TEMPS ET TEMPORISATION
Par Johann HABIB
Avocat
Ces derniers jours la phrase d Itzhak Rabin : «Le
temps est venu où nous ne nous contentons plus de rêver à un avenir meilleur -
nous voulons le réaliser» doit résonner dans de nombreux esprits. Après le
massacre de Toulouse, le temps de la peine et de la colère ne passe pas. Il coexiste
avec le temps des questions et de l'incompréhension.
Malaise
Les juifs de France peuvent à juste titre se sentir
marginalisés par les principales composantes de la société française. L'intervention
dimanche à la radio d'Henri Guaino, conseiller du président de la République : «reconnaissons
que Gaza est une prison à ciel ouvert» était déplacée sur le fond et sur le moment
de sa déclaration. Rappelons uniquement
qu'Israël aussi se sent comme une prison à ciel ouvert. Outre par voie
aérienne, il est impossible ou presque de quitter le pays.
Dans l'opposition, la candidate écologique a eu
l'impétuosité de vouloir participer, en tête de cortège, à la marche du dimanche
25 mars organisée par l'Uejf, comme tentative grossière de récupération, elle
dont le parti n'a de cesse de stigmatiser et d'appeler au boycott d'Israël.
Dans le milieu associatif, des mouvements comme le Mrap notamment,
qui a toujours laissé et encouragé ses militants crier leur haine des juifs et brûler des drapeaux israéliens, n'ont pas
fait leur autocritique.
Dans la «société civile» on observe la multiplication brutale des manifestations les plus abjectes de
l'antisémitisme : profanations de cimetières, inscriptions antijuives, violences
verbales et physiques. Il semble que le monstre ait libéré la parole et l'acte
antijuifs ces derniers jours.
Certes, au lendemain du drame, on a eu droit au
politiquement correct «c'est toute la France qui est touchée». Mais rapidement, dans un réflexe de tenter de
circonscrire le phénomène, on a entendu : «la communauté juive française est
encore sous le choc». Dès lors, les juifs ne sont plus seulement destinataires
de l'acte, ils sont aussi victimes uniques du crime et insidieusement, se
retrouvent exclus de la communauté nationale. Car il s'agit d'un drame français
qui doit pousser la société française dans son ensemble à se regarder en face.
Dès lors, le
malaise des juifs de France et au-delà, des israéliens francophones est
grand dans ce climat malsain, mais les
réactions sont relativement faibles.
Pour combien de temps?
L'opinion publique israélienne, qui incarne la prise en main de son propre destin
par le peuple juif, regarde incrédule cette forme de passivité, voire de
placidité à la suite de ces événements. En privé, les israéliens sont
convaincus que la communauté juive de France se meurt et ils laissent «quelques années tout au plus»
pour accueillir une nouvelle alya de
France.
Les israéliens vivent leur sionisme comme appartenance à
la nation israélienne au quotidien, sans le fard de l'idéal que lui confère la
grande majorité des juifs de France. De
la même manière, l'immense majorité des juifs de France n'est pas «persécutée» au quotidien par des actes antisémites. Les
uns comme les autres sont principalement préoccupés par leurs conditions économiques et
sociales. A moins d'un événement majeur, les juifs de France ne quitteront pas
leur pays en réaction à l'antisémitisme. L'alya continuera à être une réalité pour ceux qui pensent pouvoir, en Israël, réaliser un
avenir meilleur.















1 commentaire:
C'est les jeunes qui décideront, pour vivre mal; l'âge d'or est terminé, comme à Montréal, les enfants d'hommes d'affaires deviennent médecins et choisissent les USA.
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