COMMÉMORATIONS
Par Gérard AKOUN
Judaïques FM
Cette
année, les calendriers juif et civil se rejoignent pour faire coïncider Yom Ha–Shoah
avec l’anniversaire de la révolte du ghetto de Varsovie.
| Combattants du ghetto de Varsovie |
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Les armes
à la main
Nous
allons donc commémorer, le même jour, la mémoire de ceux qui ont combattu et
sont morts les armes à la main dans les ruines du ghetto de Varsovie, pour
avoir le droit de choisir leur mort, et la mémoire de ces six millions de
juifs, des femmes, des enfants, des
hommes, des vieillards qui ont été assassinés dans les camps de la mort.
Nous allons les réunir, cette année, dans notre souvenir.
A
l'heure où la génération qui a vécu la Shoah s'éteint doucement, naturellement,
sans bruit, il est sans doute plus fondamental encore de consacrer une journée
au souvenir.
Zakhor : «souviens-toi
de ce que t'a fait Amelek quand vous étiez en chemin à votre sortie d'Égypte».
Ce commandement de Deutéronome 25, 17 est toujours valable aujourd'hui et reste
un devoir, et un travail, de chaque génération.
Réflexion
![]() |
| Libération d'un camp de concentration |
Six
millions de morts valent bien une journée de recueillement, de souvenir et de réflexion.
Yom Ha-Shoah ne doit pas être seulement
le rappel de cette période sombre et l'hommage à ses victimes, il doit être,
aussi, l'affirmation toujours renouvelée, de notre vigilance face à tous les
signes plus ou moins apparents de résurgence d'un antisémitisme, qu'on voudrait
définitivement révolu. Les terribles évènements de Toulouse nous ont prouvé
deux choses; la première, si on en doutait, que l'antisémitisme n'avait
toujours pas été éradiqué, même si
l'ennemi a changé. La seconde, que nous vivons dans un pays qui reconnait
explicitement et condamne avec fermeté
le caractère antisémite de ces crimes.
Vigilance
et confiance doivent être les deux pôles de la vie juive dans la France d’aujourd’hui.
De la même façon, notre attitude face à la Shoah doit être double : «maintenir
le souvenir des torts subis et, tout à la fois, ne pas s’installer dans cette
posture de deuil, voilà à quelle difficulté il faut se confronter». C’est
ce qu’écrit le Grand Rabbin Gilles Bernheim dans son dernier ouvrage «N’oublions
pas de penser la France».
Devoir
de mémoire
Yom
Ha-Shoah est là pour que le souvenir perdure et se transmette, et pour que les
morts ne meurent pas une seconde fois en tombant dans l’oubli, essentiellement
de la jeune génération. Mais pour autant, le devoir de mémoire ne doit pas
oblitérer le devoir de vivre et d’effacer Almalek –entendons l’Allemagne nazie–
de nos mémoires. Honorons la mémoire des victimes, et, simultanément, effaçons
le nom des bourreaux.
Évoquons
l’histoire avec nos enfants et simultanément, donnons-leur l’image d’un judaïsme
qui n’est pas fait uniquement de souffrance, mais est porteur de vie, de joie
et d’avenir.
Mais le travail de mémoire concerne aussi les non-juifs ;
la Shoah n’est pas un accident lié à un quelconque particularisme, elle
concerne l’humanité dans son ensemble; il faut l’étudier, non pour plaindre les
juifs, leur accorder des droits particuliers ou mieux les protéger, mais pour
savoir jusqu’à quel degré d’inhumanité, l’homme peut s’abaisser et s’en prémunir.
Plus
jamais çà pour le peuple juif, plus jamais çà pour l’humanité.
















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