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jeudi 5 janvier 2012

RISQUE DE FRACTURE EN ISRAËL Par Gérard AKOUN


RISQUE DE FRACTURE EN ISRAËL

Par Gérard AKOUN

                                                                Judaïques FM

         Tout d’abord, je vais commencer par souhaiter que 2012 soit une  meilleure année, pour vous et vos familles, et formuler le vœu qu’elle puisse être une année de paix et de libertés dans le monde. Vous le savez, en  2012, se dérouleront dans de nombreux pays, des élections importantes, en France la présidentielle, mais aussi aux Etats Unis, en Russie, en Iran, où le régime peut basculer, en Algérie  et peut être dans les territoires palestiniens.

Une année d'élections


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Quel retentissement les résultats de ces élections, auront-ils au Moyen-Orient où en 2011 se sont produits des événements totalement imprévisibles, les révoltes arabes qui ont balayé des dictateurs au pouvoir depuis des dizaines d’années pour les remplacer, par des gouvernements, à majorité islamiste, démocratiquement élus?  Israël en sera-t-il affecté ? Les israéliens considèrent, à tort ou à raison, qu’un républicain à la Maison Blanche leur serait plus favorable, et comme le reste du monde, ils seraient soulagés si un changement de direction, intervenait  à la tête de l’Iran.
Ce pays reste le plus dangereux pour Israël, sa volonté de se doter de l’arme nucléaire est toujours aussi forte, mais  les révolutions dans les pays arabes et les élections qui s’en sont suivies, l’ont affaibli. Elles ont eu, en effet, pour résultat, l’accession au pouvoir des Frères musulmans, des intégristes sunnites, qui sont les ennemis séculaires des intégristes iraniens. La chute de Bachar El Assad, et son remplacement à la direction de l’Etat  par des sunnites, sonnera le glas des espoirs des mollahs iraniens de créer cet arc chiite qui  aurait englobé l’Irak, la Syrie et le Liban et qui aurait installé l’Iran aux frontières d’Israël. Le dictateur syrien n’est pas encore tombé, il a encore une capacité de nuisance, au travers du Hezbollah et du Hamas, mais les israéliens sont sur leur garde. Les nouveaux gouvernements arabes, eux, auront fort à faire pour répondre aux revendications, tant sociales qu’économiques de leur peuple, pour pouvoir songer à se confronter à Israël qui reste, et de loin, la puissance militaire la plus importante. A court et moyen terme, la sécurité d’Israël semble assurée sur le plan extérieur.

Cohésion nationale

Sur le plan intérieur, beaucoup plus  inquiétante pour la cohésion nationale, est la fracture qui se fait jour au sein de la société israélienne entre, d’une part les ultra orthodoxes et d’autre part, les laïcs et les religieux modérés. Le feu couvait déjà depuis longtemps mais le conflit s’est cristallisé sur l’attitude des ultra-orthodoxes par rapport aux femmes. A partir du moment où ils ont décidé de sortir de leur isolement, de sortir des ghettos dans lesquels ils se confinaient en vivant de subventions et de dons, et de participer à une vie sociale et  professionnelle, de répondre aux obligations militaires, ils ont voulu  le faire à leurs conditions en soumettant le reste de la société israélienne à leur mode de vie. Petit à petit, ils ont tenté d’imposer, dès qu’ils étaient en position de force, la séparation des hommes et des femmes, dans les rues, dans les bus, l’exclusion des femmes de certaines activités, y compris au sein de Tsahal. Ils y refusaient d’être instruits ou commandés par des femmes, d’écouter des femmes chanter au sein de chorales de l’armée ; un aumônier de grade élevé vient d’ailleurs de démissionner parce que lui non plus ne veut pas entendre des femmes chanter.
C’est sans doute leur action au sein de l’armée qui a été de trop et qui a suscité le refus des laïcs, de continuer à céder. C’est la résistance de ces derniers  qui a provoqué les agressions auxquelles se sont livré les Haredim, pas tous bien sur, des petits groupes extrémistes dont la violence a été condamnée, en général dans le monde religieux.  Il faut remarquer qu’on condamne, dans les milieux  orthodoxes, le comportement de certaines sectes minoritaires et leurs exigences, mais entre ces sectes et la majorité, il n’y a qu’une différence de degré : c’est quand même le Rabbinat officiel qui a menacé les grands hôtels de  les priver de leur attestation de cacherout s’ils organisaient des repas de réveillon le 31 décembre !!  Par ailleurs, vous ne trouverez pas, ou très rarement, une condamnation des  motifs  pour lesquels des Haredim  se sont livrés à ces violences.

Problème politique
Rav Ovadia Yossef leader du Shass

Dans ce monde, la séparation des hommes et des femmes, l’infériorisation des femmes confinées à leur rôle de mère de famille nombreuse, mais pas au foyer dans la mesure où ce sont elles qui sont chargées de faire bouillir la marmite pendant que leurs maris étudient, est la norme. Une question se pose : ces hommes craignent ils tant de perdre leurs prérogatives masculines, qu’il leur faille s’assurer que jamais les femmes ne pourront se trouver sur leur chemin ? Cette minorisation de la femme dans le monde orthodoxe, qu’ils voudraient étendre au reste de la société, ces atteintes à la démocratie, ils ne pourraient essayer de les imposer s’ils n’étaient pas  représentés à la Knesset par des partis religieux, qui font partie d’une coalition qui ne pourrait diriger le pays sans leur participation. Le problème posé à la société israélienne n’est pas seulement religieux, il est aussi politique et c’est d’autant plus grave pour la cohésion nationale.

