ALLEZ, LA
MESSE EST DITE
Par
André Mamou
Tribune Juive
«Ite,
missa est» : Allez, la messe est dite !
A
trois jours du premier tour, le favori redoute l’abstention et la dispersion de
son électorat qui pourrait être tenté de
faire sans danger une politesse à l’un des «petits» candidats de la
gauche. Et il appelle à la vigilance, au rassemblement et au vote utile.
Pourtant, il réunirait 29 % des
intentions de vote contre 25% ou 24% pour le président candidat, la troisième
place pour Marine Le Pen avec 17%, Mélenchon à 15% et Bayrou à 11%. Au second
tour, les sondages envisagent un plébiscite avec 55% ou 56 %.
Surprises
Mais
si l’on pose la question suivante à un panel de sondés : «Le premier
tour peut-il réserver des surprises ?», La réponse est Oui à 65 %, 32
% pour le Non et Ne savent Pas 4 %.
Autre
question : «Quel candidat a-t-il le plus convaincu les Français ?» : Convaincus
par personne : 37 %, ensuite Hollande obtient 16%, Sarkozy 15%, Mélenchon
15%, Le Pen 10% et Bayrou 7 %. Un bon tiers n’est en rien convaincu et le reste
pas davantage, et se disperse presque en
tir groupé.
Concernant
le ralliement de nombreux anciens soutiens de Nicolas Sarkozy à François
Hollande, Rama Yade les traite «d’opportunistes et de lâches». C’est du
vocabulaire classique. Mais Bayrou utilise une métaphore bucolique de son Béarn
natal : «Il s’agit d’une transhumance de troupeaux d’ovins à la saison.»
Chantal
Jouano fait savoir qu’elle votera Nicolas Sarkozy même si elle a des raisons
personnelles d’être contre lui. Un ancien ministre lui donne raison car il ne
s’agit pas de voter pour un candidat mais de «choisir le meilleur président
pour la France» ajoutant qu’elle ne veut pas voir de ministres communistes
au gouvernement du pays.
BREVES
DE COMPTOIR
Nicolas
Sarkozy continue sa campagne de toutes ses forces, énonce ses propositions et puise
quelques idées nouvelles dans le programme de l’adversaire. Et il enfonce le
clou du vote utile. Il y a à sa droite une candidate qui a un programme
économique rejeté par la plus grande majorité tant il s’agit d’un bric à brac
d’idées reçues et de brèves de comptoir. Elle a également un discours sur
l’identité nationale, et la nécessité d’un repli sur les valeurs de la
République. Ou pour parler plus clairement ou plus courageusement sur les
dangers de l’immigration incontrôlée, elle propose de limiter le nombre de
nouveaux immigrants à 10.000 par an.
Le
président sortant sait que les électeurs de Marine Le Pen assurent la victoire
de François Hollande et qu’il ne peut avoir aucune chance sans arriver à les
convaincre de lui apporter leurs voix dès le premier tour pour créer la
dynamique d’une victoire à l’arraché. Sera-t-il assez persuasif pour leur
mettre le marché en mains ? D’un coté le favori qui est prêt à faire voter
les immigrés aux scrutins municipaux et régionaux et qui veut «donner des
papiers» à tous ceux qui les demandent et de l’autre coté, lui qui
n’acceptera que 100.000 immigrés nouveaux par an et veillera à ne pas laisser
défigurer le visage de la France. «L’avenir du pays est dans le
métissage», dit-on à la gauche de la gauche cependant qu’à la droite de la
droite, on s’écrie : «Ne nous Mélenchon pas !».
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| Eva Joly au Cirque d'Hiver |
Le
débat est parfaitement annoncé par Eva Joly qui, au Cirque d’Hiver, a eu des
accents épiques ou lyriques, (choisissez) : «Nous sommes chez nous, nous
les français et les françaises métèques venus des quatre coins du monde pour
faire la France. Nous les métis et les immigrés qui travaillons surs les
chantiers, nous cassant le dos pour ériger des bâtiments. Nous les nègres,
bougnoules, youpins, norvégiennes ménopausées, nous sommes la liberté d’aimer,
l’égalité devant la loi, la fraternité». C’est beau comme «Debout les
Damnés de la Terre !»
POURQUOI
NE PAS LE DIRE ?
Comment
Nicolas Sarkozy en est-il arrivé là ? J’ai posé la question à un excellent
journaliste, observateur scrupuleux de l’actualité et analyste hors pair. Il
m’a répondu :
- «Mais il
avait perdu trois jours après avoir été élu ! C’est curieux, pendant trente ans, il avait fait zéro faute et ensuite il s’est déconsidéré en
devenant le candidat des riches puis en désacralisant la fonction»
Et
il m’a assuré que Nicolas Sarkozy avait fait un travail formidable, en modernisant et en protégeant le pays pendant deux
crises financières terribles et que la France n’avait jamais été aussi bien
dirigée.
-«Et alors
pourquoi ne pas le dire ? Vous avez caché les problèmes de votre candidat
favori pendant 5 ans et ensuite vous
avez désigné celui qui avait eu le courage de se lancer seul sans attendre le retour des USA»
- «Mais parce que
les lecteurs, les électeurs n’en veulent pas. Sa séduction ne fonctionne pas,
il est abandonné, c’est comme çà, ça fonctionne comme ça ! Et
voilà !»
Je
lui ai parlé de la voie étroite qui permettrait
au président sortant de bénéficier de bons reports de voix et, sait-on
jamais, d’un sursaut de ses électeurs venus de la France profonde.
- «Continue de
rêver ! Mais parlons d’autre chose…»

















2 commentaires:
C'est la première fois depuis que le Président de la République française est élu au suffrage universel, que je constate, une telle désinvolture - que dis-je ? - un tel mépris du suffrage universel chez les "excellent(s) journaliste(s) observateur(s) scrupuleux de l'actualité et analyste(s) hors pair" !
Eh bien non ! N'en déplaise à tous ces spécialistes es-analyses sondagières, la messe n'est pas dite.
Elle ne sera dite qu'au soir du 6 mai 2012, lorsque les Français se seront exprimés dans les urnes, et pas avant.
Amen !
Marianne Arnaud mes hommages et tout mon respect.
Je ne suis pas pessimiste et je me suis borné à rapporter ce qu'on m'avait dit et ce qui se dit partout mais je viens d'un pays et d'un milieu qui ont inventé la philosophie du mauvais œil!
IL FAUDRA METTRE EN ACTION MÊME LES FORCES CACHÉES!
Je continue d'espérer mais chut faut pas le dire.
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