IL EST DES CAUSES QUI UNISSENT,
D’AUTRES QUI DIVISENT
D’AUTRES QUI DIVISENT
Par Pr Hagay Sobol
Durant
la campagne présidentielle 2012, le communautarisme, ou supposé tel, a été très
souvent mis sur le devant de la scène, alors que les français ont bien d’autres
préoccupations. Aux
noms de la laïcité et de la liberté d’expression, il a été dit tout et son
contraire allant du refus des particularités, jusqu’à la permissivité aux
positions les plus radicales. Derrière ces attitudes extrêmes se cachent le
plus souvent l’ignorance; la peur ou le calcul politique. Le maintient d’un équilibre
harmonieux entre le partage de valeurs communes et le respect des différences, est
la seule voie garantissant la concorde républicaine. C’est une tâche ardue, et
dans tout les cas cela passe par l’éducation et la pédagogie afin de démontrer
que l’autre n’est pas si différent de soi, qu’il est en quelque sorte, «un
autre soi-même».
Sujets
citoyens
C’est
dans cet esprit que deux associations marseillaises, le Lev Club (Président
Gérard Guigui) et AVEC (Président Joseph Aziza) ont décidé de convier
régulièrement dans le cadre de conférences-débats des élus et des personnalités de la société
civile afin d’aborder des sujets citoyens. Durant cette période éminemment
politique, et pour respecter la parité deux élus ont été conviés : Mme
Valérie Boyer députée UMP des Bouches du Rhône, et le maire PS du 1er
secteur de Marseille, Patrick Mennucci.
Valérie
Boyer est revenue sur la loi de pénalisation de négation des génocides qu’elle a portée avec force et
détermination. Il s’agit d’un sujet sensible que le cas du génocide arménien,
toujours contesté par les autorités d’Ankara près d’un siècle après les
évènements, illustre parfaitement. Ce texte tout d’abord adopté par l’Assemblée
Nationale et le Sénat, s’est vu par la suite recaler par le Conseil
Constitutionnel «pour atteinte à la liberté d’expression». Pourtant,
cette loi n’était pas une loi mémorielle, et elle ne concernait pas spécifiquement
la communauté arménienne, à laquelle d’ailleurs il n’était jamais fait explicitement
référence. Elle avait pour but «de protéger des citoyens français du délit
de négationnisme». Pour Valérie Boyer, ce refus est la conséquence «de
pressions exercées par la Turquie», «d’une intrusion dans un débat
national» et d’un chantage économique. Cependant, la cause arménienne est
de celles qui ne peuvent laisser indifférent, de celle qui unissent au-delà des
clivages traditionnels. Ainsi, les deux finalistes de la campagne
présidentielle 2012, François Hollande et Nicolas Sarkozy, ont tous deux assurés
qu’un nouveau texte serait rédigé et que tout serait mis en œuvre pour que cette
fois-ci le processus législatif aille à son terme.
L’éducation
Patrick
Ménnucci a traité du sujet central de l’éducation. Ainsi, il a rappelé que «l’école
a fondé la République» mais qu’«aujourd’hui en France 17% des jeunes, et
plus de 25% à Marseille, sortent du système scolaire sans diplôme». Une des
causes principales est à chercher dès le début du cycle. «Tout commence dès
la maternelle et le primaire, car trop d’enfants arrivent au lycée sans
maîtriser la langue française, l’écriture, la lecture ou sans savoir compter».
Sans ces éléments de base indispensables comment peut-on s’insérer dans la
société ? s’est interrogé Patrick Ménnucci.
Puis il est revenu sur la minute de
silence qui a été instituée dans toutes les écoles suite aux tueries de
Toulouse et Montauban. L’élu PS est allé dans un établissement scolaire pour
participer à ce moment d’union nationale. A cette occasion il a constaté les
difficultés de mise en œuvre : «Il a manqué une circulaire émanant de
l’Education Nationale pour encadrer cette évocation citoyenne et indiquer le
message que la République voulait faire passer au travers des enseignants».
Il a conclu en disant que l’éducation est un pilier central de l’intégration et
qu’en la matière il y a une urgence absolue à renforcer ce secteur pour
l’avenir même de notre société.
Ces
conférences, dont le public reflétait les grandes familles politiques, ont
donné lieu à des échanges nombreux dans le plus parfait esprit républicain. Une
expérience salutaire de cohabitation où l’avis de l’autre peut éclairer le
débat. Car pour prendre une métaphore médicale : «Nous voyons en relief
parce que nos deux yeux ne regardent pas les choses de la même manière. C’est
la confrontation de deux points de vue». En d’autres termes, c’est
l’enrichissement par les différences.


















3 commentaires:
La communauté juive française n'a jamais été aussi bien informée, les Juifs de France croulent sous des monceaux d'analyses plus pertinentes les unes que les autres.
Toutefois, l'observation directe de l'évolution du "statut des Juifs" en France de nos jours (tuerie de Toulouse, affaire Illan Hallimi etc)constitue une référence autrement plus révélatrice de la précarité de leur condition.
On continue à écouter, à dissequer
sur le passé et le présent ?
où on essaie de reflechir,seuls ?
d'anticiper l'avenir au cas où "simplement", se reproduirait l'épisode Hallimi ou celui de Toulouse
...en attendant mieux !
Survivre, c'est aussi prévoir
JC Cohen
Je souhaite que l'on reste unis, quelque soit nos opinions politiques.Le président sortant est un peu fou.
Faisons attention à la manipulation et soyons Juif d'abord.
Ne nous divisons pas, restons unis quelques soit nos opinions politiques, restons des Juifs !
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