4 commentaires:

airdularge a dit…

Pressentant ce risque de fracture depuis un certain temps et préoccupé par ses conséquences possibles, j'ai tenté, en écrivant une nouvelle sur ce thème, d'attirer l'attention sur le risque existentiel que représenterait,a terme pour Israël, une confrontation entre religion et Sionisme.
Je tiens cette nouvelle à la disposition de qui se sent, comme moi, concerné par ce risque majeur
JC Cohen

J. BENILLOUCHE a dit…

Envoyez votre texte par mail :

jacques.benillouche@gmail.com

N. DAMARY a dit…

Merci de publier ce commentaire, ou de le faire suivre à l'auteur, sur l'article "risque de fracture en israel" par
Gérard Akoun


partie/1

Je n'ai pas l'habitude de réagir, c'est la première fois pour moi.

J'ai cru pendant un moment qu'il s'agissait d'un article ironique qui souhaitait dénoncer la façon dont les évènements ont été caricaturés par la plupart des médias.
En fait non, c'est sérieux.
Permettez-moi de vous dire que l'auteur de l'article, ne fait que plonger dans la caricature.
Il apparaît que l'auteur ne connait rien au terrain Israélien, il a beau s'exercer à nous dire la vérité dans ce billet (biais ?), il ne fait que paraphraser ce que tout le monde dit. Il transparait de l'article un manque énorme de pratique sur le terrain, et une connaissance livresque, journalistique et purement théorique du problème.

Décrire tel que vous l'avez fait le problème, cela correspondrait à attribuer les idées de l'ETA à tous les farouches défenseurs de la tradition basque, bref un non-sens, une erreur digne de Charles Enderlin, c'est dire.
Je passerai sur les clichés déballés sur la femme dans le monde orthodoxe (à votre bon souvenir, c'est le pentateuque, puis le talmud, à une époque ou les "modernes" grecs et romains, violaient les femmes, ou Aristote prônait des idées du fond des maisons closes de l'époque, que la torah condamnait déjà viol, prostitution, donnait le guet ou acte de divorce, la kétouba etc... que Napoléon inspira son code civil du talmud etc..). Bref, monsieur, vous devez surement être lettré et à la page de la dernière déclaration du secrétaire du ministère de la défense Israélien, vos lacunes se portent juste sur une connaissance approximative et non documentée de la tora et du monde orthodoxe.
Avant de critiquer un ouvrage, je suppose que vous le lisez, et surtout vous étudiez avec quelqu'un le sujet, un spécialiste, faites donc de même avec la tora.
Si le judaïsme a perduré sans terre, sans langue pendant 2000 ans après la destruction du temple, c'est grâce à la tora.
Si Ben gourion, et les différents gouvernements ont protégé certains avantages pour les étudiants en tora, c'est qu'ils savent qu'ils portent l'identité du juif depuis 2000 ans , celui du shtetl, celui de melah, celui qui a fait perduré le judaisme, et qui justifie l'appartenance de la terre d'israel aux juifs (pas aux israeliens, aux juifs!), consultez les archives de l'état juif et les dessous de ce qui a mené à préserver les étudiants en tora.
Les juifs qui ont abandonné la tora pour laquelle leurs ancêtres sont montés sur les buchers, n'ont pas vraiment de quoi ni de qui se réclamer, vous relirez les débats avant la déclaration d'indépendance d'Israël, ils vous éclaireront. Ceux qui ont préféré s'assimiler ont des descendants parfaitement non-juifs en 2 générations, et ne sont plus représentés aujourd'hui dans notre peuple, si nous n'avions comptés que sur eux, en l'an 400 le judaïsme n'aurait plus existé.

N. DAMARY a dit…

Partie/2

Les orthodoxes sont juste ceux qui continuent d'entretenir un judaïsme séculaire, qui a fait tenir notre religion jusqu'à ce jour. Les dérives de sectaires, frustrés ou d'extrémistes à la botte du tyran Iranien ne sont pas à mettre au compte de la tora. La tora place la femme au dessus de tout, les sages de tout temps ont traité leurs femmes comme des princesses, le talmud regorge de recommandations dans ce sens là. Et les grands rabbins d'aujourd'hui continuent de publier des ouvrages de halakhot expliquant que la femme est la tête de la maison etc... Dans une famille orthodoxe typique, le echet hayil est chanté, à la gloire de la maitresse de maison chaque chabat, les enfants participent tous et honorent leur mère conformément à la recommandation de la tora, le mari l'honore plus que lui-même pour appliquer la recommandation talmudique, elle travaille et souvent demande à son mari de ne pas travailler pour qu'il puisse enrichir la maison de son étude. C'est une condition posée par la plupart des fiancées qui demandent à leur futur Hatan de se consacrer à la tora.
Ce n'est pas le lieu d'un cours de tora, même s'il semble qu'il soit nécessaire.

Monsieur, voyons, , concentrez-vous sur la connaissance de cette religion avant de la dénigrer d'une plume souillée par l'encre du conformisme, et de la bien-pensance. Vous ne faites pas honneur à l'esprit critique dont ont toujours fait preuve nos ancêtres.
Quand à vos allégations éculées, sur les fainéants que vous semblez décrire, bénéficiant de subventions, et les autres clichés que vous servez, franchement, je n'avais pas besoin de vous pour entendre cela.

Bien à vous!
N.Damary, juif, pratiquant, non orthodoxe.