely,
Si j'ai cru comprendre ce que vous vouliez exprimer dans votre poème, je ne vois pas le rapport entre les rides qui se mériteraient et la confiance?
Devrais-je me méfier de monsieur Bénillouche, par exemple, lui qui a le privilège de n'en exposer que très peu malgré son âge, ce qui me semble plutôt une chance et un régal pour les yeux? Si les rides peuvent évoquer une vie bien remplie, elles ne me semblent pas être le label d'un mérite quel qu'il soit...
Une fan de Jacques Benillouche !
Pas de Bely.
R.S.
Le texte qui illustre le dessin n’est pas de moi mais du peintre lui-même.
Je tiens à rester neutre dans mes commentaires sur les chroniques de mes amis.
J’ai choisi cette image de femme âgée parce que ses rides symbolisent les sillons de la vie et les difficultés de l’existence.
C’est bien sûr sans rapport avec Bely qui est encore loin de devoir souffrir de quelques rides mais peut-être que l’écriture les lui apportera.
Chere courageuse anonyme,
Merci vraiment de nous avoir fait partage vos difficultes a apprehender le sens d'un texte poetique. La premiere etape pour surmonter une difficulte est de reconnaitre son existence.
Je vous recommande donc la lecture des magazines people. Le niveau de redaction est plus adapte a votre niveau de comprehension actuel et les sujets surement plus proches de vos centres d'interet.
Enregistrer un commentaire